Les Plaisirs et les nuits


Parce que tout est dans la manière
29 février 2008, 16:07
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Tout de suite en tournant le coin, j’ai vu qu’il était là, accoudé au comptoir. Gueule d’amour. Ce qui est différent cette fois, c’est que lui aussi m’a vu. Mes yeux ont plongés dans les siens, et au même moment (hélas!), mon soulier rouge a dérapé dans la flaque d’eau, trop occupée que j’étais pour la remarquer. Vision au ralenti, alors que l’équilibre tente désespérément de se rattraper, ses yeux (oh la honte!) toujours sur moi. Lui craignant peut-être que je me fasse mal, gâchant ainsi le fou rire de la situation et moi, craignant d’étaler à sa vue ma petite culotte, puisque décidément c’était pas le bon jour pour la jupe un peu courte (bon, lui montrer ma petite culotte peut bien rester un objectif, mais comme on dit, tout est dans la manière…). Après une petite valse d’un comique certain, c’est avec toute l’élégance dont je suis capable que j’ai, pour une fois, chose rare s’il en est, réussi à garder le pied.

Dans l’éclat de rire libérateur, tant pour moi que pour lui :

Lui : Il faut que je te dises que t’as vraiment bien fait ça, dis-moi t’es championne de patinage artistique ou quoi?

Moi : Non, pas du tout, mais je pense que je mérite une médaille d’or aujourd’hui!

Essayons de voir le bon côté des choses. Ce qui compte, c’est qu’il va toujours se rappeler de moi à partir d’aujourd’hui et que j’aurai l’occasion de revoir son sourire en coin ainsi que la petite étincelle malicieuse qui brille au fond de ses yeux. Non? Non! Ok, c’est pas l’image de moi que je voudrais qu’il garde, mais maintenant que c’est fait, qu’est-ce qu’on peut faire, à part se dire qu’au moins, j’ai pas gâché la première fois où il a vu ma petite culotte…


Pensée du jour [Louise, je t'aime]
28 février 2008, 23:15
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Être artiste est une garantie pour vos congénères que les dommages de la vie ne feront pas de vous un meurtrier.”

— Louise Bourgeois

Untitled. With Foot, 1989
[Do you love me? Do you love me?]



Le Bisou
27 février 2008, 22:40
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J’me souviens de cette journée là comme si c’était hier. J’avais 5 ans ½. C’est pas tous les jours qu’on porte une robe de princesse comme ça. Je pense que je me prenais un peu pour Cendrillon, mon conte de fée préféré (HA! Ça doit venir de là, les souliers!). C’était mon deuxième contrat de bouquetière, je l’avais aussi fait quelques mois avant, pour le mariage d’une tante. J’ai toujours pensé que le bleu m’allait mieux que le rose pâle.

Mais là, le truc différent, c’est qu’on m’avait attribué un petit copain. C’est lui sur la photo. Je ne le connaissais pas, je pense qu’il était de la famille du marié. J’ai oublié son nom, mais je me souviens qu’il avait 4 ans ½. Avant la cérémonie, le photographe amateur (je sais, j’avais pas besoin de préciser) attitré nous a fait prendre quelques poses ensemble, dont celle là. Puis, dans un éclair de génie, il nous a demandé de faire semblant de se donner un petit bisou, parce que ça ferait une belle photo. Ayant le sens du théâtre et du jeu depuis le berceau, toute dévouée à la cause (car franchement non, n’y voyez pas autre chose!), je me retourne vers mon partenaire, prête à procéder. Et là, l’horreur. Blondinet pleure. Il veut pas. On a beau essayer de le convaincre, rien à faire. Totalement insultée, je me souviens lui avoir dit : “t’es donc ben bébé!” Et je l’ai complètement snobé le reste de la journée.

Pour la réception (et parce que non, je ne pouvais pas garder la robe de princesse), ma mère m’avait acheté une jolie robe rouge. Avec mes cousins, on a couru partout et fait les 400 coups pendant toute la soirée. Blondinet s’est joint au groupe, mais j’ai continué de l’ignorer. Avant la fin de la soirée, il avait changé d’avis sur les bisous, mais pour moi, c’était trop tard, je n’ai jamais été du genre à pardonner les affronts.

