Les Plaisirs et les nuits


Rayons [matin de novembre]
9 novembre 2009, 15:12
Classé dans : Choses vues (photos)



I’ll tell you all my secrets [But I lie about my past]
8 novembre 2009, 14:01
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Il y a mille et une façons de bien commencer une journée.  Avoir un rendez-vous loin sur la rive-sud pour un PAP test à 8h40 du matin, les pieds dans les étriers, quand on s’est couché passé 1 heure du matin, c’est pas sur la liste.  Mais ça, c’était trop banal pour une fille comme moi.

Moi, j’ai programmé mon réveil à 6h30 du matin, en me disant que j’aurais le temps pour 1 snooze…  Et évidemment, impossible de savoir ce qui s’est vraiment passé…  quand j’ai ouvert l’œil et regardé le réveil, il était 8h40 tapant.  Le cœur m’a fait 3 tours complets.  Ça prend 15 mois pour avoir un rendez-vous annuel avec mon gynéco.  Je ne PEUX PAS manquer mon rendez-vous…  Mais malgré moi, c’est comme plutôt déjà fait!!!  Alors qu’est-ce que je pouvais faire d’autre, à part sortir l’arme terrible des faibles : le mensonge…  Pas le choix, c’est un cas d’urgence, un dernier recours.

J’appelle tout de suite la secrétaire du médecin, qui me fait poireauter sur le hold pendant presque 10 minutes.  Ça me donne le temps de réfléchir à un truc plausible…  Un accrochage de voiture.  C’est ça!  “Madame, je suis désolée, je viens tout juste d’avoir un petit accrochage de voiture, le temps de remplir le constat amiable et tout, je vais être vraiment en retard…“  La secrétaire est vraiment gentille, elle s’informe, s’assure que je n’ai rien… “Non non, que quelques égratignures sur la voiture, plus de peur que de mal…” “Ne vous en faites pas mademoiselle, si vous arrivez avant 11h cet avant-midi on vous passera sans problèmes, ne vous inquiétez pas avec ça…” Yess!!!! ok, ça a marché, mais j’ai quand même un peu honte…

Je m’habille en vitesse et je pars.  Arrivée sur place, une surprise de taille m’attendait, la clinique a été convertie en cabinet de dentiste…  Aucunes indications…  Je m’informe à la réceptionniste  qui me donne la nouvelle adresse de la clinique, déménagée il y a deux ans…  Est-ce que j’ai dit que ça prenait plus de 15 mois pour avoir un rendez-vous???  Je repars donc, toujours à la course.  Je suis finalement arrivée, heureusement avant 11 heures.  L’infirmière qui me reçoit a été brieffée par la secrétaire,  elle est tellement gentille (et j’ai trop honte!).  “Vous allez bien mademoiselle?  Est-ce que je prends votre pression quand même?  Vous devez être stressée…”Heu oui, mais j’ai quand même eu le temps de me calmer un peu… ” Ah oui, je vois ça, votre pression est quand même belle, juste un tout petit peu élevée…

Comme pour le polygraphe, sans aucun doute…



I formulate infinity [and store it deep inside of me]
5 novembre 2009, 00:26
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: , , , , , , , , , , , ,

Je suis tombée, par hasard, sur ta photo.  D’accord, juste avant, il a quand même fallu que je tape ton nom sur facebook…  Je ne sais pas pourquoi (en fait, oui, je sais), mais je ne m’attendais pas à te voir apparaître.  À vrai dire, j’avais même oublié que je portais encore, malgré moi, cette mémoire des sens, cette intime connaissance de toi.

Ça m’a rappelé ces regards à la fois aveugles et dévorants.  Comment savoir si c’était des je t’aime ou des aime-moi ?  Ces silences que tu n’as pas su traduire.  Les clés que j’ai préféré avaler plutôt que de donner.  Toutes ces choses que je ne saurai jamais dire et que tu ne pourras jamais soupçonner, je pourrai peut-être, un jour (ou une nuit), les écrire.  Renverser les mirages, étaler enfin la mer intérieure que je t’ai laissé prendre pour un désert.

Ou peut-être pas.



