Classé dans : Histoires de ma vie, Textes favoris | Mots-clefs: déceptions sentimentales, désir, hommes, Indochine, orgueil, séduction, timidité
Il est assis en face d’elle. Ils prennent une bière ensemble. Enfin, lui il boit une bière, elle, elle a horreur de ça… Sauf lorsqu’on l’embrasse et que ça goûte encore juste un peu, ça, elle aime bien. Ça doit être la réminiscence d’un lointain baiser d’adolescent, du temps où elle y croyait encore. Mais on s’éloigne (vraiment) car ils n’en sont pas rendus là.
On pourrait croire qu’ils discutent, mais au fond, ce qu’il se disent n’est pas si important. Ils se mesurent, s’évaluent et calculent leurs chances de plaire, à moins qu’ils ne pensent déjà à comment se tirer d’affaire sans trop se compromettre, qui sait. Subtilités. Lequel montrera le premier son attirance envers l’autre. On cherche l’indice qui va nous montrer qu’on plaît avant de s’avancer. Orgueil. C’est le jeu du chat et de la souris. On veut tous être le chat.
Elle tente de lire son regard, mais il s’y refuse. Est-ce par timidité qu’il n’arrive pas à soutenir son regard ou est-ce par désintérêt. Difficile d’interpréter, au fond, peut-être qu’il a juste peur de se faire prendre à regarder dans son décolleté. Alors plus souvent qu’autrement, il fixe un point abstrait, à l’autre bout de la terrasse.
Elle a l’air de chercher l’homme de sa vie, mais elle n’y croit pas. Elle a démissionné. Elle aurait juste envie de tomber sur un type sympa, qui lui plaît physiquement, qui pourrait soutenir une conversation, et qui aurait envie d’elle trois nuits par semaine. Oui, Indochine fait aussi partie de ses souvenirs d’adolescente.
Lui, il est difficile à cerner. Il semble sans attentes, mais elle sait maintenant qu’ils sont nombreux à jouer cette carte pour mieux se protéger. Peut-être pour se défendre des filles comme elle, qui n’ont pas d’amour à offrir. Parce qu’on se donne toujours au plus offrant. Même quand on ne croit pas en l’amour.
9 commentaires jusqu'à présent
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Vrai, beau et bon texte. Vous n’etes pas trop perdu, mademoiselle. :)
Commentaire par Cacawet 14 août 2007 @ 05:34“Ce que j’aime en toi, c’est que tu ne demandes rien. On peut juste être bien ensemble.”
Commentaire par Insomniaque 14 août 2007 @ 07:29L’adolescente romantique est planquée sous la table je dirais…
Commentaire par Magenta 14 août 2007 @ 09:01Excellent texte! Criant de vérité, c’est comme si j’y étais.
Commentaire par Specialk 14 août 2007 @ 12:22@cacawet : Merci :)
@insomniaque l’expert en marketing : Et qu’est-ce qu’on fait de la loi entre l’offre et la demande? ;)
@magenta : non, j’ai bien cherché partout. Peut-être une fugue? J’ai l’impression qu’elle s’est tirée pour de bon cette fois…
@specialK : Merci :)
Commentaire par Mlle V 14 août 2007 @ 13:06On trouve le point d’équilibre
Bien sûr, il faut aussi croire en l’idée que l’homme économique est rationnel, uniquement préoccupé par le prix des biens qu’ils achètent et qu’il y a une concurrence parfaite sur le marché.
Awaye retourne lire du bon vieux Adam Smith!
Commentaire par njl 14 août 2007 @ 18:51ah oui! la concurrence parfaite… Merci de me rappeller, j’l'avais oubliée celle là… :P
Commentaire par Mlle V 14 août 2007 @ 22:51je pense que le pire dans tout ça c’est qu’à ne plus y croire tellement et en effaçant toute attente, finalement on se fait surprendre.
Commentaire par M 15 août 2007 @ 08:41et si dans le détour, tout à coup surgissait l’amour?
@M : Tu dois être une romantique toi ;) Je ne compte plus les fois où on m’a passé cette remarque…
Commentaire par Mlle V 15 août 2007 @ 22:53