Je ne sais pas s’il y a un lien, mais je n’ai, finalement, jamais embrassé un blond…



Petit plaisir nocturne
26 février 2008, 23:26
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Elle dort, me tournant le dos. Les stratagèmes habituels, les changements de positions répétés n’ont pas réussi à m’apporter le sommeil, si bien que je décide de me couler contre les doux zigzags de son corps. Tandis que je me déplace et commence à glisser mon tibia contre un mollet aux muscles détendus par le sommeil, elle sent ce que je suis en train de faire et, sans se réveiller, lève la main gauche afin d’enlever les cheveux de son épaule pour les mettre sur le sommet de son crâne, dégageant ainsi un espace nu où je peux me nicher. Chaque fois qu’elle le fait, je sens un frisson d’amour me parcourir à cause de la parfaite précision de cette politesse nocturne. Des larmes me montent aux yeux et je dois faire un effort pour m’empêcher de la réveiller afin de lui redire mon amour. A ces moments-là, sans le savoir, elle actionne quelque levier secret relié aux sentiments que j’ai pour elle. Elle ne le sait pas, évidemment : je ne lui ai jamais parlé de ce petit plaisir aux contours merveilleusement précis qui enchante mes nuits.

Julian Barnes, Une histoire du monde en 10 chapitres 1/2.

***

Ok, est-ce possible d’être plus cute que ça?


L’Alchimiste
25 février 2008, 19:51
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Une question toute simple, tracée à la mine de plomb sur la ligne du temps, quelque part entre 5h17 et 5h42 pm.
Am I limited to who I am?
La seule limite, c’est la surface de l’autre.

***

Peut-être un jour il y en aura un pour saisir l’absolu.
Ou peut-être pas.
L’envers des apparences enfin révélé à l’œil de l’alchimiste.
Transmutation des corps.
En attendant, je suis bien désolée de devoir vous dire, Messieurs, que vous manquez cruellement d’imagination.



Bonding experience
24 février 2008, 14:13
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suite de ce texte là

Finalement, on a décidé de ne pas attendre les séries. C’est hier soir qu’a eu lieu mon baptême de hockey.  Ça tombait mal hein? Quand j’vous dis que j’suis pas une fille chanceuse. Sauf peut-être pour les billets.  Super bien placés, section 112 vis-à-vis la ligne bleue, du côté du but du CH en 1ere et en 3e, alors c’est dire si j’avais une belle vue à chaque fois qu’ils se sont fait scorés. Y’avait pas tellement d’ambiance dans la place, sauf quand on tournait la tête tout en haut, dans le fin fond du poulailler, au dessus du but. La gang qui avait les billets les plus poches était sur le gros party, j’pense qu’ils regardaient pas la même game que nous (et puis qu’eux autres, ils leur restait du cash pour la bière).

À défaut de vivre la bonding expérience avec la foule lors d’une victoire (ou même d’un simple but compté par la bonne équipe), j’ai pu observer celles des fanatiques entre eux. Mon père, cet homme d’un naturel timide et réservé qui sous l’influence de sa grande passion pour ce sport, se transforme en un être capable de lier des conversations avec des inconnus portant le chandail du CH dans le métro, alors qu’on se dirige vers le Centre Bell. Puis, pendant le match, jetant ici et là ses commentaires de connaisseur éclairé, alors que les autres se retournent vers lui et approuvent d’un signe de tête. Plus tard liant conversation avec son autre voisin de siège, au sujet de Smolinski, joueur le plus inutile de l’équipe. Un gars payé pas cher de la ligue américaine aurait pu faire la même job (enfin, paraît).

