Les Plaisirs et les nuits


Mes hommes de 2007 [l'heure du bilan]

Il y a eu celui qui voulait se la jouer cool, c’était trop tiède pour moi.

Il y a eu l’insaisissable, toujours en train de parler de ce qu’il fait, jamais de ce qu’il est.

Il y a ceux (trop nombreux) qui veulent à tout prix impressionner avec l’argent.

Il y a celui dont j’ai piqué la curiosité, mais juste un peu trop tard.

Il y a eu celui qui m’a dit que je pourrais faire fortune avec les téléphones roses (!).

Il y a eu l’insistant, intense, qui m’appelait trop (non, c’est pas le même).

Et il y a le fuyant, volage, qui n’appelle jamais.

Il y a celui à qui je plais, mais qui ne me plait pas,

Celui qui dit que je lui plais, mais je ne le crois pas,

Et celui à qui je ne plais pas, mais oui, lui, il me plait plaisait.

Il y a le seul qui peut m’appeler cochonne sans que je me fâche.

Il y a celui qui a menti.

Celui qui cherchait une bouée de secours.

Celui qui m’a pris dans ses bras, en pensant à une autre.

Celui qui n’a besoin de personne.

Celui dont je pensais être l’amie.

Celui qui aime savoir que j’ai encore envie de lui.

Celui dont je ne croise jamais la route,

Celui qui est là où je ne l’attendais plus,

Ou qui me fait attendre alors qu’il devrait être là,

Et tous ceux qui m’ont dit : Prend soin de toi.

Il y a eu le trop jeune,

Le trop vieux,

Le trop d’enfants,

Le trop loin,

Le marié,

Le zéro affinités.

Il y en a même eu un qui a poussé l’audace jusqu’à embrasser ma botte dans un lieu public.

J’en demandais pas tant… mais j’en demandais plus.

Sur l’air de …



La vie est trop injuste [discussion mère-fille]
29 décembre 2007, 15:00
Classé dans : Histoires de ma vie | Mots-clefs: , ,

Parce que ça faisait longtemps que j’avais pas parlé de mes seins…


V
: Mer-de! Faudrait que je fasse rapetisser un peu ma robe, ça a pas d’allure, le buste est bien trop grand… J’comprends rien là dedans, c’est une medium, et on dirait que c’est fait pour fitter des double D, c’est pas proportionnel! Coup donc est-ce que je suis la seule fille sur la terre qui porte encore du B?

Maman : Tu l’avais pas essayé?

V : j’étais pressée, j’ai fait ça vite… (énervée) Merde, ça marche pas, j’pourrai pas la mettre, là.

Maman : Ben voyons, panique pas! ça te prendrait juste un soutien-gorge paddé.

V : Ben… c’est que j’ai déjà un soutien-gorge paddé, là!

Maman : Ouin… Y’a juste une autre solution…

V : Sillicone? Ben j’ai pas vendu la maison assez cher pour ça…

Maman : Bon ben t’as raison, j’pense qu’il faut rapetisser la robe…

V : Bordel, toujours les mêmes qui ont la vie facile!

Maman : Euh… J’peux l’essayer? J’pense qu’elle m’irait bien!

V : Commence pas!!!



To love or not to love…
29 décembre 2007, 13:45
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs:

To love is to suffer. To avoid suffering, one must not love. But, then one suffers from not loving. Therefore, to love is to suffer, not to love is to suffer, to suffer is to suffer. To be happy is to love, to be happy, then, is to suffer, but suffering makes one unhappy, therefore, to be unhappy one must love, or love to suffer, or suffer from too much happiness — I hope you’re getting this down.

— Woody Allen, Love and Death


Turn off
28 décembre 2007, 16:27
Classé dans : Histoires de ma vie | Mots-clefs: , ,
Hier après le resto, je suis allée prendre un verre dans un bar avec une copine. Beaucoup de monde (mais faut dire que la place est petite). On a dû attendre un peu avant d’avoir une table de libre (fallait oublier le zinc). Finalement, un couple, plus occupé à faire du making out qu’à boire de l’alcool nous a laissé leur place. J’ai pris la banquette, question de pouvoir avoir l’œil sur le plus beau barman de la ville. Quelques minutes plus tard, mon regard a cependant été attiré vers le gars qui me faisait face, à la table voisine.

