Les Plaisirs et les nuits


La Spirale
31 juillet 2008, 00:12
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Il n’y avait que des pierres, à perte de vue. Je les ai prises, une à une, pour construire un chemin dans ce paysage intérieur impraticable, impitoyable de mes pensées. À chacune, j’ai murmuré un nom, un désir, une vulnérabilité, un accomplissement, une chimère, un plaisir, une fierté, une blessure, une douceur, une attente, une passion, un oubli, un savoir, un émoi, une peur, un rêve, un aveuglement, une complicité, un attachement. Ces pensées, je les ai alignées comme des pierres assez lourdes pour m’ancrer au sol, mais me laissant toujours maître de marcher sur l’eau. La spirale est une tentative de contrôler le chaos.


Vol de nuit [pour un baiser]
29 juillet 2008, 21:36
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***Désolée, c’est plutôt long comme billet. J’avais pensé l’écrire en deux épisodes et puis finalement, je me suis dit que si ça vous embête, vous n’avez qu’à prendre 2 jours pour le lire :P

C’était l’été de mes 15 ans. Par une très chaude journée de la fin juillet, on a déserté la petite ville de banlieue sans histoires en prenant le bus pour notre annuelle journée (une tradition incontournable entre 13 et 17 ans) à La Ronde. On était un quatuor plutôt intéressant en contraste. Il y avait C la blonde aux yeux bleus qui ressemblait à une poupée, G la grande brune sportive, M la rousse extravertie et moi, V la noire au tempérament d’artiste. Différentes, complémentaires, inséparables.

Puis, on les a remarqués. Ça devait faire un bon moment qu’ils nous suivaient, de manège en manèges, sans trop de subtilité. Le soir tombait déjà, ne restait plus que deux heures avant la fermeture du site. C’est dans la file du Disco Ronde qu’ils sont enfin passés à l’attaque. Celui qui semblait le leader du groupe, plutôt blond, du genre grande gueule charismatique légèrement bad ass et derrière lequel les autres s’effaçaient, a commencé à nous parler, avec deux trois phrases pour nous faire rire. Il a vite proposé que chacune d’entre nous monte à bord avec l’un d’eux, jetant lui-même son dévolu sur C, la jolie blonde, évidement.

Je n’ai pas eu vraiment le temps de montrer ma déception qu’une voix me glissait timidement à l’oreille : “Je peux monter avec toi?” C’est là que je l’ai vu. Je ne vous dirai pas s’il s’agissait d’un beau grand brun aux yeux verts, puisque j’aurais décidément l’air d’en faire une obsession (ce qui est loin d’être le cas!). Je me souviens d’avoir entendu un autre protester : “Criss t’as donc ben faite ça vite, t’avais peur que je lui demande avant, salaud?” Il avait souri en me disant : “Ne l’écoute pas, c’est un con.” Il avait 16 ans, il habitait Pointe-aux-Trembles, il trippait autant que moi sur l’album Violator de Depeche Mode qui venait de sortir, fallait voir ça comme un signe du destin.

Pendant le reste de l’été, à toutes les semaines, il faisait le long trajet pour venir me voir et régulièrement, je faisais aussi le trajet inverse. Il fumait des Export A (le paquet bleu) et il disait qu’il avait décidé de ne pas retourner à l’école en septembre. Malgré ses charmantes manières de garçon bien élevé, ma mère l’a tout de suite détesté. Je crois qu’il n’en fallait pas plus pour me faire succomber…

Je vous dis pas les factures d’interurbain que mes parents ont reçu (et m’ont gentiment refilé) cet été là. Ouais, je suis vieille, c’était avant internet et msn. Un soir donc, vers la fin de l’été, à quelques jours de la rentrée des classes, il m’a appelé pour me dire qu’il avait envie de me voir et qu’avec son copain (le blond bad ass qui voulait en profiter pour revoir G, parce que oui, il s’était déjà lassé de la blonde), il prendrait la route pour venir me voir, là, maintenant. Il était déjà très tard lorsqu’il est arrivé, et j’ai toujours trouvé qu’avoir ma chambre au sous-sol était infiniment pratique pour contourner le couvre-feu en sortant par la fenêtre.

