Classé dans : Histoires de ma vie, Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: Counting Crows, hommes, Mr. Jones, séduction
Samedi soir. Je me suis décidée juste à temps pour la dernière séance d’un film, dans un trop chic cinéma du boulevard St-Laurent. À peine deux heures plus tard, à la sortie, la frénésie était palpable sur les trottoirs. Je me suis mêlée à la foule, puis l’overdose est vite arrivée. Trop de peau, trop de parfums, trop de rires qui sonnent faux, trop d’artifices. Je me suis demandé si tout ça était vraiment séduisant. Sans doute que ça l’est. Ça brille dans le noir. J’ai quitté la scène. Ce n’est pas mon univers. Derrière le rideau, c’est plus confortable.
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Je ne sais pas pourquoi on tente si souvent de séduire en passant par le faux plutôt qu’en misant sur le vrai. Ça m’a fait penser à ce garçon, timide, qui voulait prétendre ce qu’il n’était pas. Fuyant les réponses, quand il ne savait pas ce qui plairait ou répondant à l’opposé de ce qu’il était. Croyant que je le jugerais peut-être sur un travail temporaire, qu’il n’aimait pas, sur sa vieille paire de souliers ou ses vêtements. Misant sur la pacotille et l’artifice, sur le masque à la place de la tête et du cœur. Ce n’est pas à moi, mais à lui-même qu’il n’a pas su faire confiance.
Classé dans : Note à un inconnu | Mots-clefs: chaos, ivresse, ombre, question, sens, silence, voix
Mademoiselle,
Je ne vous avais pas vue. Une silhouette assise dans l’ombre d’un escalier qui mène au chaos. Évaporée. Les sens éparpillés. L’esprit aérien, la voix terreuse, le sexe calciné et l’eau de vie dans les veines. L’air de cette fin d’été était encore un peu tiède, chargé d’humidité. C’est probablement le silence inhabituel du lieu qui vous a soudainement réveillée. Ou pas tout à fait. Je suis apparue à vos pupilles dilatées et c’est plutôt vous qui m’avez réveillée. J’ai entendu votre voix m’appeller : Heille! Heille!, on est où? Je me suis arrêtée et je vous ai regardé brièvement. J’ai passé mon chemin sans dire un mot. Je n’ai pas su quoi répondre. Par où aurais-je bien pu commencer?
Deux garçons, mi-trentaine sont assis à la table voisine du café. L’air profondément ennuyés, ils se résument leurs projets du week-end passé.
Entre deux soupirs de découragement, l’un parle de pose de céramique “pour que ma blonde arrête de chialer” et l’autre du mur de l’entrée à repeindre. Orange. Échange de grimaces. Évidemment, c’est elle qui a choisi, mais il a rien dit. Il a “d’autres guerres à mener“. Le samedi matin il y a eu les cours de piscine de la petite (baille, soupir). Et là, paraît que ce qui est l’fun avec les cours de piscine, c’est que ça finit à l’heure où les magasins ouvrent [ndlr, je savais pas qu'ils faisaient ça au milieu de la nuit] , alors c’est pratique pour aller chez [grande surface de la madame contente] et chez [grande surface de rénovation]… Ça c’était la grosse sortie du week-end…
Et ça continue pendant plusieurs minutes. Le ton est morne, les visages sont gris. L’ennui atteint des sommets inégalés. Un ange passe. En fait c’était plutôt une jolie blonde décolletée en talons hauts. Regards. Silence de connivence. Re-soupirs. Game over.
Est-ce qu’il y a encore quelqu’un qui se demande pourquoi je ne m’intéresse pas aux garçons d’à peu près mon âge?
Classé dans : Petites fictions illustrées | Mots-clefs: enfant, maladie, mère, méningite, mort
Photographe inconnu, archives familiales
Nous sommes entrées pour vider la chambre. Peu de choses s’y trouvaient. Des vêtements, quelques livres, des vieux carnets remplis de son écriture (si belle) de maîtresse d’école, ses vieilles lunettes, des bijoux de pacotille et des bouteilles de médicaments, par dizaines. Dans le tiroir de la table de chevet, j’ai trouvé une vieille boîte de biscuits en métal. À l’intérieur, quelques photographies d’une lointaine époque de sa vie, pêle-mêle. Puis, cette photo là. Un peu abîmée, pliée vers le haut, faute d’avoir été trop souvent manipulée, serrée, posée contre son cœur. À l’endos, toujours de sa belle écriture, on pouvait y lire : J. 22 mois et 7 jours, méningite. Et parce que la vie, toujours, doit vaincre la mort, on a donné le même prénom à la fille suivante, ma mère.