De l’immunité
28 octobre 2009, 14:47
Classé dans : Histoires de ma vie

Est-ce qu’il y a quelque chose de plus insultant que de se faire couper par la droite par quelqu’un qui roule à une vitesse excessive?  Surtout quand la voie de gauche est complètement dégagée… 

D’accord, on pourrait penser que je ne sais pas bien conduire…  Mais le hic c’est que moi, j’étais à pied.  Pas l’autre.  Son moteur était tellement silencieux, je ne l’ai pas entendu arriver.  Elle m’a donc coupé par la droite (alors qu’elle avait tout l’espace rêvé à gauche), à une vitesse complètement hallucinante, dans un espace beaucoup trop restreint pour elle, m’écrasant bien comme il faut, au passage, le pied. 

Une autre femme témoin de la scène a rattrapé la conductrice fautive.  En me pointant du doigt elle a dit : “Je pense que tu viens de lui passer sur le pied!“  Elles m’ont regardé (souffrir) un bref instant, puis, elles ont éclaté de rire et sont parties ensemble!

Qu’est-ce qu’on peut faire dans ce temps là?  Engueuler une femme obèse et handicapée qui se déplace en chaise roulante électrique c’est comme pas super gratifiant, même quand on sait qu’on a les meilleures raisons du monde.  On va juste se dire qu’elle a payé son karma d’avance.

En attendant…   J’ai mal au pied…



De la volonté
26 octobre 2009, 23:44
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“Volonté” est un mauvais mot, parce qu’en fin de compte vous pourriez appeler cela “désespoir”.  Car en vérité, cela vient du sentiment absolu qu’il est impossible de faire de pareilles choses, de sorte que je pourrais tout aussi bien faire n’importe quoi.  Et de ce n’importe quoi on verrait ce qui sort.

— Francis Bacon, L’art de l’impossible



De la honte [et des choses insignifiantes]

“Ils étaient l’un près de l’autre, debout, dans l’embrasure de la croisée.  La nuit, devant eux, s’étendait comme un immense voile sombre, piqué d’argent.  C’était la première fois qu’ils ne parlaient pas de choses insignifiantes.  Il vint même à savoir ses antipathies et ses goûts : certains parfums lui faisaient mal, les livres d’histoire l’intéressaient, elle croyait aux songes. […]  Elle souriait quelquefois, arrêtant sur lui ses yeux, une minute.  Alors, il sentait ses regards pénétrer son âme, comme ces grands rayons de soleil qui descendent jusqu’au fond de l’eau.”

“Il étendit la main gauche de son côté et la laissa toute grande ouverte, — s’imaginant qu’elle allait faire comme lui, peut-être, et qu’il rencontrerait la sienne.  Puis il eut honte, et la retira.”         

—  Gustave Flaubert, L’Éducation sentimentale

*****

Ils marchaient ensemble dans la ville.  La nuit était sans étoiles et le vent s’infiltrait sous la peau.  Ils parlaient de choses insignifiantes, s’échangeaient des questions comme autant de vaines tentatives pour apprendre à se connaître.  De temps à autre, lorsque leurs regards se croisaient, un éclat particulier jaillissait avant de s’éclipser, discrètement détourné, à l’ombre des sourires naissants.

Il a frotté ses mains l’une contre l’autre, pour les réchauffer.  Elle l’a imité.  Elle eut cette impulsion de poser ses mains transies contre les siennes et de les serrer, si fort.  Mais ne sachant si ce contact allait le glacer davantage (ou peut-être le brûler?), elle n’a pas osé.  Elle eut honte, et  détourna son regard.   Comme à regret, ils ont tous deux lentement remis leurs mains dans leurs poches, puis, doucement (inévitablement) repris la marche, sans but. 



Quelques changements…
14 octobre 2009, 15:35
Classé dans : Varia

Pas grand chose en fait.  Exit le rouge.  Exit le blog secondaire (les billets ont été rapatriés ici).  J’ai ajouté un système de vote qui donne la possibilité de montrer une appréciation d’un seul clic (deux en fait, puisqu’il faut d’abord aller dans la section des commentaires) pour ceux qui n’aiment pas trop commenter…  Mais je ne suis pas sûre de le garder.  Vous en pensez quoi? 