Pas nécessairement mon genre à priori, mais cute. Il avait une façon de me regarder, jamais bien longtemps, mais comment dire… intensément. Un regard qui transperce. Je lui ai souri à quelques reprises. Je ne pouvais pas rester bien longtemps, ma copine devait rentrer retrouver son homme (à plus d’une heure de route). Puis l’idée m’a traversé de lui dire à l’oreille, qu’il avait des yeux magnifiques. Oui, c’est ce que j’avais décidé de faire, juste avant de quitter les lieux, pour que ça ne soit pas trop compromettant. Puis, j’ai tendu l’oreille, pendant qu’il racontait une anecdote à ses copains. L’anecdote m’a turné off au dernier degré. Ça doit être une overdose à toutes ces discussions du temps des Fêtes avec lesquelles je me sens autant à ma place qu’un chien dans un jeu de quilles. Alors j’ai mis mon manteau et je suis partie sans échanger un autre sourire, sans lui dire que son regard m’avait plu l’espace d’un instant. Mes désirs sont bien éphémères… parfois…

Non, mais je suis pas encore rendue à crouzer les pères de familles…



Le retour
27 décembre 2007, 13:17
Classé dans : Histoires de ma vie | Mots-clefs: , ,

Enfin rentrée à Montréal. Décharger l’auto a été long puisque le Père Noël a été généreux cette année. J’ai pratiquement pas dormi depuis plusieurs jours, je suis cernée jusqu’au menton, pas maquillée, les cheveux, bof, j’ai vite compris l’utilité de mon nouveau chapeau… J’étais en train de sortir un des derniers paquets de l’auto lorsque le plus magnifique de mes 3 superbes voisins est sorti. Évidement, celui là, je le vois toujours quand je suis dans le pire de tous les états. Le chapeau bien descendu jusque sur les yeux, je fixe les marches de mon escalier, alors qu’il descend le sien. Il ne pourrait pas m’ignorer? Juste cette fois-ci? Exactement comme il ferait si j’avais eu envie qu’il me voit? Ben non, il est là à m’observer trimballer ce sac qui pèse une tonne, et que je relève contre mon visage, juste à temps pour éviter le signe de tête et le sourire qui me fait ferait flancher à n’importe quel autre moment. Est-ce que je viens vraiment de le snober? Yeah! (Argh!), Championne du monde, va…



Noël 2
26 décembre 2007, 23:31
Classé dans : Histoires de ma vie
J’ai vu ma grand-mère, 88 ans, la dernière qui me reste. Ça m’a donné un choc. Depuis un an la maladie (Alzheimer) a progressé. Elle était dans une bonne journée par contre. Juste un peu perdue dans ses souvenirs. On l’écoute et on ne la contredit pas, tant qu’elle est bien dans sa bulle. Elle racontait donc avoir été à la messe du matin et qu’ensuite, le curé l’avait invité au presbytère pour prendre un petit verre de rouge, que ça allait être bon pour sa grippe. Quand on lui a demandé à quelle paroisse c’était, elle a répondu Amos, machinalement, d’un ton qui voulait dire “ben vous êtes ben niaiseux de me demander ça, c’est évident non?” Elle n’est pas retournée là-bas depuis le début des années 60, quand la famille s’est installée là où je suis née bien des années plus tard. Ensuite, quand on lui a demandé quelle sorte de liqueur elle voulait pour boire, elle a répondu avec un drôle de petit sourire en coin, “j’prendrais bien un autre petit verre de rouge“, sous le regard surpris de ma mère et de mes tantes qui ne l’ont jamais vu de leur vie prendre une seule goutte d’alcool… J’ai soudainement eu l’intuition qu’il y a peut-être bien des choses que ma mère et mes tantes ignorent à propos de la vie de ma grand-mère…

Et je serais bien curieuse de voir la tête qu’avait le curé d’Amos dans les années cinquante…