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: cinéma, déprime, fringues, talons hauts, Woody Allen
Je viens de réaliser cruellement que ça fait plus de deux ans que mon budget de magasinage de fringues est entièrement dévoué aux robes d’été. Il fait froid et j’ai plus rien à me mettre. On croirait entendre la cigale de la fable. Ça fait deux semaines que je vide ma garde-robe tous les matins dans l’espoir de trouver un truc portable. Et le pire, c’est que j’ai pas le goût d’aller magasiner (mais depuis quand c’est devenu un problème ça?!?). Je trouve rien qui me plait, rien qui me va. Y’a définitivement quelque chose qui tourne pas rond avec moi. Mais là ce n’est plus une question de goût, c’est rendu à l’étape : on a plus le choix, il faut y aller. C’est ce soir que ça se passe. J’ai besoin de chandails à manches longues, d’une veste et d’au moins une jupe. Alors combien on gage que je vais revenir avec une autre paire de talons hauts? Je sens déjà que l’expédition sera catastrophique… Au moins, y’aura Woody Allen pour me remonter le moral en fin de soirée…
Classé dans : Mauvaises pensées choisies, Varia | Mots-clefs: désordre, maman, obssession, rangement
Je pense que plus je me fais vieille, plus j’ai du mal à endurer le désordre. J’ai toujours eu peur que ça vire à l’obssessif, ma mère étant un bon exemple dans le genre. Elle m’a tellement énervée avec ça, que je me suis juré de ne jamais prendre le pli. Alors de temps en temps, je laisse trainer un truc ou deux. Comme une mise-en-scène, pour me berner l’esprit, le temps de me dire, tu vois, t’es pas comme elle. Tu peux survivre sans avoir une boîte de rangement pour chaque chose, chacunes clairement identifiée sur le devant et alignées à égale distance sur une tablette, par couleur assemblées parce que ça fait plus joli.
Alors, quand je suis passée à WordPress, j’ai laissé traîner un petit désordre en fusionnant les deux blogs que j’avais sur Blogspot. J’ai essayé de me raisonner en me disant que c’est pour ça qu’il y avait des catégories. Mais y’a une partie de moi qui ne s’est jamais faite à l’idée. Les ruptures de tons m’énervent. Tellement que j’en suis devenue moins motivée. Alors j’ai donné du lousse à l’obssessive du rangement et du classement. Dans le menu de gauche, à “Résidence secondaire“, un lien qui mène vers un autre site, Fictions : Petits crimes littéraires. Les anciens billets y sont donc regroupés, mais malheureusement, les commentaires se sont perdus en chemin. Deux modus operandi pour l’instant. Il y a toujours les fictions illustrées, mais il y aura aussi Note à un inconnu, courts textes inspirés par tous ces inconnus qui croisent mon chemin…
Monsieur,
Vous aviez l’air d’avoir 70 ans mais probablement que vous n’en avez que la moitié. Je me suis demandé comment, avec cet air si frêle, si malingre, votre pas trouvait encore la force d’être si vif, si rapide, sans compter la lourdeur apparente de la multitude de sacs de plastiques contenant tout votre bien. Votre visage usé, défait, est un masque blanc avec de grands cercles rouge écarlate creusés tout autour des yeux. Je n’ai jamais, de toute ma vie, croisé un regard plus terrifiant que le vôtre. J’ai tout de suite su que vous étiez déjà mort.
J’avoue que je ne les fait pas toujours, mais celle là était intéressante. Filée par Dean
1- Que retrouve-t-on dans votre i-pod?
