Classé dans : Petites fictions illustrées, Textes favoris | Mots-clefs: corps, Edvard Munch, morsure, nuit, vampire
Edvard Munch, Vampire, 1893 – 1894
À la tombée de la nuit, je traque mes mâles victimes. Je leur trouve à chacun un charme unique qui m’attire irrésistiblement et me fait sortir de l’ombre, rayonnante de l’éclat de mes cheveux qui les hypnotise aussi bien que mes yeux de chat. Une force instinctive s’empare de mon corps blessé, qui sait mieux que moi obtenir ce qu’il veut. Tout juste avant l’aube, profitant de l’épuisement, mes lèvres se posent tout d’abord délicatement à leur nuque, précédant la brutale morsure d’amour. Nuit après nuit, je transforme les hommes qui succombent à mes charmes pour les retrouver, au matin, insupportablement ressemblants à celui qui m’a, le premier, vampirisé.
Classé dans : Mauvaises pensées choisies, Textes favoris | Mots-clefs: Berlin, mur, novembre, rêve, The Smiths
Cette impression qui persiste depuis un certain temps déjà. Avec des rêves plus intenses et vibrants que la vie. Mais une vie plus intangible et diffuse que le rêve. Ma tête qui toujours, se frappe contre le mur qui nous sépare. Peut-être qu’un jour, on se retrouvera dans un Berlin enfin prêt à se réinventer, malgré novembre.
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: amour, famille, Lauralie, nièces, Noémie, virus
Ma peau frissonne sans relâche, je sens la fièvre qui monte, j’ai la gorge nouée, je suis exténuée.
Mais c’est juste la preuve que j’ai passé beaucoup de temps de qualité avec mes nièces, qui savent être irrésistibles même quand elles sautent du lit en éclatant de rire à 6h30 le samedi matin. Je ne sais pas comment elles réussissent ça, mais elles peuvent être cute avec la morve au nez, quand elles me pètent dessus, me tirent les cheveux ou me fichent un doigt dans l’oeil. Et je les adore même quand elles me filent un virus de grippe infect. Si c’est pas de l’amour ça.
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: bénéfices marginaux, bureau, calories, collègues, sucre, vénérée
Suffit d’avoir une rage de sucre intense un jeudi soir et de faire du sucre à la crème. Manger un morceau. OK, deux. Avec un verre de lait. Puis être prise de remords intense en additionnant les calories. Apporter le reste au bureau, le vendredi matin.
Résultat garanti et effets prolongés sur plusieurs semaines.
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: archive, déceptions sentimentales, intime, nue, peine, secret
J’écris souvent des tas de billets que je n’ose pas publier. Quand c’est trop intime, quand ça implique des gens qui pourraient trop mal, ou trop bien interpréter, quand j’ai pas assez de recul sur les événements, quand j’ai de la peine, quand j’ai envie de me confier tout en restant secrète. Parfois, c’est toutes ces raisons à la fois.
Et puis ça m’est arrivé, une fois, de publier quand même. Mais, au dernier moment, j’ai changé la date pour une autre, symbolique. J’ai caché le billet, quelque part dans mes archives. Les mois ont passés, ni vu ni connu. Et là, depuis deux jours, je ne sais pas ce qui se passe. Ce billet à la date lointaine et fictive est le plus visité du site. Je me sens toute nue. Et quand même un peu agace… ;)
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: amour, famille, frère, nièces
J’avais noté une citation quelque part ici, qui disait que l’amour n’existe pas, que seules les preuves d’amour existent. Forcément, puisque l’amour est intangible.
Je connais quelqu’un qui va recevoir une belle preuve. Mon frère emmène sa blonde passer le week-end à New York, pour célébrer ses trente ans. Il est cool mon frère hein?
Bon, il y a plusieurs sortes d’amour. Ça s’adonne donc que moi, par ricochet, je vais faire du baby-sitting vendredi soir ET samedi soir. Je suis cool hein? Ouin, bof.
Monsieur,
Vous ne m’avez probablement pas vu, mais j’étais juste là, derrière vous, essayant de départager les vertus du St-Chinian de celles du St-Emillion quand votre voix a attiré mon attention. Ce n’était pas une belle voix grave comme je les aime, mais il y avait tout de même une énergie enthousiaste, contagieuse. Ça parlait d’un vin rouge. Un vin dont le nom était inscrit sur la liste que vous teniez à la main. Un vin qu’il vous fallait absolument trouver et goûter. Un vin qui vous intriguait. Un vin qui sent le sexe. Je pense bien qu’à ce mot là, tout le monde présent dans l’allée s’est retourné vers vous. Vous avez fait mine de rien. Vous n’avez pas dit le nom du vin. Je ne sais pas si vous savez à quel point c’est cruel.
