Les Plaisirs et les nuits


Du désir
25 novembre 2009, 20:13
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: , , , , , ,

Nous sommes faits — littéralement — de désir.
C’est l’essence même, la matière première de la vie.
Renoncer au désir, c’est renoncer à soi-même, donc renoncer à la vie.
Ce n’est pas un acte de paix ni de délivrance.
C’est la plus grande violence que l’on peut s’infliger à soi-même.

I’m no fucking buddhist.



Ceci n’est pas un blog de cuisine [Hommage à l'Italie, ou à Magritte]
22 novembre 2009, 17:39
Classé dans : Choses vues (photos), Mauvaises pensées choisies

Ceci n’est pas un blog de cuisine.  C’est le blog d’une fille qui épluche des oignons par un dimanche tout gris, tout en relisant de l’autre main, L’Éducation sentimentale de Flaubert.



You write such pretty words [Do you like to hurt?]
18 novembre 2009, 01:00
Classé dans : Histoires de ma vie | Mots-clefs: , , , ,

J’ai une copine qui me dit souvent que la vie nous apporte toujours ce qu’on a besoin, au moment où on en a besoin, qu’il suffit tout simplement d’être attentif.  D’habitude, je lui réponds bullshit.

Mais…

Cette semaine, j’en ai eu ma claque des “écrivains”.  Et c’est le moment qu’une ancienne fréquentation a choisi pour réapparaître.  On s’est vus quelques fois, jamais sur une base régulière, jamais de façon vraiment planifiée et ça nous convenait comme ça.  Quelque chose de simple, d’honnête dans le procédé.  Quelqu’un de fondamentalement différent des autres hommes que j’ai connu.  Pas un intellectuel, malgré ce qu’il en pense.  Et c’était peut-être là sa plus belle qualité.  Un sensuel, instinctif (et pas seulement au sens qu’on imagine).  Bon, reste qu’on se tapait un peu mutuellement sur les nerfs aux lendemains matins, mais en même temps c’est ce qui nous gardait les pieds sur terre, j’imagine.

La conversation a pris le tour habituel et assez rapidement après le qu’est-ce que tu fais, qu’est-ce que tu deviens, est venu le t’as envie d’aller prendre un verre ce soir? J’ai commencé par dire non, en me rappelant les raisons pour lesquelles j’avais cessé de le voir.  Puis, la discussion est repartie de plus belle.  Passé un certain point, j’ai eu envie de changer d’idée.  Revoir un gars comme lui, si différent des autres, me ferait peut-être du bien.  Pas de stress, pas d’attentes, pas de déception.  Au fond, je n’ai pas grand-chose à perdre.  Je l’ai questionné sur son nouveau travail et il m’a appris son retour aux études.  Je lui ai demandé quel domaine.  Études littéraires… Profitant du fait que j’étais devenue muette, il m’a demandé si j’écrivais encore…  Puis il m’a annoncé qu’il écrivait un roman qu’il aimerait bien me faire lire.

Des fois la vie…  bullshit.



Tonight I think I’ll walk alone [I'll find my soul as I go home]
16 novembre 2009, 17:09
Classé dans : Varia | Mots-clefs: , , , , , , , , ,

Juste une fatigue.  Une lassitude de voir l’écriture qui se paye comptant avec de la petite monnaie d’âme.  Lire partout des mots qui ne veulent plus rien dire.  Des faux-semblants romantiques, parce que ça fait joli.  Des faux-fuyants érotiques pour meubler le vide.  Créer du sens où il n’y en a pas.  Souffler la bulle parfaite, circonscrire le moment, le broder de fil blanc.

J’ai toujours lu l’envers du décor dans leurs mots, dans leurs yeux, dans leurs mains, dans leurs silences.

Et j’écris, parce que je n’ai jamais su isoler la variable.



Hey, my heart’s on the line [for your hands to pluck up]

Sur Prince-Arthur, près de la Main, à 9h ce matin…

Les gens regardent le ciel, prennent des photos comme la mienne et s’échangent des sourires larges comme ça.  La journée sera magnifique, parce que pour une fois, ça ne peut pas être autrement.

J’ai coupé mes cheveux.  Ça fait un siècle que je ne me suis pas sentie bien comme ça.  Je n’ai plus envie de te plaire.  Whoever you are.  Un jour, j’aimerai.  Ça sera le début et non la fin.  Je ne sais pas quand.  Je ne sais pas qui.  Je ne sais pas grand-chose.