(Alphabétiquement) Bright Eyes, Clap Your Hands Say Yeah, The Cure, David Bowie, Feist, Franz Ferdinand, Indochine, Jack Johnson, Malajube, Modest Mouse, Pixies, Portishead, REM, Radiohead, Rita Mitsouko, Tom Waits… et n’importe quoi d’autre qui m’accroche un sourire dans la face.
2- Quel est votre livre de chevet ces jours-ci?
Contes de la folie ordinaire (Bukowski) et La Prisonnière (Proust) [oui, j'ai des goûts éclectiques et j'en prend toujours deux à la fois]
3- Votre dernière visite au musée remonte à quand et où?
Heu, c’est comme 35 heures /semaine dans mon cas… Sinon je vois pas mal presque toujours toutes les expos à l’affiche en ville.
4- Quel film allez-vous revoir toute votre vie?
Annie Hall
5- «J’aurais voulu être un artiste»… lequel?
Hum… Louise Bourgeois avec la voix de Beth Gibbons dans le corps de Salma Hayek.
6- Avez-vous un talent caché insoupçonné des lecteurs?
Je suis capable de pousser le jardinage à un niveau intéressant. Pour moi, il s’agit d’une forme d’expression artistique à part entière. Mon jardin avait plus de 120 variétés de roses anciennes différentes, plus de 200 autres variétés de plantes et une spirale hommage à Robert Smithson. Je l’ai perdu dans le divorce.
7- Que proposez-vous pour rassurer le milieu culturel face aux récentes coupes dans les programmes?
C’est évident que si j’étais en politique, je travaillerais sans relâche pour redonner à la culture une place de choix, valorisée. Y’a vraiment rien de rassurant à l’heure où on se parle, je trouve qu’il y a beaucoup de mépris envers la culture et nos artistes, beaucoup d’ignorance aussi.
8- Avez-vous un talent artistique caché?
Je ne m’en suis jamais caché. J’ai étudié les arts visuels et j’ai fait du théâtre. Par contre, j’aurais aimé développer davantage mes aptitudes musicales.
9- Quel est le spectacle le plus marquant de votre vie?
The Cure au Centre Bell en mai dernier. C’était magique d’entendre live la musique qui a bercé toute mon adolescence. Un show de 3h super généreux de la part du band.
10- Vous allumez la télé pour regarder quoi?
Les Hauts et les bas de Sophie Paquin, Tout le monde en parle (selon les invités). Les nouvelles de temps à autres, des films, et croyez le ou non, le hockey du CH. Sinon je regarde aussi des séries télés fournies gracieusement par mon pimp. Lost, Prison Break, Weeds, Grey’s Anatomy. Par contre il ne me laisse pas toujours le choix. Là, il m’a laissé avec une couple de saisons de Buffy. Paraît que si je tough encore un peu, ça va être bon… OK, c’est pas siiiiiiii pire (fâche-toi pas, bébé)… mais j’ai quand même hâte qu’il m’amène Dexter… À mon avis, Six Feet Under est à ce jour imbattable.
11- Quel est votre superhéros favori?
Superhéros??? Bof… Je peux dire Ironman???, vu que je pense parfois très fort à Robert??? Sinon, j’ai eu un crush sévère sur Captain Flam, quand j’étais jeune. Non mais qu’est-ce qu’on ferait pas pour un grand rouquin qui porte les favoris, je vous le demande…
Tchendoh, m’a supplié de le taguer, mais il était tellement pressé qu’il a fini par poster avant moi… Pour les autres, ben c’est comme la Lovelist, vous êtes libre de le faire si ça vous tente!
Eh oui, de retour à la normale. Dans le dernier mois, à deux reprise j’ai dû prendre le métro le matin (vive la marche!). Les deux fois le métro est tombé en panne. À croire que c’est de ma faute. Ok, je vous le promet, à moins d’un déluge ou d’un matin d’hiver à -30ºC, je ne remet plus les pieds dans ce fabuleux système de transport en commun. Désolée pour les inconvénients de ce matin…
Les choses arrivent parfois exactement comme on se les était imaginées.
Sans peine, sans joie, sans surprise.
Fermer une porte, ouvrir une fenêtre.
Respirer. Recommencer.
Peut-être qu’il faut simplement réapprendre à rêver.