Il semblait plutôt nerveux et il disait qu’il ne pouvait pas rester longtemps. Dans le petit parc, on s’est embrassé pendant une bonne demi-heure puis, il m’a raccompagné chez moi. Au moment de repartir, ça a été la catastrophe. La voiture est tombée en panne. La police municipale s’est pointée, et comble de malheur, le chat est sorti du sac : l’automobile, qui appartenait au beau-père du blond, avait en fait été “empruntée” en douce pendant son quart de travail de nuit. Elle venait tout juste d’être déclarée volée…

La romance s’est terminée à peine une semaine plus tard (au grand soulagement de ma mère), alors que le père de mon grand brun avait posé un ultimatum à son fils, qui décidément ne faisait plus que des bêtises (comme voler une voiture pour aller embrasser une fille) depuis qu’il était revenu de La Ronde très tard un soir, fébrile, ne pouvant s’empêcher de réveiller sa mère pour lui confier qu’il venait de tomber en amour.


Beauté naturelle
28 juillet 2008, 22:22
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Je n’ai jamais pensé que je pouvais être le genre de fille qu’on qualifie de beauté naturelle. Tsé celle qu’on trouve belle même quand elle est vêtue d’un vieux sweat pants le plus souvent oversized, les cheveux simplement attachés en queue de cheval, pas maquillée, mais qui persiste à être simplement radieuse. Bon, j’avoue qu’elles ne sont pas si nombreuses que ça, mais elles existent ces filles là.

Moi, je me suis toujours sentie plus à mon avantage dans une petite robe d’été, les cheveux bien coiffés, et légèrement maquillée. Comme un minimum requis pour me sentir en confiance. Et puis, dernièrement, je me suis surprise à croiser mon reflet dans le miroir, juste au moment où je quitte le vestiaire du gym. Une image qui m’étonne à chaque fois. L’œil me semble encore plus vif qu’à l’habitude, la joue encore un peu rose, le corps entièrement détendu, la satisfaction devant l’effort donné est inscrite dans mon sourire. Ça ne dure qu’un instant, fugace, mais c’est bien présent. Ok, je ne porte toujours pas un vieux truc oversized, mais là, pendant ces quelques secondes, malgré les cheveux attachés et l’absence totale de maquillage, oui, je me trouve quand même belle. Même peut-être plus que d’habitude.

Mais sans trop comprendre pourquoi, je trouvais qu’il y avait quelque chose d’intimidant dans ce reflet. Presque indécent. Puis, j’ai réalisé que c’est probablement le même air radieux que j’ai, juste après l’amour.



Miroir, miroir…
27 juillet 2008, 10:47
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I have a total confidence in what I am doing because I have none in what I am. My feminity is eaten up by the rats.”

Qu’on le veuille ou non, c’est un fait établi en psychologie qu’on ne peut se définir qu’à partir du regard de l’autre. Notre perception de nous même, négative ou positive, ne peut que se construire et se mesurer à la lumière de notre rapport à l’autre, un peu comme nous avons besoin d’un miroir pour connaître les traits de notre visage. Sans les autres, tout concept identitaire fout le camp.

L’idée, donc, c’est de savoir choisir les miroirs qui nous entourent. Et je réalise que mes talents restent limités quand vient le temps de choisir les miroirs amoureux. J’en ai flushé un définitivement la nuit dernière. Je devrais être fière de moi, mais le cœur n’y est pas.



De la nécessité de l'arrogance
26 juillet 2008, 11:39
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Sam Taylor-Wood, Fuck, Suck, Spank, Wank, 1997

Devant son regard dévorant, sans traces aucune de sentiments, je n’ai eu d’autre choix que de me revêtir d’arrogance. Impossible pour lui de lire mes yeux cachés derrière ces lunettes qui lui renvoient son image, son désir, me laissant maître du mien. Écrit en grosses lettres sur mon corps, une invitation sans possible équivoque, que je lui lance au visage, sans pudeur. On se sent toujours un peu pute lorsqu’on baisse soi-même son pantalon, mais c’est encore la meilleure façon de les faire tomber à genoux.



Les Souris dansent
24 juillet 2008, 00:26
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C’est les vacances au boulot, enfin, façon de parler puisque c’est plutôt les patrons qui sont en vacances. C’est donc tranquille et dans nos bureaux sans fenêtres, honnêtement, on s’emmerde quand même un peu là, ça manque d’action. Alors qu’est-ce qu’on fait? Eh bien on s’est trouvé une soundtrack super classy, on chante à tue-tête et d’ici la fin de la semaine (c’est à dire jeudi soir pour moi), je vous parie qu’on a une chorégraphie…
Enjoy!