Mais je sais que ça ne sera pas un homme qui ronfle pendant le film au cinéma…  on a first date.



Rayons [matin de novembre]
9 novembre 2009, 15:12
Classé dans : Choses vues (photos)



I’ll tell you all my secrets [But I lie about my past]
8 novembre 2009, 14:01
Classé dans : Histoires de ma vie | Mots-clefs: , , , , , ,

Il y a mille et une façons de bien commencer une journée.  Avoir un rendez-vous loin sur la rive-sud pour un PAP test à 8h40 du matin, les pieds dans les étriers, quand on s’est couché passé 1 heure du matin, c’est pas sur la liste.  Mais ça, c’était trop banal pour une fille comme moi.

Moi, j’ai programmé mon réveil à 6h30 du matin, en me disant que j’aurais le temps pour 1 snooze…  Et évidemment, impossible de savoir ce qui s’est vraiment passé…  quand j’ai ouvert l’œil et regardé le réveil, il était 8h40 tapant.  Le cœur m’a fait 3 tours complets.  Ça prend 15 mois pour avoir un rendez-vous annuel avec mon gynéco.  Je ne PEUX PAS manquer mon rendez-vous…  Mais malgré moi, c’est comme plutôt déjà fait!!!  Alors qu’est-ce que je pouvais faire d’autre, à part sortir l’arme terrible des faibles : le mensonge…  Pas le choix, c’est un cas d’urgence, un dernier recours.

J’appelle tout de suite la secrétaire du médecin, qui me fait poireauter sur le hold pendant presque 10 minutes.  Ça me donne le temps de réfléchir à un truc plausible…  Un accrochage de voiture.  C’est ça!  “Madame, je suis désolée, je viens tout juste d’avoir un petit accrochage de voiture, le temps de remplir le constat amiable et tout, je vais être vraiment en retard…“  La secrétaire est vraiment gentille, elle s’informe, s’assure que je n’ai rien… “Non non, que quelques égratignures sur la voiture, plus de peur que de mal…” “Ne vous en faites pas mademoiselle, si vous arrivez avant 11h cet avant-midi on vous passera sans problèmes, ne vous inquiétez pas avec ça…” Yess!!!! ok, ça a marché, mais j’ai quand même un peu honte…

Je m’habille en vitesse et je pars.  Arrivée sur place, une surprise de taille m’attendait, la clinique a été convertie en cabinet de dentiste…  Aucunes indications…  Je m’informe à la réceptionniste  qui me donne la nouvelle adresse de la clinique, déménagée il y a deux ans…  Est-ce que j’ai dit que ça prenait plus de 15 mois pour avoir un rendez-vous???  Je repars donc, toujours à la course.  Je suis finalement arrivée, heureusement avant 11 heures.  L’infirmière qui me reçoit a été brieffée par la secrétaire,  elle est tellement gentille (et j’ai trop honte!).  “Vous allez bien mademoiselle?  Est-ce que je prends votre pression quand même?  Vous devez être stressée…”Heu oui, mais j’ai quand même eu le temps de me calmer un peu… ” Ah oui, je vois ça, votre pression est quand même belle, juste un tout petit peu élevée…

Comme pour le polygraphe, sans aucun doute…



I formulate infinity [and store it deep inside of me]
5 novembre 2009, 00:26
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: , , , , , , , , , , , ,

Je suis tombée, par hasard, sur ta photo.  D’accord, juste avant, il a quand même fallu que je tape ton nom sur facebook…  Je ne sais pas pourquoi (en fait, oui, je sais), mais je ne m’attendais pas à te voir apparaître.  À vrai dire, j’avais même oublié que je portais encore, malgré moi, cette mémoire des sens, cette intime connaissance de toi.

Ça m’a rappelé ces regards à la fois aveugles et dévorants.  Comment savoir si c’était des je t’aime ou des aime-moi ?  Ces silences que tu n’as pas su traduire.  Les clés que j’ai préféré avaler plutôt que de donner.  Toutes ces choses que je ne saurai jamais dire et que tu ne pourras jamais soupçonner, je pourrai peut-être, un jour (ou une nuit), les écrire.  Renverser les mirages, étaler enfin la mer intérieure que je t’ai laissé prendre pour un désert.

Ou peut-être pas.