Classé dans : Histoires de ma vie, Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: chance
En quittant le travail hier soir, chose incroyable pour la malchanceuse chronique que je suis, j’ai trouvé un beau billet de 20$ par terre. Alors si on part du principe qu’une cenne c’est de la luck…
Sur le chemin du retour j’ai croisé plus de quêteux que d’habitude. Un peu plus et je me sentais cheap de pas donner mon butin à quelqu’un qui en a plus besoin.
Les choses sérieuses maintenant. Comment on réinvesti ça, de la chance? C’est pas comme si j’étais habituée de gérer ce genre de problème là. Juste payer une dépense courante avec, c’est un peu plate non?
Si ça me prenait une raison de plus pour avoir envie de me rouler en boule sous les draps, aujourd’hui, je l’ai trouvée. J’ai croisé deux belles volées d’outardes partant pour le sud, au dessus de la 20 à environ 30 minutes de Montréal. C’est pas un peu de bonne heure pour ça?!? Ouep, l’automne est arrivé. Merde.
Classé dans : Histoires de ma vie | Mots-clefs: désir, Freud, hommes, inconscient, indifférence, malaise, nervosité
Ça fait quelque temps que j’avais remarqué son trouble. Quand je m’adresse à lui, il a le sourire nerveux et un tic répétitif avec les mains. L’œil est trop attentif, le rose lui monte même parfois aux joues. C’est évident et ça me met un peu mal à l’aise puisqu’on doit, à l’occasion, travailler ensemble. Vous avez deviné que ce n’est pas réciproque. Je fais attention aux signaux que j’envoie, je reste plus impersonnelle en sa présence, je ne lui envoie aucun signe d’encouragement, mais il semble imperméable à mon indifférence. J’imagine qu’il faut juste attendre que ça passe (et ça passera, soyez sans craintes).
En attendant, sa nervosité, palpable, commence à devenir contagieuse. Et ça crée des situations de malaise. Comme aujourd’hui. J’avais besoin d’une info alors j’ai laissé un message sur sa boîte vocale. Il me rappelle quelques minutes plus tard. Je décroche et j’entends sa voix qui me dit Allo au moment où je m’apprêtais à lui dire Salut. J’ai bafouillé… Il a continué à parler comme si rien n’était (imperméable, le mec), alors que je pouvais juste me répéter, non-stop : Est-ce que je viens vraiment de lui dire Salaud?
Classé dans : Varia | Mots-clefs: Alexis Martin, Cédric Klapisch, cinéma, Sébastien Rose, Woody Allen
Je n’en peux plus d’attendre la sortie du prochain film de Woody Allen, Vicky Christina Barcelona, qui semble déjà sorti partout, sauf ici où il faut patienter jusqu’au 19 septembre. En attendant je me suis vraiment régalée à la lecture de ceci, un genre de journal de bord rédigé pendant le tournage du film. J’adore cet homme (d’un amour pur et platonique, il va sans dire).
Dimanche soir donc, pour passer le temps, je suis allée voir Le Banquet, le dernier film de Sébastien Rose, dont j’avais beaucoup aimé les deux films précédents (Comment ma mère accoucha de moi durant sa ménopause; La Vie avec mon père). Ce film m’a laissée plutôt perplexe. Disons qu’on n’y retrouve pas le même ton personnel que dans les deux films précédents. C’est une vision apocalyptique de notre système d’éducation, sur fond de grève, d’émeute et de tuerie). Le film n’est pas parfait. C’est bien tourné, les acteurs sont excellents, particulièrement Alexis Martin, dans le rôle d’un prof de cinéma. Malheureusement, j’ai trouvé la psychologie du personnage central (Benoît McGinnis) peu crédible dans son dénouement final. À voir donc, surtout pour la performance d’Alexis Martin.
Parlant d’éducation, est-ce que c’est juste moi ou le monde qui jase et qui commente la projection d’un film sans arrêt, comme s’ils étaient dans le confort et l’intimité de leur salon, c’est absolument insupportable! Je sais pas pourquoi, mais quand ça arrive, il faut toujours que ça soit du monde assis juste dans mon dos.
J’ai aussi vu la bande-annonce du prochain film de Cedric Klapisch. Ça s’intitule Paris, et ça promet.