Noël 1
26 décembre 2007, 23:19
Classé dans : Mauvaises pensées choisies
3 journées bien remplies et vraiment pas beaucoup d’heures de sommeil. Beaucoup de plaisir au réveillon chez ma tante, je ne me souvenais pas d’avoir autant ri depuis des mois, j’en ai eu mal aux côtes et aux mâchoires. C’est vraiment incroyable toutes les histoires (vécues) qui se racontent autour de cette table. Un cousin a raconté une connerie qu’il a faite, tellement drôle que je vais en avoir pour des semaines à rire aux larmes juste en y repensant. Désolée, c’est pas vraiment un truc racontable ici… mais si dans les semaines à venir, vous croisez une folle qui rit toute seule pour rien, c’est probablement moi qui repense à cette anecdote…


La veille de la veille
23 décembre 2007, 17:15
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: , , , , ,

Une dernière soirée tranquille dans mon refuge montréalais. Demain sera le retour à la ville natale pour 2-3 jours. J’ai jamais trop eu le blues du Noël célibataire. Enfin, j’appréhendais quand même le premier, mais là je commence à avoir de la pratique… Le 24, je revois toujours des gens que j’aime et que je vois trop peu dans l’année. Y’a pas vraiment d’excuse, la vie est comme ça, mais du coup, on apprécie toujours ces occasions devenues rares par notre faute. Et puis j’ai hâte de passer du temps avec les filles de mon frère (2ans1/2 et 4 mois). Le 31 sera sûrement plus difficile (pour moi, ça a toujours été comme ça), mais on va essayer de ne pas y penser avant la semaine prochaine.

Je vous souhaite donc un très Joyeux Noël à tous, qui que vous soyez, où que vous soyez. Abusez généreusement de toutes les bonnes choses de la vie, y’a pas de mal à se faire du bien!



et j’avais même oublié de vous dire…
23 décembre 2007, 17:13
Classé dans : Histoires de ma vie | Mots-clefs: ,
J’ai déjà reçu mon cadeau de Noël. Il est arrivé par la poste ce vendredi. Mon certificat de divorce. C’est drôle, avec tout le fric que ça m’a coûté, je m’attendais à un truc officiel sur papier parchemin et tout. Non, c’est une simple feuille blanche, 81/2 x 11, tout ce qu’il y a de plus banal. Pas de quoi l’encadrer (même si c’était vraiment pas le but). J’ai tellement attendu ce bout de papier qu’on dirait maintenant que je ne le savoure pas autant que je le devrais. Depuis tout ce temps, c’était juste un dû. Alors il traine sur le bureau depuis que je l’ai sorti de l’enveloppe et un de mes chats passe son temps à y assoir son cul…

And so this is Christmas (War is over)… Ça fait quand même du bien de savoir que l’année repartira vraiment en neuf cette fois-ci…



Poème d’hiver
21 décembre 2007, 23:11
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: , , , , , ,

Pendant que j’aimerais laisser la neige tout recouvrir, tout effacer
Oublier toutes les formes du passé
M’engourdir, m’endormir nue dans la froideur
Être, au moins pour un temps, amnésique

Mais toujours me souvenir que la petite flamme méprisée
À tout moment peut initier
Un grand feu cyclique
Dont les cendres fertiliseront la terre avec vigueur



Are we going for a drunk post?
20 décembre 2007, 23:53
Classé dans : Histoires de ma vie | Mots-clefs: ,

Are we brave enough?
… Let’s see…
5@91/2 (trop) bien arrosé.

Grande surprise, quelqu’un que je n’espérais même pas s’est présenté à la fête. Il est entré, il a commandé son verre au bar et alors qu’il attendait le service, son regard a fait un tour d’horizon. Est-ce un hasard si une fois son verre bien en main, je suis la première personne qu’il est venu (d’un pas décidé) saluer? Ça devait bien faire presque 4 mois que je ne l’avais pas vu. Malheureusement on a pas eu le temps de parler bien longtemps. Toutes les femmes de la place sont folles de lui (avec raison) et elles l’ont toutes accaparé. Non mais je vais quand même pas faire la file (putain d’orgueil!!!). Si au moins je fumais, j’aurais pu sortir avec lui quelques instants… Plus tard, il est effectivement venu me demander si j’avais du feu… (Mais quel genre de fumeur n’a pas de feu avec lui???) J’ai failli lui répondre oui, mais ce feu là aurait rien fait pour sa cigarette…