***J’ai vu que mon blog est absolument horrible sur un mac, les polices ne sont pas celles que j’ai choisi… et je ne sais pas quoi faire pour rectifier ça, désolée (non, tout mettre en helvetica ou en arial n’est pas une option)***

Je suis en train de transformer certains aspects importants de ma vie.  J’ai des nouvelles amitiés qui me font vraiment du bien.  Je sors plus.  Je travaille plus.  Je passe plus de temps avec ma famille.  Je vais nager de 2 à 3 fois par semaine depuis la fin de l’été… 

Alors j’écris moins.  Je sais.  Ce n’est pas l’envie qui manque, ça me démange.  Mais parfois, j’ai juste l’impression que ça serait réécrire plus ou moins les mêmes histoires.  D’autres fois ce qui m’arrive a tellement l’air arrangé avec le gars des vues que j’en suis blasée.  J’ai souvent l’impression que les histoires que j’aime le moins raconter sont celles que vous préférez lire.  Je ne sais pas trop quoi en penser. 

Mais les mots vont bien finir par retrouver leur chemin.   

 



De l’insaisissable

Samedi matin, j’ai traversé ce petit parc dans un quartier de la ville que je découvrais pour la première fois.  Le ciel était éclatant de lumière et l’air frais me traversait encore une fois de cette idée de toi qui n’existe pas, même quand tu murmures les mots les plus fous à mon oreille.  J’ai pris des dizaines de photos de la sculpturale fontaine de 1893 entourée d’arbres centenaires.  Aucune de ces images n’arrivait à transmettre la beauté des lieux, le bleu du ciel ou de tes yeux.  J’ai pointé la caméra sur l’eau stagnante, dans un geste d’impatience.  Un  abandon.

J’ai quitté les lieux sans me retourner, avec l’impression d’être passée si proche.  Un effleurement.  Toucher le ciel, capturer l’instant.  L’éclat entrevu une fraction de fraction de seconde au fond d’un regard.  Une étoile microscopique contenant l’univers, déposée sur un papier aux sels d’argent et j’aurais pu y vivre.  Pour un temps.  La mémoire numérique s’efface trop rapidement.  Les formes n’arrivent plus à s’ancrer dans mes paysages.  Et l’encre, numérique elle aussi, se fait de plus en plus rare.

Et je regarde cette photo ce matin, qui me donne à penser que le ciel ne se voit vraiment qu’au détour de l’eau, de la même façon que ton ombre, amour, sera toujours plus présente que toi-même dans ma vie.



My moon, my man [The song's out of key again ]

On ne devrait jamais planifier une première date, un soir de pleine lune, avec un gars qui a le même prénom que l’ex.

On ne devrait jamais se fier aux apparences.  Même quand on juge qu’on n’a pas d’lair d’être ce genre de fille là pantoute, ça se pourrait qu’un gars décide, tout à fait out of the blue, de nous surnommer affectueusement “tweety” et cela, après seulement 5 minutes de conversation.

On ne devrait jamais devenir trop rapidement la maîtresse d’un gars qui revient d’un voyage en Asie, la tête encore pleine de fantasmes sur les jolies petites taiwanaises.

On ne devrait jamais faire une blague à un gars qui a choisi RogerGingras comme user name sur un site de rencontre.  Même s’il est beau comme un cœur et s’il a moins de 30 ans, des fois, ça se pourrait que ça soit son vrai nom.

On devrait toujours montrer un flash mob à un gars avant de le dater, s’il est pas ému le moindrement, ça vaut pas la peine, son cœur est déjà mort.

On ne devrait jamais avoir à expliquer à un gars pourquoi il ne peut pas espérer nous ramener chez lui s’il refuse de nous dire son nom de famille.

On devrait toujours se méfier d’un gars qui a plus de 300 amis facebook, surtout s’il est maintenant ami avec 15 nouvelles filles dans les événements récents dont trois juste après nous, même s’il nous a ajouté il y a moins de deux minutes et qu’il continue à nous jaser msn intensivement pendant tout ce temps là. Great at multi-tasking isn’t always convenient.

On ne devrait jamais se gêner pour faire du ménage dans nos amis facebook.

On ne devrait jamais lâcher un soupir de soulagement quand RogerGingras finit par dire que ce n’est pas vrai nom.  Ça se pourrait qu’il ajoute dans la phrase suivante qu’il vient tout juste de reprendre avec sa copine, qu’il ne croit pas aux rencontres sur le net, mais qu’il aimerait bien continuer à jaser avec nous…

On devrait toujours vérifier si c’est pas écrit fucking back-up plan, click here for great savings! quelque part sur notre photo.  Avec une loupe.