Lanaudière
23 juillet 2008, 11:04
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Lundi dernier, j’ai franchi une frontière psychologique. J’ai pris le chemin de la rive-nord. En digne fille de quelque part pas trop loin sur la rive-sud, je pense que je n’avais même jamais conduit la voiture au nord de Jean-Talon. Je me suis retrouvée dans une petite maison bleue, tout en haut, là où les oreilles se bouchent, au sommet d’une montagne qui surplombe un lac, dans la forêt, en compagnie d’une amie, d’alcool et de vin, d’une multitude d’oiseaux chanteurs, des cigales, des maringouins et des mouches à chevreuils qui à mon grand désespoir, m’aiment bien. Cette idée aussi, d’hydrater ma peau avec une crème qui sent un peu la vanille… On a failli aller se baigner dans le lac, de l’autre bord du quai “parce que de ce côté là y’a presque jamais de sangsues“, mais j’avais comme “oublié” mon maillot, mais pas encore assez bu pour oublier les convenances (ou les sangsues).

Une journée comme un baume, dans un ciel chargé d’orage qui s’est éclairci après à peine quelques gouttes malgré le tonnerre qui gronde. Une journée où on m’a dit les mots que j’avais besoin d’entendre. Une journée pleine de poésie, jusque sur les pancartes vertes de la 25 nord annonçant le rang du ruisseau des anges, ou encore, dans la visite nostalgique d’une plage, en face de l’ancien couvent, avec à côté, la vieille baraque où l’adolescente avait fumé son premier joint en compagnie d’un gars surnommé Ti-beu.



De l'intangibilité [et autres caresses virtuelles]
21 juillet 2008, 08:03
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Cindy Sherman, Untitled no. 305, 1994

Dans la foule hétéroclite, entre les jongleurs, les cracheurs de flammes et les dompteurs de tigres, je l’ai tout de suite reconnu. Nous portions le même masque, lisse et sans aspérités, qui contient les mille et un fragments des nuits brisées. Nos frissons, nos soupirs et nos fleurs de peau sont emmurés si profondément que nos doux effleurements, à peine perceptibles, ne sauraient rien troubler. Seules les mains les plus voraces et les bouches les plus cruelles pourront nous délivrer de la plus douloureuse des tortures que nous nous sommes infligés, la privation des sensations.



Une question en passant
20 juillet 2008, 12:33
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Est-ce que c’est “normal” qu’un vétérinaire appelle pour prendre des nouvelles d’un chat???
(Est-ce que je vous ai déjà dit que j’ai zéro objectivité devant un gars trop cute?)



Je suis parano
18 juillet 2008, 14:45
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Quand j’ai écrit ce billet là, je n’avais vraiment aucune idée des conséquences. À la suite de ce texte, mon lectorat s’est considérablement agrandit. Jour après jour vous apparaissez ici, nombreux, à la recherche de “filles nues dans les cabines d’essayages“. Sincèrement désolée de la méprise.Mais ça m’intrigue quand même. Faut dire que je me base sur mon expérience personnelle, mais dans une cabine d’essayage, au mieux vous verrez très brièvement mes sous-vêtements et encore là, faudrait que la caméra soit vraiment placée dans un angle judicieux et que vous puissiez être extrêmement alerte et rapide sur la touche “pause” pour apercevoir, peut-être, si vous avez beaucoup de chance, le début du commencement de quelque chose de plus compromettant qu’un décolleté ordinaire. Ok, je peux comprendre l’aspect voyeur de la chose, l’attrait de voir sans être vu, mais franchement, si vous arrivez à voir plus que ce que je viens de décrire, c’est que tout ça doit être de la mise en scène… forcément, non?

Bon, finalement, je voulais seulement vous dire que depuis que j’ai constaté la très grande demande qu’il semble y avoir pour ce type d’images clandestines, j’ai toujours le réflexe vaguement parano d’inspecter soigneusement murs et plafond des cabines d’essayages avant de me mettre complètement nue pour m’admirer sous toutes les coutures devant le miroir.



Le Piège
16 juillet 2008, 15:34
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J’ai descendu les marches, lentement, l’une après l’autre, en prenant bien soin de faire claquer les talons pour qu’il puisse m’entendre. Je me suis assise dans le dernier rayon de cette lumière rosée, pour qu’il soit captivé par ma peau opalescente. J’ai façonné sur mon visage cette petite moue enfantine. Et j’ai attendu. Le loup est arrivé par le sentier le plus obscur de ma tête. Au moment où j’ai laissé ses dents briser mon corps (mon leurre) désarticulé, alors qu’il croyait tenir mes os entre ses griffes, j’ai volé son âme.