Au retour, métro Lucien L’Allier, un charmant jeune homme entame la discussion avec… mon père! Cette fois-ci c’est Price qui a perdu sa confiance du début de saison, suivi de diverses spéculations sur un possible échange d’ici mardi. “Toi, est-ce que tu serais prêt à laisser aller Higgins pour aller chercher [insérer ce joueur d’Anaheim dont j’ai oublié le nom] ?” J’y connais rien, mais ma réponse concernant Higgins, c’est non. Bon je pense que si j’avais pas fait signe à mon père qu’il fallait descendre à Rosemont, ces deux là auraient pu se ramasser à Laval. De mon côté, pas le choix, si je veux les voir gagner, faudra y retourner…



El hombre lobo
21 février 2008, 22:43
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Toujours agréable de se faire suivre la nuit, sur 4 km de distance par un psychotique qui hurle à plein poumons des insultes en espagnol. Ça doit être la pleine lune.


J’te regardais comme ça…
20 février 2008, 19:14
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J’te regardais comme ça, pis finalement, j’me disais que tu m’faisais un peu honte. Et là, j’me suis dit qu’heureusement, quand on sort ensemble de ce temps là, il fait pas mal noir dehors. Mais rassures-toi, je te renie pas, t’es pas mal le compagnon le plus fiable que j’ai de ce temps là. Même que j’ai décidé que je te sortirais plus souvent. D’abord parce que ça te ferait perdre du poids, et ensuite, parce qu’une fois aux trois semaines, ça donne une bien drôle de perspective aux (très) charmants voisins…


La Pathétique
19 février 2008, 13:39
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Pourtant, c’est pas si compliqué.
Juste à envoyer un petit courriel.

Salut,
J’étais contente de te revoir
Si ça te tente on pourrait aller prendre un verre…
V.

Et là, y’a les mille et une raisons qui font que je le ferai pas.

L’orgueilleuse : J’vais quand même pas courir après…

L’indécise : Rien qui presse, sauvegarde le brouillon, tu l’enverras demain, ou après demain, ou au retour de la fin de semaine… (ou y commence à être tard…)

La passionnée : Pourquoi tu t’énerves, oublie ça, j’ai même pas vu les papillons… (avec celle là, c’est tout ou rien).

La rationnelle : Et qu’est-ce que tu fouterais avec un scientifique? (celle là, faut parfois lui faire un dessin).

La réaliste : De toute façon, avec lui ça serait compliqué.

La pessimiste : Trying is the first step to failure” (dixit Homer S.)

L’indépendante : S’il t’as pas déjà contacté c’est que ça l’intéresse pas plus que ça, move on girl!

La pragmatique : Si tu l’as pas déjà contacté c’est qu’il ne t’intéresse pas tant que ça, move on girl!

L’insécure : C’est sûr que tu l’intéresses pas du tout, même s’il t’as déshabillé des yeux toute la soirée… (insécure, mais pas aveugle… j’vous avais dit, orgueilleuse???)

…and so on and sofort…


World in my eyes
18 février 2008, 18:24
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On m’a dilaté les pupilles. Des années que j’avais oublié la drôle de tête que ça fait (non, je m’ennuie pas). J’ai eu une face de zombie toute la journée. Et le plus drôle c’est que ça revient pas synchro. Comme dans la comptine, “p’tit oeil, gros oeil“. Freak.



Une époque formidable
17 février 2008, 14:11
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On dit que les yeux clairs sont généralement plus faibles et plus sensibles que les yeux foncés. Dans la famille, tant du côté maternel que paternel, il faut remonter à la 4e ou 5e génération en ligne directe (et encore là, on sait pas trop, parce qu’il n’y a plus personne de vivant parmi ceux qui auraient pu confirmer l’information de première main) avant de trouver quelqu’un qui n’avait pas les yeux bleus ou verts, ou peut-être comme moi, quelque part entre les deux.

Tous myopes. Du premier au dernier. Alors c’est dire si on est payant pour les optométristes et les ophtalmologistes. Je ne sais pas d’ailleurs pourquoi personne n’a pensé à en faire le métier. On aurait pu se partir une coopérative. Et évidemment, chanceuse que je suis, parmi tout le groupe avec le même bagage génétique, je suis celle qui se tire avec le gros lot. C’est un handicap invisible pour ceux qui ne savent pas que je porte des verres de contacts. Mais il n’en reste pas moins que je ne peux absolument rien faire sans. C’est même difficile de m’orienter chez moi, entre le lit et la salle de bain. Ma vue a une portée de 20 cm.