De l’immunité
28 octobre 2009, 14:47
Classé dans : Histoires de ma vie

Est-ce qu’il y a quelque chose de plus insultant que de se faire couper par la droite par quelqu’un qui roule à une vitesse excessive?  Surtout quand la voie de gauche est complètement dégagée… 

D’accord, on pourrait penser que je ne sais pas bien conduire…  Mais le hic c’est que moi, j’étais à pied.  Pas l’autre.  Son moteur était tellement silencieux, je ne l’ai pas entendu arriver.  Elle m’a donc coupé par la droite (alors qu’elle avait tout l’espace rêvé à gauche), à une vitesse complètement hallucinante, dans un espace beaucoup trop restreint pour elle, m’écrasant bien comme il faut, au passage, le pied. 

Une autre femme témoin de la scène a rattrapé la conductrice fautive.  En me pointant du doigt elle a dit : “Je pense que tu viens de lui passer sur le pied!“  Elles m’ont regardé (souffrir) un bref instant, puis, elles ont éclaté de rire et sont parties ensemble!

Qu’est-ce qu’on peut faire dans ce temps là?  Engueuler une femme obèse et handicapée qui se déplace en chaise roulante électrique c’est comme pas super gratifiant, même quand on sait qu’on a les meilleures raisons du monde.  On va juste se dire qu’elle a payé son karma d’avance.

En attendant…   J’ai mal au pied…



De la volonté
26 octobre 2009, 23:44
Classé dans : Citations | Mots-clefs: , , ,

“Volonté” est un mauvais mot, parce qu’en fin de compte vous pourriez appeler cela “désespoir”.  Car en vérité, cela vient du sentiment absolu qu’il est impossible de faire de pareilles choses, de sorte que je pourrais tout aussi bien faire n’importe quoi.  Et de ce n’importe quoi on verrait ce qui sort.

— Francis Bacon, L’art de l’impossible



De la honte [et des choses insignifiantes]

“Ils étaient l’un près de l’autre, debout, dans l’embrasure de la croisée.  La nuit, devant eux, s’étendait comme un immense voile sombre, piqué d’argent.  C’était la première fois qu’ils ne parlaient pas de choses insignifiantes.  Il vint même à savoir ses antipathies et ses goûts : certains parfums lui faisaient mal, les livres d’histoire l’intéressaient, elle croyait aux songes. […]  Elle souriait quelquefois, arrêtant sur lui ses yeux, une minute.  Alors, il sentait ses regards pénétrer son âme, comme ces grands rayons de soleil qui descendent jusqu’au fond de l’eau.”

“Il étendit la main gauche de son côté et la laissa toute grande ouverte, — s’imaginant qu’elle allait faire comme lui, peut-être, et qu’il rencontrerait la sienne.  Puis il eut honte, et la retira.”         

—  Gustave Flaubert, L’Éducation sentimentale

*****

Ils marchaient ensemble dans la ville.  La nuit était sans étoiles et le vent s’infiltrait sous la peau.  Ils parlaient de choses insignifiantes, s’échangeaient des questions comme autant de vaines tentatives pour apprendre à se connaître.  De temps à autre, lorsque leurs regards se croisaient, un éclat particulier jaillissait avant de s’éclipser, discrètement détourné, à l’ombre des sourires naissants.

Il a frotté ses mains l’une contre l’autre, pour les réchauffer.  Elle l’a imité.  Elle eut cette impulsion de poser ses mains transies contre les siennes et de les serrer, si fort.  Mais ne sachant si ce contact allait le glacer davantage (ou peut-être le brûler?), elle n’a pas osé.  Elle eut honte, et  détourna son regard.   Comme à regret, ils ont tous deux lentement remis leurs mains dans leurs poches, puis, doucement (inévitablement) repris la marche, sans but. 



Quelques changements…
14 octobre 2009, 15:35
Classé dans : Varia

Pas grand chose en fait.  Exit le rouge.  Exit le blog secondaire (les billets ont été rapatriés ici).  J’ai ajouté un système de vote qui donne la possibilité de montrer une appréciation d’un seul clic (deux en fait, puisqu’il faut d’abord aller dans la section des commentaires) pour ceux qui n’aiment pas trop commenter…  Mais je ne suis pas sûre de le garder.  Vous en pensez quoi? 