J’ai aussi recroisé mon Matador (je suis trop saoule pour vous mettre le lien, cherchez vous-même!). On a échangé quelques regards dans la soirée, même que mon grand ami gay, après avoir surpris la chose est venu me glisser à l’oreille que j’avais les yeux drôlement clairs. Je n’ai pas eu vraiment l’occasion de parler avec le Matador, mais avant de partir, il est tout de même venu me faire la bise. En m’embrassant, il a murmuré un “huuummmmmmmm” à mon oreille. Bon, au pire, il aime mon parfum (y’a quand même trois autres personnes qui m’ont fait le compliment ce soir), au mieux, y’aura peut-être éventuellement un développement. Sinon, ben il était juste saoul lui aussi… (pis un empêche pas l’autre hein?…)

Bon, faut que j’aille dormir, j’ai une grosse journée demain. Parait que j’ai rendez-vous avec de la sambucca (ou du Porto, au choix) avant même l’heure du dîner (oui, je suis totalement, absolument, impérativement décadente, sans honte et sans remords, quoique mon foie va peut-être trouver à redire). Et le dîner sera aussi très arrosé (apéro, vin, digestif), au frais de la patronne. L’après-midi risque d’être pour le moins divertissant…



Une histoire qui aurait pu m’arriver
18 décembre 2007, 21:00
Classé dans : Histoires de ma vie | Mots-clefs: ,
Hier après-midi, une voisine était en train de déneiger sa voiture. Fallait travailler fort pour ça (je sais de quoi je parle, pendant qu’elle pelletait dans la rue, je pelletais toute seule dans la ruelle). Un homme qui passait par là s’est mis à lui parler gentiment, puis, il a offert de l’aider. Pourquoi pas… Vraiment un type sympathique. Finalement, une fois que la voiture a été dégagée, ben il est parti avec. Sans oublier le trousseau de clés de la dame et son sac à main avec son portefeuille et toutes ses cartes. Ça me révolte, l’idée de toujours devoir se méfier des gens. Se méfier de la gentillesse, se méfier des sourires, des flatteries et des compliments. Devoir se protéger… On dit qu’il est plus honteux de se méfier de ses amis que d’être trompés par eux… Mais on apprend aussi de nos erreurs.


L’idée du siècle
17 décembre 2007, 16:00
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: ,

L’idée du siècle :
Cet hiver je vais me payer une place de stationnement intérieur juste à côté de la job. Comme je n’utilise pas la voiture pour aller travailler, ça va éviter de la laisser au gros froid sans la faire fonctionner, ce qui n’est pas très bon pour la mécanique. Elle sera facilement accessible quand j’en aurai besoin et bonus génial, pas besoin de pelleter de l’hiver!

La gaffe du siècle :
Par exemple, comme c’est pas donné, je vais me payer une place juste pour janvier février et mars… de toute façon, y’a JAMAIS de grosses tempête en décembre…



La Discrète
16 décembre 2007, 14:37
Classé dans : Histoires de ma vie | Mots-clefs: ,

On préfère toujours être celle qui déclenche le feu dès le premier regard. Malheureusement, moi, ça m’arrive souvent d’être la discrète. C’est jamais un rôle très enviable… Vous savez, celle qu’on ne remarque pas pendant des mois et des mois, celle qui est complètement invisible jusqu’au jour où… Ça me fait penser à une anecdote qui m’est arrivé à l’école secondaire.

Classe d’économie. La prof, une débutante qui n’a pas beaucoup d’expérience et qui a bien du mal à établir son autorité, nous a assigné des places par ordre alphabétique. Je me suis retrouvée avec le premier bureau en avant, dans la rangée du centre, oui, celui juste en face du bureau du professeur. J’étais horriblement déçue, d’autant plus que la matière ne me passionnait pas du tout… Et puis, je me suis rapidement consolée quand j’ai vu qu’à ma droite, il y avait le beau (et drôle) Mathieu et à ma gauche, le beau (et sérieux) Martin. Après quelques mois de cours, la prof a eu l’air de me remarquer pour la première fois.

