Classé dans : Citations, Mauvaises pensées choisies, Textes favoris | Mots-clefs: désir, hasard, libertinage, séduction, sexe, XVIIIe siècle
“On disait trois fois à une femme qu’elle était jolie, car il n’en fallait pas plus : dès la première, assurément elle vous croyait, vous remerciait à la seconde, et assez communément vous en récompensait à la troisième. Il arrivait même quelque fois qu’un homme n’avait pas besoin de parler, et, ce qui, dans un siècle aussi sage que le nôtre, surprendra peut-être plus, souvent on n’attendait pas qu’il répondît. Un homme, pour plaire, n’avait pas besoin d’être amoureux : dans des cas pressés, on le dispensait même d’être aimable. La première vue décidait une affaire, mais en même temps, il était rare que le lendemain la vît subsister; encore, en se quittant avec cette promptitude, ne prévenait-on pas toujours le dégoût.”
— Crébillon fils, Les égarements du cœur et de l’esprit (1736)
Bon, je précise quand même, ça reste au figuré hein! ;)
11 commentaires jusqu'à présent
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Je me demande souvent, que c’est il passé dans sa tête, pour qu’elle se marie :)
Comment par Cacawet 28 novembre 2007 @ 06:15hahaha!
Comment par Mlle V 28 novembre 2007 @ 08:01Prêts et bourses :P
Verbiage inutile, peut-être…
Mais une femme qui cite Crébillon fils me fait assurément flancher. :)
Dans la même veine, citons cet autre petit bijou du XVIIIe siècle qu’est La Nuit et le moment de Vivant Denon : « J’aimais éperdument la comtesse de *** ; j’avais vingt ans, et j’étais ingénu ; elle me trompa ; je me fâchai ; elle me quitta. J’étais ingénu, je la regrettai ; j’avais vingt ans, elle me pardonna ; et comme j’avais vingt ans, que j’étais ingénu, toujours trompé, mais plus quitté, je me croyais l’amant le mieux aimé, partant le plus heureux des hommes. Elle était amie de T…, qui semblait avoir quelques projets sur ma personne, mais sans que sa dignité fût compromise. Comme on le verra, madame de T… avait des principes de décence, auxquels elle était scrupuleusement attachée. »
Comment par Benoît 28 novembre 2007 @ 08:46Hahaha. Rien de plus romantique qu’un “Get down on your knees” hein? Moi aussi j’aime bien le 18e avec ses encyclopédies tordues et biaisées (hou que c’est passé proche comme faute) contre la monarchie pour prouver tout ce qu’on veut prouver.
Comment par Lui 28 novembre 2007 @ 11:01Et bien! je m’attendais à tout, sauf à trouver des fins connaisseurs du XVIIIe au passage… du Vivant Denon?!? Je suis charmée ;)
Comment par Mlle V 28 novembre 2007 @ 12:15Ce n’est pas parce qu’on sait manier une ponceuse qu’on en a jamais vu Les Lumières. ;o)
Comment par Lui 28 novembre 2007 @ 12:50Je savais bien que ce cour sur le roman libertin me servirait, un jour. ;-)
Comment par Benoît 28 novembre 2007 @ 19:02@benoit : Assurément… Mais j’ose espérer que ça vous a servi un peu avant aujourd’hui ;) Si je ne me trompe pas, le titre exact du roman de Denon est Point de lendemain
Comment par Mlle V 28 novembre 2007 @ 22:04hahah j’espère que tu confonds pas romantisme avec les experts de la crouze fake et poches.
Comme moi je suis pas du tout un expert de la crouze mais je suis une bête romantique!
Comment par tchendoh 28 novembre 2007 @ 23:40@tchendoh: T’inquiètes, l’intellectuel est toujours très facile à distinguer de la bête!
Comment par Mlle V 29 novembre 2007 @ 08:28Et par les temps qui courent, je pardonnerais n’importe quoi à une bête, même (surtout) un excès de romantisme… Ben quoi, c’est pas parce qu’on ne l’est pas qu’on sait pas apprécier! ;)
T’as tout à fait raison.
La Nuit et le moment est l’oeuvre qui suit Point de lendemain dans mon édition de poche…
Je vais pas me donner une médaille aujourd’hui!
Comment par Benoît 29 novembre 2007 @ 09:22