On ne devrait jamais répondre à la porte un dimanche matin en tenue indécente.  Ça pourrait être un voisin qui veut emprunter du sucre.  Ça pourrait aussi être un témoin de Jéhovah.  Mais ça pourrait surtout être un amant qui a quitté un peu tôt (ou un peu tard, c’est selon) la veille et qui vient avouer candidement sa confusion d’apprendre que la jolie taiwanaise qu’il a rencontré deux jours avant la fin de son périple (et avec qui il ne s’est rien passé là-bas, mais qu’il gardait dans son msn même s’il pensait très honnêtement ne jamais la revoir de sa vie) a acheté un billet d’avion et débarque dans son minuscule 3 ½ avec juste un lit la semaine prochaine.

On ne devrait jamais s’étonner du fait que je ne suis pas une morning kind of gal

On ne devrait jamais considérer le online dating comme autre chose qu’un crash course sur la bêtise nature humaine.



Poetry is no place for a heart that’s a whore

Je n’ai pas de rêve à t’offrir
Je n’ai pas d’histoires à te raconter
Je ne franchirai aucune distance pour toi
Je t’oublierai à chaque fois que tu ne seras plus devant mes yeux
Je serai sans lendemains

Mais

Tu sauras quand même prendre tout ce que je n’ai pas à donner



De la passion des mots

“Les mots sont des planches jetées sur des abîmes avec lesquelles nous traversons l’espace d’une pensée…”

— Paul Valéry

Une performance inoubliable.  Fabrice Luchini est la définition même de l’intelligence.  De la vraie passion des mots qui se cultive en dehors de soi, (dans l’oubli de soi?) de celle qui se tourne d’abord vers l’autre, qui se transmet, se communique dans le bonheur et la générosité absolue.

Et pour le prix du billet, y’a master card.



Leçon élémentaire
14 septembre 2009, 17:49
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Il en va de certaines amitiés comme de l’eau.  Je plonge et je trouve le chemin du cœur sans vraiment l’avoir cherché.  À bout de souffle, je remonte à la surface brillante et réfléchissante des choses.  Puis je replonge et je reviens encore avec une étonnante, surprenante facilité.  Jusqu’au jour où je réalise que j’ai quelque part, perdu le chemin.  Il n’y a pas de cartographie de l’eau.

Après l’eau, vient l’air et ceux qui comme une bouffée d’oxygène pur, étourdissent les sens.  J’ai vogué un peu sur les tapis volants, légers, au gré du vent.  Je jongle et infailliblement, tout finit par me glisser d’entre les doigts.  Chute des corps.  Dissolution de l’âme.

Avec l’air, se gonfle le feu.  Chaleur qui embrase le temps d’un instant, mais qui détruit tout sur son passage.  Je ne sais pas dompter le feu qui me domine et m’abandonne avec un goût de cendre amer dans la bouche.

J’apprends donc à aimer les chemins de terre franche qui se cultivent avec lenteur.  Ceux qui ne cèderont pas sous les pas, ceux qui appartiennent au tangible, ceux qui alternent les saisons et se renouvellent sans cesse, malgré la pluie, le vent et la sécheresse.  Ceux qui ne craindront pas le passage du temps.  Ceux qui supportent et nourissent mes regards affamés, émerveillés. 



Waiting [for the right moves]
13 septembre 2009, 02:34
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De ton ombre [et de l'envers des feuilles]
4 septembre 2009, 21:32
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De la possession
3 septembre 2009, 00:30
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L’agitation d’un amour plein de désirs contenus s’harmonise à celle de l’eau, les fleurs que la main de l’homme n’a point perverties expriment ses rêves les plus secrets, le voluptueux balancement d’une barque imite vaguement les pensées qui flottent dans l’âme. [...]  L’amant qui n’est pas tout n’est rien. [...] je me reprochais de n’avoir rien osé, de n’avoir pas resserré les liens d’une tendresse qui me semblait alors plus subtile que vraie par les chaînes du droit positif que crée la possession.