Elle (d’un ton furieux) : C’est pas ta place ça, reprend la place que je t’ai donné au début de l’année!
Moi (rouge de honte, n’ayant pas l’habitude de me faire parler sur ce ton, non mais j’suis une première de classe moi!) : Mais, c’est la place que j’occupe depuis le début…

Les autres élèves ont le fou rire, ce qui n’aide pas la situation. La prof regarde son plan de classe avec les noms qu’elle a elle-même inscrit à la mine de plomb. Elle doute même de son écriture, cherche la trace de noms qui auraient pu être effacés, inversés, inspectant attentivement l’ordre logique des noms, imaginant un complot diabolique pour que je puisse m’approprier ce bureau si convoité… (Malgré le sourire avec la petite fossette craquante de Mathieu et les yeux bleus magnétiques de Martin, y’a quand même des limites à ce que je suis prête à faire pour me rapprocher des garçons!!!) Et plus elle cherche une preuve qui n’existe pas, plus les rires résonnent franchement dans la classe. Elle a fini par s’excuser, mais j’ai toujours eu l’impression qu’elle était restée avec un doute…

C’est comme cet homme que je connais depuis quelques années et qui m’ignorait totalement. Jusqu’à ce que je le croise dans un événement spécial, pour amateurs initiés, il y a deux semaines. Avant, il me regardait et me saluait à peine et depuis, c’est le grand sourire béat et il amorce la conversation à chaque fois qu’il me voit (ce qui peut arriver souvent dans la même journée). Et là, c’est moi qui doute. J’arrive pas à me décider si c’est par une forme d’élitisme social (ma présence à l’événement fait de moi un être maintenant digne de lui) ou bien s’il aurait pas plus simplement (boys will be boys) gardé un chaud souvenir du chandail rouge sexy et des talons aiguilles que je portais ce soir là…



Party de bureau (romance platonique)
15 décembre 2007, 00:41
Classé dans : Histoires de ma vie, Textes favoris | Mots-clefs: , ,

Je me souviens encore de la première fois que je l’ai vu. J’étais entrée dans l’ascenseur (oui, si vous saviez le nombre de moments-clé de ma vie qui ont eu lieu dans des ascenseurs…), le nez dans ma pile de papiers sans porter attention à la personne qui était déjà là. J’entends sa voix me dire bonjour, je lève les yeux vers lui et tout ce que mon cerveau arrive à faire après avoir articulé une réponse à peine audible, c’est de se dire whooaaaaahhhhh, c’est qui ça!!!!!!! J’ai vu qu’il portait à la taille la petite carte temporaire des nouveaux employés. C’est quand même une grosse boîte et mon département n’est pas lié au sien, ce qui ne facilite pas les contacts, d’autant plus que nos horaires sont différents.

À l’époque, c’était vraiment pas le bon moment dans ma vie. Je venais à peine d’entamer le processus de séparation et je ne me sentais pas la force (ou la faiblesse) d’imposer cela à quelqu’un. N’empêche qu’à chaque fois que je croisais son regard, je sentais qu’il se passait quelque chose. Quelques semaines plus tard, c’était le party de Noël. Les gens commençaient à se réunir en petits groupes, verre à la main. Il était là, tellement beau. C’était la première fois que je le voyais avec une barbe. J’avais toujours eu horreur de ça, la barbe. Je sais pas pourquoi, mais depuis ce jour, je trouve ça absolument charmant. J’ai même un faible pour ça (bon, ok, je précise, tant qu’elle est courte et soignée). Mais revenons au sujet…

Du coin de l’œil, je l’avais donc repéré, à l’autre bout de la salle. Quelques minutes plus tard, alors que le grand chef de la boîte prend le micro et s’apprête à prononcer son fameux discours annuel, les gens se rassemblent en cercle autour de lui. Je n’ai pu m’empêcher de remarquer que l’objet de mon désir est (curieusement) parti de l’autre extrémité de la salle pour venir se placer juste à côté de moi. Son bras gauche frôle mon épaule droite. Ne me demandez pas un seul mot prononcé lors de ce discours, je n’entendais que le son de mon cœur qui battait la chamade et j’essayais de tenir mon verre sans avoir le shake. Un de ces moments électriques. Lorsque le discours s’est terminé on a à peine eu le temps d’échanger un sourire, la musique est partie à plein volume et un de ses collègues s’est chargé de le ramener vers son groupe. J’ai retrouvé mon cercle habituel. Un peu plus tard dans la soirée, ma collègue (oui, l’ésotérique) est venue me parler.