Classé dans : Histoires de ma vie, Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: hommes, dentellière, naufrage, gentil, inconvenable, invisible
Je l’ai croisé quelques fois depuis le début de l’été. Mignon, l’air gentil. Les hommes qui promènent leur chien dans le parc, tôt le matin, ont toujours l’air gentil. Hier, le chien, un magnifique braque de Weimar (c’est un signe ça, non?), a sans doute décidé que ça suffisait les niaiseries. Il a foncé droit sur moi pour me quêter des caresses. À croire qu’il a été dressé pour ça. Et enfin, on s’est parlé.
*****
Dernièrement, j’ai vraiment un faible pour les gentils. Ouais, je sais, c’est con à dire. Comme si délibérément, on pouvait vouloir quelqu’un qui nous ferait du mal. Et pourtant, c’est un peu ça. Choisir l’inconvenable (l’inconcevable?), en toute connaissance de cause, pour ne pas s’investir émotivement. Se divertir, mais garder les freins. Se protéger des jours de pluie. Choisir les échecs évidents, les histoires sans histoire, savoir ne rien risquer, c’est facile.
Mais c’est toujours plus compliqué avec un gentil. Parce que ce sont les seuls qui ont le pouvoir de vraiment faire mal. Ils trimballent trop de si. Comme dans “et si c’était possible“. Mais, la plupart du temps, ça ne se rend jamais jusque là. Ça s’arrête bien avant, au moment où on réalise que les gentils le sont, parce qu’ils transportent leur cœur en mille miettes, à la recherche d’une gentille dentellière qui pourrait recoudre les morceaux, jusqu’au prochain naufrage.
Les gentilles, elles, savent encore repriser à tout petits points invisibles.
Souvent, un homme d’esprit en faisant la cour à une femme n’a fait que la faire penser à l’amour, et attendrir son âme. Elle reçoit bien cet homme d’esprit qui lui donne ce plaisir. Il prend des espérances.
Un beau jour cette femme rencontre l’homme qui lui fait sentir ce que l’autre a décrit.
— Stendhal, De l’amour

Les Pour
- Sentiment de sécurité retrouvé
- Possibilité de marcher tard la nuit dans les rues de la ville
- Ça fait bouger
- Free pass to the dog park (et ça, de ce que j’ai pu entrevoir, c’est comme au scrabble, ça compte triple)
Les contre
- Le proprio veut pas
- Je n’ai pas un rythme de vie adapté au pipi matinal du chien
- J’aime les gros chiens. Malheureusement, les crottes sont proportionnelles.
- Les chats vont faire une dépression
Ça fait longtemps que je me dis qu’un jour, j’aimerais bien avoir un chien. Mais je ne voyais pas ça maintenant, en ville. C’est une grosse décision. Un chien c’est beaucoup plus contraignant que des chats. Ça a ses bons et ses mauvais côtés. Et ce que je n’aime vraiment pas, c’est l’idée d’acheter un chien en réaction à un événement. C’est excessivement tentant, mais il reste une partie de moi qui pense que ce n’est pas une bonne idée, en tout cas, pas tout de suite.
Sur une autre note, 10 jours pour installer un grillage sur la fenêtre de porte et une lumière sur le balcon, me semble que c’est vraiment long. Même si la serrure est maintenant sécuritaire. Le proprio n’est pas pressé et je trouve que ça parait que c’est pas lui qui ne dors pas pendant ce temps là.
Y’a des trucs que je n’ai pas encore replacé. Sur le meuble du salon, il y a mes deux bouteilles de vernis à ongle. En tassant le meuble pour débrancher et prendre mon téléphone, ils ont déplacé les bouteilles vers le centre, pour ne pas qu’elles tombent par terre. C’est un truc que je sais qu’ils ont touché. Je les regarde, et c’est con, mais je n’ai pas encore osé les toucher. J’ai aussi envie de tout jeter ce qu’il reste dans le frigo. Je sens l’appel du ménage obssessif compulsif… Beau week-end en perspective, surtout que le stress qui retombe semble vouloir faire place aux crises de larmes. Nice!