Sous influence
15 juillet 2008, 22:42
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Hier, j’ai encore passé une partie de la journée avec mon charmant vétérinaire. Entre deux examens et en attendant les résultats, j’ai pu me divertir à souhait seulement en observant les autres clients et en jetant un regard complice au réceptionniste qui semblait se distraire du spectacle avec autant de plaisir que moi.

Mon attention s’est surtout portée sur les propriétaires de chats, en majorité ce jour là. Une clientèle assurément féminine. Une mémé un peu sourde qui faisait définitivement tourner l’univers autour de sa petite chatte nerveuse et caractérielle. Une fille moche et franchement désagréable qui monologuait sans arrêt avec son chaton en s’attribuant le nom de “maman“. Une fille au corps et au visage parfait, peu vêtue, qui donnait une affection démesurée à son chat, en le caressant et l’embrassant sans arrêt d’une manière qu’elle voulait sans doute aguichante. Le vet est resté insensible. Alors finalement, c’était pas si difficile d’avoir l’air à peu près équilibrée. C’est peut-être ça qui impressionne le vet…

Pour ce qui est du chat, il prend du mieux. Nous sommes dans la dernière phase de la médication pour guérir l’inflammation de la vessie. En fait, en ce moment, il est carrément stone. Valium. Il perd l’équilibre quand il marche, il est tout mou, il hallucine et il mange comme un défoncé. Typique. Son petit côté dépendant affectif est également exacerbé (si la chose est possible). Il ne souhaite être qu’à trois endroits, sur mes talons, dans mes bras ou (comme maintenant) sur mes cuisses. Il me fait penser à un chum un peu trop soul qui veut juste se coller tout le temps.



L’Abandon de la chrysalide
14 juillet 2008, 12:05
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Hier, ça faisait un an jour pour jour que je suis installée à Montréal. C’est drôle comme la notion du temps est étrange parfois. Avec l’impression de passer à la fois trop vite et trop lentement. Des étapes cruciales ont été franchies depuis que je suis installée ici, mais rien ne s’est passé comme je l’imaginais. Ce qui ne veut pas dire que c’est mal non plus, c’est seulement différent. Ce n’est pas la route que j’avais pensé prendre, mais plus je regarde le paysage, plus je me dis que c’est pas forcément désagréable non plus. J’ai réalisé pas mal de choses importantes dans les dernières semaines, si ce n’est dans les derniers jours, et il y a des changements majeurs au programme pour la prochaine année. Je dirais même que je commence à être plutôt douée pour opérer les changements. Comme dirait l’autre, just watch me.

À défaut de vous avoir invité à pendre la crémaillère l’an dernier, je partage ici ce qui est devenu, pour la période estivale, la 5e pièce de mon 41/2. Voici donc de quoi ça avait l’air avant et ce que j’en ai fait.

Marjorie Hillis serait fière de moi.



Ubiquité
12 juillet 2008, 11:14
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Manuel Alvarez Bravo, Fallen Sheet, vers 1940.

Depuis cette nuit là, tu ne m’as plus quitté. Je ne sais pas comment c’est arrivé, je ne me souviens que de l’orage qui grondait dehors et de moi qui tremblais en dedans. Nos corps combattants dans ce lit. Je te porte en moi jusqu’à m’en rendre fou, je te vois partout où tu n’es plus. Dans cette chambre, je te respire encore et je n’ai qu’à lancer les draps pour y retrouver la forme de ton corps endormi.



Six different sides to every lie [not one of you is the same]

Ce n’est pas ton mensonge qui me bouleverse, mais de ne plus te croire
— F. Nietzsche

J’essaie d’écrire un billet depuis quelques jours, mais j’y arrive pas. J’ai trouvé le titre, je sais exactement les idées que je souhaite exprimer mais la page reste blanche. C’est comme si je ne faisais pas confiance aux mots. Mais les mots ont rien à voir parce que même (surtout) ceux qui sortent de sa bouche, ne veulent plus rien dire. Mais c’est pas comme si c’était une surprise, avec le temps, on sait bien que les mots qui tentent d’être plus que des sons ne sont que mensonges. De sa bouche, je ne croirai plus que les gémissements.

Alors en attendant, je vais vous parler de ma journée qui a mal commencé, parce que j’ai brûlé à la fois mes toasts et mon chocolat chaud. Comment on peut brûler un chocolat chaud??? Ça serait long à vous expliquer, mais quand le lait chaud a plus l’apparence d’une lave volcanique, il passe directement de la tasse à l’évier. Puis ce midi, j’ai posé un lapin. En fait, j’en ai posé deux, mais ça aussi ça serait long à expliquer. Je sais, c’est mal. J’avais juste pas la force de faire autrement. Un besoin de faire le vide, impossible à combler. Pour finir, une fois la nuit tombée, j’ai ajouté un nouveau mot à mon riche vocabulaire. Sybian.