Elle : V, je pense que je viens de te trouver un nouveau chum!
Moi (innocente) : Veux-tu ben m’dire de quoi tu parles?
Elle : Ben tantôt, pendant le discours, y’avait un des p’tits nouveaux du département X à côté de toi, je vous regardais côte à côte pis j’en revenais pas de voir à quel point ça cliquait, regarde, c’est lui là bas avec la barbe, il a vraiment l’air du gars parfait juste pour toi! Ça cliquait j’te dis!
Moi (toujours innocente): [!!!] T’es déjà saoûle?!?

Tout au long de cette soirée, à chaque fois que je regardais vers lui, mes yeux surprenaient son regard posé sur moi. J’ai même appris qu’il s’était alors informé sur moi. Bon, comme je l’ai dit plus haut, c’était pas le bon timing. Il y a bien eu par la suite quelques tentatives de part et d’autres, mais à chaque fois, des obstacles se sont pointés et j’ai toujours pensé que dans ce domaine là, ça ne servait à rien de forcer les choses. Mauvais timing d’un côté, puis de l’autre, et finalement, le moment est passé depuis longtemps déjà. N’empêche que je garde un beau souvenir de cette romance toute platonique. Croiser l’étincelle dans son regard, échanger les sourires et les phrases banales avec le frémissement au ventre m’a aidé à traverser l’année la plus difficile de ma vie, c’est déjà beaucoup.



Un signe de l’Univers
13 décembre 2007, 23:53
Classé dans : Histoires de ma vie, Textes favoris | Mots-clefs: , ,

Je parlais avec une collègue aujourd’hui. C’est une drôle de fille, toujours un peu space (oui, c’est elle la distraite), qui se passionne pour tout ce qui est ésotérique, astrologie, numérologie et autres trucs encore plus weird. Le genre de fille qui a trippé pas mal fort sur la côte ouest il y a une couple d’année…Je lui parlais de là où je suis rendue dans ma vie. L’impression d’avoir tout réglé ce que j’avais à régler, d’être prête pour la prochaine étape. L’espace nécessaire pour qu’il puisse se produire quelque chose est enfin là, mais seulement, tout ce que j’ai trouvé à faire ces derniers temps, c’est de collectionner les histoires qui se terminent avant même d’avoir commencées.

Elle : Mais si tu veux savoir ce que l’avenir te réserve, t’as qu’à demander à l’Univers de t’envoyer un signe!
Moi : ???
Elle : Ben oui, c’est pas compliqué, fais ce que je te dis, tu vas voir, ça marche à tout coup, t’as juste à être attentive aux signes, t’auras toutes les réponses à tes questions…
Moi : euh… (maudit que j’aimerais avoir du bon stock de même), ouin ok…

Puis je suis sortie faire des courses sur l’heure du dîner. Par le plus grand des hasards, j’ai croisé une femme que j’ai connu alors que j’occupais un emploi précédent. Ça faisait sept ans que je ne l’avais pas vue…

L’histoire de cette femme est tellement triste. Elle est française. Elle était d’un milieu plutôt aisé. Fille douce et sage, magnifiquement belle (puisqu’elle l’est toujours), elle est tombée amoureuse d’un bum. Sa famille s’est vigoureusement opposée à leurs fréquentations. Il l’a convaincue de partir avec lui. Ils sont donc venus vivre ici. Il l’a ensuite rapidement délaissée, préférant une vie dissolue à la fille sage qui avait encore des rêves et des illusions plein la tête. Un beau matin, pareil comme dans un film, il est parti chercher des cigarettes et elle ne l’a plus jamais revu. Il n’avait pas oublié de prendre toutes leurs économies, la laissant dans la misère la plus abjecte, avec des mois de loyer impayés. C’était une fille sans doute un peu naïve, mais elle avait sa fierté. Pas question pour elle de retourner chez ses parents pour entendre le fameux sermon “J’te l’avais bien dit“. Pas question de quémander quoi que ce soit à personne. Elle est restée. Elle s’est battue toute seule. Elle a connu une vie de grande solitude affective et de privations matérielles. Elle n’a jamais redonné son cœur à personne. Jamais pu faire confiance à nouveau.