Mais bon, tout ça aurait pu être pire. Ça peut toujours être pire. C’est une constante. C’est vraiment une chance que ça soit tombé sur une nuit où j’avais le sommeil profond. Et si je m’étais réveillée… J’aime mieux ne pas y penser.
Classé dans : Mauvaises pensées choisies
Les hypothèses les plus folles me torturent l’esprit et un profond dégoût pour l’humanité monte en moi. Je ne me reconnais plus depuis quelques jours et je n’aime pas ce que je suis en train de devenir. Nerveuse, peureuse, hystérique, colérique. Profondément triste aussi. Je pense que je n’ai jamais autant ressenti le besoin de partir loin d’ici, loin de tout.
Quand je suis rentrée du boulot ce soir, j’ai réalisé que j’avais été dévalisée. Plus de lecteur DVD, plus de lecteur CD, plus de collection de DVD (mes Woody Allen!!!), sauf Amélie Poulin, qu’ils ont probablement pas vu, sur la tablette du dessus (nah, finalement, ils l’ont vu aussi, ils ont juste laissé le gros boitier édition spéciale, le film devait être dans l’autre pile). Mais ils ont pris Accross the Universe, qui traînait plus loin sur la table près de l’entrée. Et la saison 1 et 2 de Buffy the Vampire Slayer qui traînait sur la table du salon. Ne me jugez pas, c’était pas vraiment à moi. C’est une série qu’il m’avait prêtée et que je devais regarder, au nom de notre amitié (pourtant en péril). Quand j’ai pensé appeler la police, j’ai constaté que je n’avais plus de téléphone non plus.
Finalement, ils ont pris que les trucs rapides, pas trop lourds (ils ont laissé le système de son, l’ampli pèse une tonne), les trucs facile à vendre. Ma vieille télé 21″ était pas assez tentante… ma collection de CD de musique classique non plus faut croire. Je pense d’ailleurs qu’ils ont confondu mon vieux lecteur CD avec un lecteur DVD. Un vieux lecteur CD à carrousel, ça vaut tellement plus rien. Par contre, les CD d’importation de musique classique qu’il y avait dedans, oui. Ils ont fouillé un meuble, sans rien prendre (et ça c’est la preuve qu’ils sont vraiment incultes). Ils sont entrés par la porte du balcon arrière, forçant la fenêtre pour ensuite passer le bras et débarrer la porte, le coup classique. Tout ça ne leur a probablement pas pris plus de 5 min. Ils ne se sont pas aventurés jusque dans ma chambre. Ça fait vraiment chier, parce que si je fais le calcul, le montant du vol dépasse à peine la franchise de l’assurance. Et j’ai comme pas envie que la prime augmente…
Et c’est là que j’ai eu LE flash qui me perturbe le plus. Ce matin, quand j’ai traversé la cuisine en vitesse, j’entendais les bruits de la rue, j’ai pensé que j’avais mal refermé une fenêtre. J’ai vérifié et elle était fermée. J’ai jamais pensé à vérifier la fenêtre de la porte, puisque je ne l’ouvre jamais. Elle est cachée derrière un rideau. Il faisait froid, mais c’est normal, j’avais pas allumé le chauffage… Si ça c’est pas la preuve que je ne suis pas réveillée le matin (et que je ne déjeune pas le ¾ du temps)… Je suis partie en vitesse et je n’ai rien remarqué, sauf des trucs déplacés sur la table de l’entrée. “Bon, le chat est encore allé niaiser dans la plante, je l’ai entendu se promener cette nuit…“
Je suis maintenant sûre qu’ils sont entrés chez moi pendant que je dormais la nuit dernière. Pour faire exprès, je m’étais couchée très tôt, j’avais des heures de sommeil à rattraper. Je ne me couche JAMAIS tôt. Je suis en colère. Pas pour les trucs que je dois racheter avec de l’argent que je n’ai pas en ce moment, mais parce qu’ils ont volé ma sécurité. Ma paix d’esprit. Je pouvais vivre seule sans avoir peur de rien. C’est terminé ce temps là.
EDIT : C’est maintenant confirmé, après une nuit de 2h, entrecoupée d’un cauchemar d’entrée par effraction et (le clou) une envie de pisser à 5h du mat’ où j’ai dû envoyer un chat (oui, un chat!!!) en éclaireur avant d’oser sortir de la chambre, alors que j’avais même préalablement laissé la lumière du salon allumée pour la nuit… on a fait de moi une vulgaire poule mouillée.