— Balzac, Le Lys dans la vallée



A box full of suggestions [for your possible heart]
1 septembre 2009, 00:41
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Je m’en vais à la Grande Bibliothèque, je te ramène quel livre?

Ma réponse lui a plu.  Il a proposé un premier rendez-vous devant la porte principale, coin Maisonneuve et Berri, 22h30.

Je suis arrivée presque à l’heure.  Je dois bien être la dernière fille qui sait faire ça, arriver presque à l’heure à ses rendez-vous.  Remarquez, ce n’est pas un talent qui sert à grand chose.  Je m’avance donc vers le banc en jetant un coup d’œil aux deux occupants.  Il y en a un qui pourrait fitter la description, mais j’ai un doute.  Il avait dit une chemise, mais le gars porte une veste.  Il fait quand même un peu froid, il a peut-être changé d’idée.  Les couleurs concordent.  Je passe près de lui, nos regards se croisent, il me sourit, mais ne retire pas ses écouteurs.  C’est pas lui, je passe mon chemin.  Je m’assois à quelques places de distance.  22h38 On échange un regard, un sourire, de temps en temps.  22h40 Il est vraiment mignon, mais je sais que c’est pas ma date.  Oups, un autre sourire.  Il a retiré ses écouteurs.  22h42 Prochain sourire, je fonce.  C’est tellement pas mon genre de faire ça, qu’est-ce qui me prend?

22h42 et ⅞ sec.  C’est à croire qu’il m’a entendu, j’ai eu droit au sourire qui tue.  Ok, je prends mon courage à deux mains et je décide de faire l’innocente (ça me va plutôt bien).  Je lui ai demandé de ma petite voix timide, si c’était avec lui que j’avais rendez-vous.  Alors comme ça t’as un rendez-vous ce soir?  J’en suis vraiment malheureux, mais c’est pas avec moi… Puis, sans même que je puisse avoir le temps de me défiler ou de penser à mes joues probablement trop rouges, il a enchaîné les questions une après l’autre et on a discuté quelques minutes, jusqu’à ce qu’une fille se pointe.  Petit moment de malaise alors que la fille, visiblement peu fière que je sois là, me regarde de travers pendant qu’il insiste pour avoir ma réponse à sa dernière question.  C’est moi ou il aurait aimé qu’elle soit plus en retard que ça?

*****

22h54 Ok, encore une minute et je me tire.  Y’a toujours bien des limites.  J’allais me lever quand j’entends une voix qui m’interpelle :

—    Excuse-moi! Est-ce que tu es espagnole?
—    Non, pas du tout.
—    Ah! Tu me rappelles les belles femmes de mon pays
—    [Sourire poli, mauvais feeling]
—    Mais t’es pas québécoise hein?
—    Oui, absolument
—    Non, j’aurais jamais cru ça.  Mais qu’est-ce que tu fais toute seule, tu attends quelqu’un?
—    Oui, c’est ça…
—    Moi, je ferais jamais attendre une femme comme toi…
—    [yeah, right!] …
—    J’ai un grand condo sur Sherbrooke, y’a un party en ce moment, tout ce qui faut pour faire la fête pendant des jours et des nuits, des filles à poil qui m’attendent et moi, plutôt que d’aller là bas les rejoindre, quand je t’ai vu j’étais de l’autre côté de la rue et je me suis dit, faut absolument que j’aille parler à cette femme là, moi tu vois, je te ferais jamais attendre comme ça, avec moi, tu serais une princesse, une reine.  Je laisse tout tomber pour toi, la fête, les filles à poil, tout!  Tu viens je t’offres un verre? Je t’offres tout ce que tu veux, des rubis, des diamants…  Tu viens?
—    [OMFG!!!!, je dois vraiment avoir l’air d’une innocente et je suis plus aussi sûre que ça me va si bien que ça…] euh… non merci.
—    Non???
—    Non.

Il s’est mis à marcher de long en large devant moi en gesticulant… freaky.

—    Tu vois, moi je suis comme ça, je sens les choses, alors je les dis, ton refus, ton dédain, il me touche pas, j’ai mon égo tu sais, ça me fait rien, j’ai dit ce que j’avais à te dire, ce que j’ai ressenti quand je t’ai vu…
—    [Alors si ça te fait rien, j’aimerais vraiment que t’enlèves les kalachnikov de tes yeux, je serais beaucoup plus à l’aise pour respirer] …

*****

Et c’est là que j’ai vu l’homme de mon rendez-vous.  Je n’ai jamais eu autant envie de me jeter au cou d’un homme de 6’2″ qui venait de me faire attendre plus de 30 minutes (retenez l’astuce, ça peut toujours servir).