Je suis rentré au bureau après l’heure du lunch en repensant à toute cette histoire quand j’ai recroisé ma collègue…

Elle (ton malicieux) : Alors, l’Univers t’a envoyé un signe?
Moi : Non, il s’est juste foutu de ma gueule!



Daddy’s girl
12 décembre 2007, 21:20
Classé dans : Histoires de ma vie | Mots-clefs: ,

Je voudrais tellement pas être le prochain gars que je vais présenter à mon père. On dirait que mes épreuves des deux dernières années ont décuplé son instinct protecteur… Le cœur du père sera encore plus dur à gagner que celui de la fille… Et je réalise que sans être très proche de mon père, cet homme secret et réservé déplacerait des montagnes pour le bonheur de sa fille. J’ai toujours su, bien sûr, mais j’en ai jamais tant pris conscience que maintenant.

Un des employés de mon père est un gars que j’ai connu à l’école secondaire. Connu, faut le dire vite. Je connais son nom, je me souviens vaguement de son visage sans plus. J’ai peut-être été une fois dans sa classe d’anglais (ou de math???), c’est tout. Je ne sais pas ce que le gars a raconté à mon père, mais mon père a l’air de penser qu’on était des amis. Bof, pas que ça me dérange tant que ça, si le gars pense que ça peut l’aider dans ses relations avec le boss…

Il s’informe donc régulièrement de moi, de ce que je fais, de ce qui m’arrive etc. Évidemment il est donc au courant de mes péripéties des deux dernières années. Ça ne me posait pas de problèmes, sauf que là, le gars vient aussi de se séparer. Une grosse histoire difficile et toute récente… avec pas 1 ni 2 mais 3 enfants en garde partagée. Et on dirait que là, il s’est mis dans la tête que lui et moi, on pourrait être “un match“. Non mais j’vois vraiment pas par quel chemin il est passé pour arriver à une telle déduction. Anyway, pas de quoi m’inquiéter. Il a essayé de soutirer mon numéro de téléphone à mon père, qui, dans sa grande délicatesse toute masculine, lui a répondu du tac au tac que : “V a pas besoin d’un gars à problème dans sa vie.” Outch!

Et si j’étais vous, je m’en ferais pas trop pour l’égo du gars, il s’en est remis rapidement. Tellement que vendredi dernier, au party de Noël de compagnie, il a remis ça en essayant (en vain Dieu merci!) de soutirer l’information de ma mère…



Le Chapeau rouge
10 décembre 2007, 22:25
Classé dans : Histoires de ma vie, Textes favoris | Mots-clefs: , , ,

La nausée du transport en commun l’emporte haut la main. J’ai dû me résigner et mettre ma hantise des chapeaux de coté. Je me souviens d’une époque où j’attendais d’être rendue au coin de la rue, pour enlever ma tuque. Pas pour éviter le regard de ma mère, qui était déjà partie travailler, mais plutôt pour éviter le regard de la voisine, qui lui rendait des comptes. Bon, maintenant adulte (is that so?) je me suis rendue à l’évidence, 55 minutes de marche soir et matin, y’a pas vraiment le choix, pour que ça reste agréable, ça prend ce que ça prend, tant pis pour les cheveux.