J’ai probablement jamais bien vu de ma vie. Je pense qu’un ophtalmo avait prévenu mes parents quand j’avais 3 ans. Myope, j’ai eu ma première paire de lunettes 5 ans plus tard. Ça a rapidement mis fin à ma carrière de championne au ballon chasseur. À 12 ans, j’avais mes premiers verres de contact. Cette fois, c’est ma carrière de nageuse olympique qui a pris le bord (mais quand j’ai vu les championnes est-allemandes quelques années plus tard, j’étais pas trop déçue). Je pense que c’est à peu près au même moment que je me suis tournée vers les arts visuels. Ouais, y’a pas que ma vie amoureuse qui peut se résumer par le mot adversité.

J’ai eu un choc en lisant les mémoires de Casanova. Lorsqu’il rencontre à Paris une aventurière devenue riche qui le méprise, issue comme lui d’un milieu de comédiens vénitiens, pour l’humilier, il lui demande des nouvelles de sa sœur, qui a la vue tellement courte qu’elle est condamnée à mendier dans les rues. Triste destin qui aurait pu être le mien. Et c’est là que je me dis qu’on vit quand même à une belle époque.

Tellement que demain, lundi, j’ai rendez-vous avec un chirurgien qui sera en mesure de déterminer si mon cas est opérable. Je mentirais si je disais que l’opération ne me terrorise pas. Mais l’idée d’ouvrir les yeux chaque matin et de voir, l’idée d’être débarrassée de cette faiblesse a fait son chemin…



Cinéma pour cyniques romantiques
15 février 2008, 00:01
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Sur la séduction des mots :

Dis-toi bien que quand un homme fait des compliments à une femme, c’est uniquement parce qu’il bande et qu’il veut coucher avec elle.

Sur les bouquets de fleurs :

Les femmes sont beaucoup plus pragmatiques que [les hommes]. Elles savent que l’amour n’existe pas, que seules les preuves d’amour existent. C’est pourquoi elles accordent tant d’importance à ces petites attentions que les hommes prodiguent trop rarement et dont ils ne profitent pas assez, étrangers qu’ils sont à toute psychologie.

Sur les premières impressions :

Quand on regarde quelqu’un, on n’en voit que la moitié.

Tiré de ce film



Sweetheart [mon chat est plus cool que le tiens]
14 février 2008, 20:29
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La photo est pas terrible, je sais. J’ai même dû employer une tactique déloyale pour pouvoir la prendre en photo, parce que Bella (c’est son nom) est le genre de chat qui pense qu’on veut lui faire une caresse quand on sort l’appareil photo. C’est ben cute, mais c’est pas winner en photo. J’aurais peut-être dû faire un vidéo, mais les piles sont sur le bord de lâcher. Bon, tout ça pour vous montrer que j’ai le chat qui a la tache la plus cool du monde sur son flanc gauche. Vous pensez que j’en aurais un bon prix sur e-bay? Nah, je blague…


Comme un coléoptère emprisonné dans la boîte à bijoux
14 février 2008, 12:17
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C’est l’amour, dit-il brusquement. Rien d’autre”. […] “Ce n’est, bon Dieu, que l’appel du xestobium rufovillosum, ma fille. C’est aussi simple que cela. Si tu mets un de ces petit trucs dans une boîte et que tu tapotes sur la table avec un crayon, il se conduira exactement de la même manière. Il pensera que tu es une de ses femelles et cognera sa tête contre la boîte pour essayer de te retrouver.”
— Julian Barnes, Une histoire du monde en 10 chapitre 1/2


La belle histoire
14 février 2008, 12:16
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Une jolie histoire ici



Nuit d’insomnie
13 février 2008, 02:49
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C’est tellement frustrant, de sentir la fatigue dans le corps. Les paupières lourdes, l’engourdissement, la lourdeur des membres.  Le poids du corps qui s’enfonce contre les oreillers et le matelas, puis la poussée de stress redoutée. Tellement fatiguée que le sommeil n’arrive pas.   Sensation bizarre du corps qui semblait sur le point de tomber au creux du lit et qui maintenant, donne l’impression de flotter légèrement à la surface, effleurant à peine les draps.