***J’ai vu que mon blog est absolument horrible sur un mac, les polices ne sont pas celles que j’ai choisi… et je ne sais pas quoi faire pour rectifier ça, désolée (non, tout mettre en helvetica ou en arial n’est pas une option)***

Je suis en train de transformer certains aspects importants de ma vie.  J’ai des nouvelles amitiés qui me font vraiment du bien.  Je sors plus.  Je travaille plus.  Je passe plus de temps avec ma famille.  Je vais nager de 2 à 3 fois par semaine depuis la fin de l’été… 

Alors j’écris moins.  Je sais.  Ce n’est pas l’envie qui manque, ça me démange.  Mais parfois, j’ai juste l’impression que ça serait réécrire plus ou moins les mêmes histoires.  D’autres fois ce qui m’arrive a tellement l’air arrangé avec le gars des vues que j’en suis blasée.  J’ai souvent l’impression que les histoires que j’aime le moins raconter sont celles que vous préférez lire.  Je ne sais pas trop quoi en penser. 

Mais les mots vont bien finir par retrouver leur chemin.   

 



De l’insaisissable

Samedi matin, j’ai traversé ce petit parc dans un quartier de la ville que je découvrais pour la première fois.  Le ciel était éclatant de lumière et l’air frais me traversait encore une fois de cette idée de toi qui n’existe pas, même quand tu murmures les mots les plus fous à mon oreille.  J’ai pris des dizaines de photos de la sculpturale fontaine de 1893 entourée d’arbres centenaires.  Aucune de ces images n’arrivait à transmettre la beauté des lieux, le bleu du ciel ou de tes yeux.  J’ai pointé la caméra sur l’eau stagnante, dans un geste d’impatience.  Un  abandon.

J’ai quitté les lieux sans me retourner, avec l’impression d’être passée si proche.  Un effleurement.  Toucher le ciel, capturer l’instant.  L’éclat entrevu une fraction de fraction de seconde au fond d’un regard.  Une étoile microscopique contenant l’univers, déposée sur un papier aux sels d’argent et j’aurais pu y vivre.  Pour un temps.  La mémoire numérique s’efface trop rapidement.  Les formes n’arrivent plus à s’ancrer dans mes paysages.  Et l’encre, numérique elle aussi, se fait de plus en plus rare.

Et je regarde cette photo ce matin, qui me donne à penser que le ciel ne se voit vraiment qu’au détour de l’eau, de la même façon que ton ombre, amour, sera toujours plus présente que toi-même dans ma vie.



My moon, my man [The song's out of key again ]

On ne devrait jamais planifier une première date, un soir de pleine lune, avec un gars qui a le même prénom que l’ex.

On ne devrait jamais se fier aux apparences.  Même quand on juge qu’on n’a pas d’lair d’être ce genre de fille là pantoute, ça se pourrait qu’un gars décide, tout à fait out of the blue, de nous surnommer affectueusement “tweety” et cela, après seulement 5 minutes de conversation.

On ne devrait jamais devenir trop rapidement la maîtresse d’un gars qui revient d’un voyage en Asie, la tête encore pleine de fantasmes sur les jolies petites taiwanaises.

On ne devrait jamais faire une blague à un gars qui a choisi RogerGingras comme user name sur un site de rencontre.  Même s’il est beau comme un cœur et s’il a moins de 30 ans, des fois, ça se pourrait que ça soit son vrai nom.

On devrait toujours montrer un flash mob à un gars avant de le dater, s’il est pas ému le moindrement, ça vaut pas la peine, son cœur est déjà mort.

On ne devrait jamais avoir à expliquer à un gars pourquoi il ne peut pas espérer nous ramener chez lui s’il refuse de nous dire son nom de famille.

On devrait toujours se méfier d’un gars qui a plus de 300 amis facebook, surtout s’il est maintenant ami avec 15 nouvelles filles dans les événements récents dont trois juste après nous, même s’il nous a ajouté il y a moins de deux minutes et qu’il continue à nous jaser msn intensivement pendant tout ce temps là. Great at multi-tasking isn’t always convenient.

On ne devrait jamais se gêner pour faire du ménage dans nos amis facebook.

On ne devrait jamais lâcher un soupir de soulagement quand RogerGingras finit par dire que ce n’est pas vrai nom.  Ça se pourrait qu’il ajoute dans la phrase suivante qu’il vient tout juste de reprendre avec sa copine, qu’il ne croit pas aux rencontres sur le net, mais qu’il aimerait bien continuer à jaser avec nous…

On devrait toujours vérifier si c’est pas écrit fucking back-up plan, click here for great savings! quelque part sur notre photo.  Avec une loupe.