Sachant qu’il me faudrait essayer au moins 75 chapeaux afin d’en trouver un qui m’est tolérable, je me suis donc dirigée vers le plus grand magasin à rayon du centre-ville. La tâche fut des plus pénible. J’essayais un chapeau après l’autre, essayant surtout de me convaincre que j’allais finir par en trouver un qui ne me donnerait pas un air trop ridicule, quand mon attention fut dirigée vers le miroir d’à côté. Une dame, chinoise, d’une soixantaine d’année, l’œil pétillant, s’admirait fièrement. Un chapeau rouge, un peu extravagant, lui allait vraiment à ravir. Elle m’a lancé un regard plein de contentement. Elle a demandé le prix, après réduction. Lorsque la vendeuse est revenue avec l’information, elle a fait une petite grimace. C’est vrai que c’était encore un peu cher. Elle a remis le chapeau sur l’étalage, me lançant un petit regard chagrin. Avant de quitter le rayon, baraguinant fièrement quelques mots de français, elle m’a indiqué celui qui, selon elle, m’allait le mieux.

J’ai poursuivi l’essayage (la torture), pendant une bonne demi-heure, pour finalement me ranger à son avis. Alors que j’attendais dans la file pour passer à la caisse, je l’ai vu revenir et essayer le beau chapeau rouge à nouveau. Qu’est-ce qu’elle était belle à voir. Puis elle m’a reconnue. Elle a aussi remarqué le chapeau noir, quand même mignon j’avoue (bon, peut-être plus sur une autre tête que la mienne, mais enfin…), dans un style années 20, que je m’apprêtais à payer. Elle m’a fait un grand sourire d’approbation. Puis elle s’est regardée à nouveau dans la glace. Ses yeux expressifs et moqueurs ont eu l’air de se dire : après tout, on ne vit qu’une fois… Et elle a finalement pris place dans la file, gardant le chapeau sur sa tête, comme une fillette. À mon tour, je lui ai donné mon sourire approbateur. Elle resplendissait littéralement.

Et j’imagine la moue de son homme, devant la facture… et puis, s’il n’est pas trop bête, il oubliera tout quand il la verra si heureuse, et si magnifique.



Moment de distraction
10 décembre 2007, 19:34
Classé dans : Histoires de ma vie | Mots-clefs: , ,
Au bureau, je suis toujours en train de rire de ma collègue et amie qui est la distraction faite femme. Le genre qu’on se demande (vraiment) comment elle arrive à rentrer chez elle saine et sauve jour après jours. Et bien, je suis sûre qu’elle serait contente de savoir que je viens de verser mon vin dans ma salade plutôt que dans ma coupe…


Quelque chose dans l’air (Albert Is on Fire)
9 décembre 2007, 20:48
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: , ,

C’est drôle, quand je m’attends à passer un week-end ordinaire, les événements se bousculent. Et quand je pense qu’il y aura peut-être de l’action, c’est le calme plat. Ne pas avoir d’attentes, c’est encore la meilleure voie à suivre. Expectations are so low right now, vous avez pas idée…

J’ai donc profité de la vacuité de mon samedi après-midi pour jouer à un jeu qui s’appelle “pelletez un iceberg et découvrez une voiture“. Vraiment passionnant. Surtout quand un de mes beaux voisins s’est pointé le nez. Il était accompagné de son pick of the month… Enfin, ça doit pas être la même, il me semble qu’elle était blonde le mois passé… Pendant qu’elle se démerdait toute seule pour sortir sa voiture de son espace de stationnement (avant qu’il puisse embarquer), il lui tournait le dos pour mieux m’envoyer des sourires, probablement plus dû à l’ampleur de ma tâche qu’à autre chose… Malgré tout, la demoiselle en question a dû klaxonner pour sortir le beau jeune homme de sa rêverie et par le fait même, m’enlever ainsi le dernier espoir d’une première conversation (enfin, pour le moment…). Et maintenant, si vous saviez à quel point le dos et l’épaule droite me fait souffrir. Je me demande s’il masse bien…

Et puis aujourd’hui, y’a définitivement quelque chose dans l’air. Un de mes chats (pourtant castré depuis tout bébé) n’arrive plus à contrôler ses pulsions, depuis ce matin, ça fait quatre fois que je le surprends à essayer de s’accoupler. Deux fois avec sa mère et deux fois avec mon autre chat mâle, qui, allez savoir pourquoi, semble beaucoup moins récalcitrant… Ah les hommes, faut définitivement pas chercher à comprendre…