(RE) EDIT : Ben criss, je viens de me rendre compte qu’ils ont aussi pris 2 bouteilles de vin et deux canettes de bières (pas à moi) dans mon frigidaire. Calvaire, ils ont fouillé dans mon fridge!!!
(RE RE) EDIT : Ok, c’est le comble du ridicule, ils ont aussi pris mon pot de Cheez-Whiz… mais ils ont laissé le Caprice des Dieux, le brie double crème et le chedar de l’île-aux-grues…
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: féminité, femme, fille, séduction
… où je pense que ça serait plus simple si j’étais plus fille et moins femme.
Ça dure jamais bien longtemps.
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: désir, regard, déceptions sentimentales, hommes, mur, théâtre, funambule, Counting Crows, Round here
Pendant plusieurs mois, un lundi sur deux (ou sur trois), mon regard a croisé le sien. À chaque fois, le désir criant, conscient et avoué de part et d’autre, accompagné de banalités muettes, un sourire, un signe de tête, un bonne journée lu sur ses lèvres. Il était emmuré dans une cage de verre et moi, bien protégée dans mon carrosse métallique. La conviction qu’il existe, de l’autre côté de la vitre (ou ailleurs), un monde de possibles, semblait en elle-même suffisante. Puis, je ne l’ai plus revu pendant un an.
Je l’ai croisé hier, dans l’air frais et à la lumière douce, un peu vaporeuse, du matin. Tous deux maintenant désarmés, à nu. J’ai vu son regard transformé, privé du sentiment d’invincibilité, devenir timide et fuyant, se poser sur moi à la dérobée. Je ne sais pas, même, s’il m’a reconnu ou s’il m’a regardé, à nouveau, comme si c’était la première fois. Un éternel recommencement. Lui et tous les autres hommes, confondus, comme autant de répétitions générales avant le grand soir, d’une performance sans cesse reportée.
Est-ce parce que je ne t’ai pas encore rencontré, ou parce que nous sommes restés invisibles l’un à l’autre, dans nos abris, dans nos asiles trop confortables.
Les frontières imperceptibles à l’œil sont plus infranchissables que lorsqu’elles sont réelles et tangibles. Elles qui paradoxalement, encouragent toute transgression en les invalidant. Des frontières-armures faites de métal étincelant, de pierres ciselées, de verre dépoli, de miroir sans tain, des boucliers-écrans d’ordinateurs qui, certains soirs embués ou enfumés, s’imaginent dévoiler les secrets les mieux gardés, mais se contentent plutôt de rejouer les grandes scènes théâtrales, faute de savoir faire mieux, de savoir faire vrai. Comme autant de t’es belle, tu me plais, j’ai envie de toi, qui s’évaporent à la minute où la possibilité de le dire à l’oreille plutôt qu’au clavier prend forme. On n’est jamais si audacieux que lorsque l’on se sait insaisissable.
Ma cage, mes murs, même craquelés de toutes part sont impossibles à pulvériser. Tout ne tient qu’à un fil, ou qu’à la peau des fesses, mais tout reste quand même inébranlable, avec le cœur, machinal, qui bat au rythme régulier de l’horloge, dans cette mince fuite en avant, à tout petit pas, de l’éternel funambule.
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: épouvante, érotisme, lecture
Si jamais il vous prend l’envie d’écrire une magistrale histoire d’épouvante teintée d’érotisme, que vous avez largement pris le temps de construire votre personnage féminin de manière à ce que vos lectrices, toutes frissonnantes d’émoi, en petite nuisette sous la couette, dévorant votre ouvrage très tard dans la nuit, s’identifient parfaitement à la proie innocente qui est magnétisée par cette apparition mâle, puissante, envoûtante et mystérieuse… et qui soudainement ne demande qu’à être possédée de toutes les manières imaginables par la bête (bon, innocente qu’elle est, elle ne le sait pas encore, mais moi, oui), de grâce et par pitié, je vous en supplie de tout mon corps (c’est le cas de le dire), ce n’est définitivement pas le moment d’introduire une description physique du mâle en question, surtout si vous aviez en tête qu’il était à la fois roux et frisé (wtf?). On a jamais besoin d’autant de détails. Less is more.
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: V, vendetta, vengeance
À chaque fois que je parle pour la première fois avec un inconnu sur msn, on me demande systématiquement si V, c’est pour Vendetta. Là, j’ai presque envie de dire oui. Toutes vos idées sont les bienvenues…