Le bonheur a été de courte durée.  Imaginez la prétention faite homme, donnez lui une bonne dose de condescendance et coiffez le tout de la citoyenneté française.  En désespoir de cause, j’ai repris mon air vaguement innocent, question de ne pas trop le déranger pendant qu’il s’écoutait parler.  J’ai bu mon vin tranquillement, alors qu’il monologuait sur sa vie de français au Québec.  Puis, on a parlé un peu de musique.   Parce qu’il était musicien.  N’y tenant plus, je lui ai quand même  demandé s’il jouait du jazz.  Il m’a demandé comment j’avais fait pour deviner.



Starting over [is not what life’s all about]

On a tous des dates qui nous semblent marquantes.  Des grands événements significatifs, des croisées de chemins.  Parfois on les aperçoit loin devant, comme des phares à atteindre.  D’autre fois, on les voit uniquement dans le rétroviseur.

Et puis il y a des moments où tout est plus subtil, comme maintenant.  Pas de phare devant.  Pas de port derrière.  Plus de route sous mes pieds.  La sensation d’avoir donné le dernier coup de volant, le dernier coup de frein, en vain.  La dérive.  Je pense que pour la toute première fois, je viens de  comprendre le vrai sens de « lâcher prise ».

Chute libre.  Entre l’insoutenable sentiment de panique, à l’instant où le sol se dérobe sous nos pieds et le bruit sourd qui marque la fin, l’irréversible, il y a ce moment qui passe à la vitesse d’une étoile filante.  Une euphorie grisante à travers le détachement de tout.  Une liberté sans compromis.  Un temps d’absolu.  Et d’acceptation.



Have we met before? [Tasmanian devil]
25 août 2009, 15:29
Classé dans : Mauvaises pensées choisies

Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait.  Je n’avais jamais été dans cet état.  Jamais.  Ou du moins, je n’avais jamais été dans cet état sans pouvoir fournir d’explications rationnelles.  Là, ce matin, tout est devenu clair (enfin).  Je ne connaissais pas ça.  J’avais aucune idée de l’impact réel de trois lettres.  J’étais même sur le point de penser que c’était une forme de légende urbaine, le seul et unique secret bien gardé par solidarité féminine.  Jusqu’à ce que je réalise qu’entre deux crises de larmes, je pourrais moi aussi renverser Gengis Khan.  Avec une main dans le dos.  On dit que c’est fort, les hormones… alors imaginez lorsqu’elles décident tout revirer à l’envers pour se pointer avec presque deux semaines d’avance.  Not good

L’air de rien je viens de faire le post que toutes les blogueuses finissent par faire et que je m’étais dont jurée de ne jamais faire.  Check.



Du spectre des couleurs
24 août 2009, 00:44
Classé dans : Histoires de ma vie, Mauvaises pensées choisies

Quand je me suis installée dans mon appartement actuel, je ne voulais rien qui puisse me rappeler la vie, les lieux d’avant.  Un peu comme lorsqu’on choisit un nouvel amant antithèse de celui qui précède, avec le désir (inavoué) de mieux pouvoir anéantir son souvenir.

Depuis des mois je regarde cet appartement qui devrait être mon reflet et je ne m’y retrouve pas.  J’avais tellement envie d’un lieu différent de ceux qui ont précédés que j’en ai fait un lieu qui n’est plus moi, qui ne me ressemble pas…  ou si peu.  Les couleurs vives que j’avais l’habitude d’étaler partout sont devenues sobres.  Je peux encore vivre avec le jaune un peu éteint de la cuisine, pour le peu de temps que je passe là.  J’ai réveillé le vert un peu terne du salon lorsque j’ai changé les housses de divan crème pour un rouge éclatant, là, ça va.  Mais quand je regarde la grande pièce double qui me sert de chambre et de bureau (donc là où je passe le plus clair de mon temps), la seule chose que je peux me dire c’est qu’elle me fait penser à certains réveils, lorsqu’on tourne la tête vers l’autre oreiller.  Merde, veux-tu bien me dire à quoi j’ai pensé?