Horoscope du jour
11 février 2008, 10:24
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Parce que la coincidence du choix des mots m’a fait sourire (voir le billet d’hier).

Vous faites face à un mur de pierres mais vous pouvez surpasser l’obstacle. Marchez la tête haute malgré les remous intérieurs qui vous agacent. Un coup neutralisé, vous verrez le soleil briller devant vous. Mot clé : espoir. Éros rode autour de vous par les temps qui courent. C’est probablement dans l’alcôve que se terminera cette journée remplie d’excitation.”

Mais moi, je pense qu’Éros, il est plutôt marabout le lundi matin.



Le Ressort cassé
10 février 2008, 20:30
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J’ai la tête ailleurs. Comment j’ai pu passer 3 heures au même endroit que M. Green Eyes sans même le voir? Je ne sais pas. Un autre homme aussi était là. D’habitude, celui là je l’aurais repéré à 10 km. L’instinct fait défaut. Pas vu. Je me souviens seulement que les hommes étaient nombreux, et beaux, mais je ne me souviens d’aucun visage (et j’étais sobre, du moins à cette heure là!). Même le magnifique serveur du resto japonais m’a laissée de glace, c’est dire. Je dois avoir un ressort de cassé.

Peut-être que je commence à trop penser à une seule et même unique personne. Et ça c’est vraiment pas une bonne nouvelle. Toujours cette tendance malsaine à courir vers l’échec assuré. Désir absurde de transformer l’indifférence. C’est pas parce qu’on voit le mur qu’on peut s’empêcher de foncer dedans. Tellement stupide. Je suis trop prévisible, ça m’ennuie.

En attendant, je peux juste me demander d’où viendra la prochaine distraction, parce qu’il finira bien par y en avoir une, ça peut pas faire autrement (ben quoi, un ressort cassé, ça se répare sans trop de mal, je vous ai déjà dit que j’étais pas romantique). Peut-être qu’il se passera quelque chose suite à ces quelques regards échangés dernièrement, parce que j’ai tout de suite su ce qu’il voulait dire. C’était pas la première fois. Mais s’il le veut vraiment, qu’il vienne le chercher. Il est assez vieux, maintenant. Ou peut-être qu’il ne se passera rien avec celui là. C’est vrai que ça arrive presque toujours du côté où on l’attend pas. Ah, et en passant, je m’attends pas à avoir des nouvelles de la côte ouest, même si he liked the dresses and he liked the girl. Y’a de ces distractions qui n’ont même pas le temps de distraire.

Et puis la lassitude, de plus en plus grande, de tous ces échecs qu’on connaît d’avance. La distraction ne distrait jamais vraiment longtemps et l’indifférence ne se métamorphose pas. Et je fini toujours par oublier si l’indifférence est la mienne ou la sienne. La plupart du temps, y’a un peu des deux.



Clueless girl of the world
7 février 2008, 18:56
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Monday:

I really looooove your dress… It’s beautiful, love it!

Thursday:

I must say you always have the most beautiful dresses!


Ok, this guy really have a thing for dresses…

Now is he hitting on me? Or is he gay?

That is the question…



Orange is the new pink
7 février 2008, 12:14
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J’ai renoncé à la marche du matin. Trop froid. Ça m’a permis de tomber en amour, une fois de plus, dans le métro. Beau grand brun. Une petite mini cicatrice près de l’œil gauche, détail charmant. Du vécu (même du haut de ses 26-27 ans).

Il est seul. Mais il est amoureux, ça crève les yeux… presque autant que sa tuque et surtout, son foulard, tricot maison. Orange vif fluorescent (je suis sûre que ça brillerait dans le noir, ce truc). Et on imagine les heures et les heures encore que la fille a passé à tricoter un foulard pour son chum. Preuve d’amour? Pfffft. La seule preuve d’amour là dedans, c’est lui qui la donne… puisqu’il le porte.