Bon. Qu’est-ce qu’on disait déjà? Gémissements. Je ne sais pas pourquoi j’ai une telle fascination pour ses mensonges qui sont même plutôt maladroits quand on y pense un peu. Et moi j’y pense beaucoup. Comme si j’avais le besoin irrépressible de comprendre qui il est. Quelle est sa motivation. De voir jusqu’où cela ira. Combien de temps il pourra tenir. Que sera la prochaine invention. Je sais que ce n’est qu’une trappe, mais je ne peux pas m’empêcher de mettre la main dedans. Et je me demande, à travers tout ça, combien de temps on peut se nourrir de l’inassouvissement.



Après la pluie [on butine]
9 juillet 2008, 12:35
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Puis, la mémoire revient doucement… [Le détail, II]
7 juillet 2008, 14:25
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Il me regardait, depuis un petit moment, avec ce sourire en coin que je connaissais par cœur.

-Quoi?

-Rien…

Puis je l’ai surpris encore, quelques instants plus tard

-Qu’est ce qu’il y a?

-Rien je te dis… [sourire encore]

-Je suis sale dans le front c’est ça?

-Nonon, c’est rien [d’un ton pas très convaincant]

En m’approchant de lui, j’ai planté mes yeux, par en dessous, dans les siens, jusqu’à ce qu’il en rougisse un peu

-Allez, dis-moi ce qu’il y a…

-Ben, c’est que… Je regardais ta tempe ici [il touche], tu vois, juste là, ta peau est plus mince et on voit toujours ta petite veine bleue… Je… je trouve ça cute.

*****

Maintenant, je me dis que peut-être, peut-être oui, à cette seconde là, il m’a aimé, un peu.



Le Détail
3 juillet 2008, 16:30
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À quoi est-ce qu’on se rend compte qu’on est amoureux?

J’ai entendu la question, mais si on me l’avait posé, j’ai l’impression que je n’aurais pas su quoi répondre. Si je voulais répondre honnêtement bien entendu. Faut pas m’en vouloir, c’est juste que ça fait trop longtemps, j’imagine. J’ai entendu les réponses communes, à droite et à gauche : les papillons au ventre, le coeur qui débat, les mains moites (beurk!). J’aurais sans doute répondu la même chose. C’est convenu, crédible et ça ne demande pas trop de réflexion. Mais je ne suis pas dupe. Le désir provoque aussi cet affolement des sens. Et ça fait quelques années maintenant que je sais bien faire la différence entre l’amour et le désir. Deux mondes dont l’un est définitivement plus rare et plus difficilement accessible que l’autre.

Parmi toutes les réponses entendues, plus banales les unes que les autres, il y en a une qui m’a plu. Même si elle ne m’a pas du tout convaincue. “On se rend compte qu’on est amoureux lorsque l’on remarque chez l’autre, un tout petit détail, à priori insignifiant, qui nous bouleverse“.

*****
[Aparté]
Je l’ai revu. Mes yeux, qui ont pourtant bien du mal à se détacher des siens ont glissés à droite, sur son cou. Il y avait cette marque, rouge, à peu près de la taille d’une pièce de 1$. Non (qu’est-ce que vous allez imaginer!), ce n’était pas une marque laissée par la bouche de sa femme, mais plutôt par le stéthoscope, qui pend à son cou. Oui, j’ai été émue et j’ai eu l’envie folle de poser mes lèvres juste là… (non, pas juste là, finalement).
Il veut me revoir, sur une base régulière. Ce soir, demain soir aussi et à plusieurs reprises pour les prochaines semaines. Restons calme, puisque ce n’est (pour l’instant) que la vessie de mon chat qu’il souhaite palper le plus souvent possible. Enfin c’est ce que sa bouche a dit, mais je ne suis quand même pas dupe : ses yeux, disent autre chose.
*****
Désir. À mon avis, c’est sans doute le plus joli mot de la langue française.


Grosse face de nounours
2 juillet 2008, 13:59
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Je vais bientôt avoir besoin de partir un téléthon en son nom.

Forget your vacations, enjoy the vet.
J’y pense, moi et un vet… sans blague ça pourrait être un match made in heaven.


Le Temps des roses
2 juillet 2008, 13:57
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