On ne devrait jamais répondre à la porte un dimanche matin en tenue indécente.  Ça pourrait être un voisin qui veut emprunter du sucre.  Ça pourrait aussi être un témoin de Jéhovah.  Mais ça pourrait surtout être un amant qui a quitté un peu tôt (ou un peu tard, c’est selon) la veille et qui vient avouer candidement sa confusion d’apprendre que la jolie taiwanaise qu’il a rencontré deux jours avant la fin de son périple (et avec qui il ne s’est rien passé là-bas, mais qu’il gardait dans son msn même s’il pensait très honnêtement ne jamais la revoir de sa vie) a acheté un billet d’avion et débarque dans son minuscule 3 ½ avec juste un lit la semaine prochaine.

On ne devrait jamais s’étonner du fait que je ne suis pas une morning kind of gal

On ne devrait jamais considérer le online dating comme autre chose qu’un crash course sur la bêtise nature humaine.



Poetry is no place for a heart that’s a whore

Je n’ai pas de rêve à t’offrir
Je n’ai pas d’histoires à te raconter
Je ne franchirai aucune distance pour toi
Je t’oublierai à chaque fois que tu ne seras plus devant mes yeux
Je serai sans lendemains

Mais

Tu sauras quand même prendre tout ce que je n’ai pas à donner



De la passion des mots

“Les mots sont des planches jetées sur des abîmes avec lesquelles nous traversons l’espace d’une pensée…”

— Paul Valéry

Une performance inoubliable.  Fabrice Luchini est la définition même de l’intelligence.  De la vraie passion des mots qui se cultive en dehors de soi, (dans l’oubli de soi?) de celle qui se tourne d’abord vers l’autre, qui se transmet, se communique dans le bonheur et la générosité absolue.

Et pour le prix du billet, y’a master card.



Leçon élémentaire
14 septembre 2009, 17:49
Classé dans : Mauvaises pensées choisies, Textes favoris | Mots-clefs: , , , , , , , ,

Il en va de certaines amitiés comme de l’eau.  Je plonge et je trouve le chemin du cœur sans vraiment l’avoir cherché.  À bout de souffle, je remonte à la surface brillante et réfléchissante des choses.  Puis je replonge et je reviens encore avec une étonnante, surprenante facilité.  Jusqu’au jour où je réalise que j’ai quelque part, perdu le chemin.  Il n’y a pas de cartographie de l’eau.

Après l’eau, vient l’air et ceux qui comme une bouffée d’oxygène pur, étourdissent les sens.  J’ai vogué un peu sur les tapis volants, légers, au gré du vent.  Je jongle et infailliblement, tout finit par me glisser d’entre les doigts.  Chute des corps.  Dissolution de l’âme.

Avec l’air, se gonfle le feu.  Chaleur qui embrase le temps d’un instant, mais qui détruit tout sur son passage.  Je ne sais pas dompter le feu qui me domine et m’abandonne avec un goût de cendre amer dans la bouche.

J’apprends donc à aimer les chemins de terre franche qui se cultivent avec lenteur.  Ceux qui ne cèderont pas sous les pas, ceux qui appartiennent au tangible, ceux qui alternent les saisons et se renouvellent sans cesse, malgré la pluie, le vent et la sécheresse.  Ceux qui ne craindront pas le passage du temps.  Ceux qui supportent et nourissent mes regards affamés, émerveillés. 



Waiting [for the right moves]
13 septembre 2009, 02:34
Classé dans : Choses vues (photos) | Mots-clefs: , , ,



De ton ombre [et de l'envers des feuilles]
4 septembre 2009, 21:32
Classé dans : Choses vues (photos)



De la possession
3 septembre 2009, 00:30
Classé dans : Citations | Mots-clefs: , , , , ,

L’agitation d’un amour plein de désirs contenus s’harmonise à celle de l’eau, les fleurs que la main de l’homme n’a point perverties expriment ses rêves les plus secrets, le voluptueux balancement d’une barque imite vaguement les pensées qui flottent dans l’âme. [...]  L’amant qui n’est pas tout n’est rien. [...] je me reprochais de n’avoir rien osé, de n’avoir pas resserré les liens d’une tendresse qui me semblait alors plus subtile que vraie par les chaînes du droit positif que crée la possession.

— Balzac, Le Lys dans la vallée