Des murs neutres.  Désert de je-ne-sais-plus-quoi.  Oui, désert.  Fallait quand même avoir de la suite dans les idées.  J’ai mis une couverture fleurie par-dessus le malaise.  Et trop de coussins pour meubler le vide.  Et une fois que le mal est fait?  Les compromis.  Repeindre les meubles plutôt que les murs.  Utiliser la fonction réversible de la couverture.  Ranger les coussins dans l’armoire.  Voir si tout ça peut fonctionner pour un temps.  J’ai trop la flemme pour repeindre ma chambre… à la place, je suis allée repeindre celle de ma filleule.

— Aparté —

Investir les efforts ailleurs.  Là où il n’est pas trop tard.  Là où ça vaut vraiment la peine.  S’étourdir, sortir de soi ou encore reprendre ses sens, revenir à soi?  Je ne sais plus.  Peut-être, seulement, ne plus y penser.  Chercher, mais ne pas savoir comment faire pour revenir au temps où le miroir rendait une image fidèle de soi.  Échouer.  C’est toujours l’infime partie que l’on refuse de montrer (de reconnaître?) qui est vue en premier.  Le reste, on aura beau le crier, il n’y a que des murs pour entendre.  Si tout pouvait être aussi simple que des murs à repeindre.  Il n’y a pas de soustraction possible.  La vie, ça tache.  Une fois qu’on a échappé du rouge dans le bleu, ça donne du mauve.  Ecchymoses.  Deal with it.



He’s just perfect [for another girl]
18 août 2009, 11:34
Classé dans : Histoires de ma vie, Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs:

Ou les joies du online.
strike 1
Il est amateur de sport extrême.
Je confie que le seul sport extrême que je pratique, c’est la marche.
Il hésite, il affirme qu’il n’est pas si sportif que ça.
Je regarde ses 10 photos de profil facebook : 1 en alpiniste, 3 en marathonien, 2 en ski, 2 en plongée, 1 en parachute et 1 au volley-ball de plage.
Son idée d’une first date (ou le naturel qui revient au galop) : m’emmener faire du vélo sur le mont Royal.
Ah, j’ai pas de vélo?  Pas grave on peut toujours aller faire du roller? 
Non???
a) Il sait pas lire
b) Il s’est trompé de fille
c) Il s’est jamais fait dire non
d) Toutes ces réponses

strike 2
Il est plutôt intello.
Il parle beaucoup.
Ça facilite la conversation.
À moins que… ça ressemble pas plutôt à un monologue?
Il adooooore le jazz.
J’avoue candidement que c’est bien le seul type de musique que je ne supporte absolument pas.
Son idée d’une first date : m’emmener prendre un verre… dans une boîte de jazz!!!
Ok, est-ce qu’il écoute quand je parle?
a)  Si lui aime ça, tout le monde intelligent doit aimer ça
b)  Il sait ce qui est bon pour moi
c)  Il n’écoute pas, il attend pour parler
d)  Quand il jouit, il crie son propre nom

strike 3 *fausse balle?*
On a trop de points en commun.
On dirait vraiment du sur mesure (jackpot!)
***Il me répète souvent qu’il est un homme très galant et que c’est une qualité importante à ses yeux***
Un soir, sans que je l’aie demandé (pffff, j’oserais jamais!), il me donne son numéro de cell.
Fair trade, je lui donne le mien.
Il offre de m’appeler dès le lendemain pour qu’on aille prendre un verre.
Je suis d’accord.
Quelques heures plus tard, il me recontacte pour répéter qu’il a très hâte de me rencontrer et qu’il va appeler le lendemain.  (ok he’s drunk now!)
Et le lendemain…
… (tadam!) il n’appelle pas!
a)  Il est hang over sur la corde à linge
b)  Son ex l’a rappelé
c)  Sa mère est morte
d)  Il pense que si je suis intéressée, je vais appeler.  (Parce que c’est sûr qu’appeler un gars en lui disant “heille, tu devais pas m’appeler???“, ça part tellement bien…)

Sabotage?  Niaisage?
Ou manières complètement machiavélique de tester mon intérêt?
I’m clueless (and offline!)