Les Plaisirs et les nuits


De la générosité
28 janvier 2009, 22:55
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Ce matin, je t’ai vu dans le métro.  Ok, je triche, c’était pas vraiment toi.  C’était un toi, avec quinze ans de plus.  Même silhouette, même regard de mer houleuse, même style vestimentaire (ce qui devenait un peu triste, j’avoue).

Cette même façon là de me regarder un peu par en dessous, en faisant semblant de ne pas me voir, à chaque fois que je levais les yeux.   Suffisait que je replonge dans mon roman pour sentir à nouveau ce regard sur moi, glissant le long de ma joue, sur ma nuque dégagée par mes cheveux relevés, puis,  s’infiltrant un peu plus audacieusement, furtivement, dans l’ouverture de mon manteau.

Sans te regarder, tenant mon livre d’une main, j’ai défait de l’autre quelques boutons de plus au manteau, facilitant ainsi la trajectoire sur autant de peau que les matins d’hiver peuvent le permettre.  J’ai relevé la tête, j’ai planté mes yeux sans hésiter dans les tiens, les siens (je ne sais plus) et j’ai souri.

Je savais que c’était le meilleur moyen pour que ton regard, son regard (je suis mêlée) se détourne à jamais.  Il y a des hommes comme ça (comme toi), qui  ne trouvent la satisfaction que dans le pillage et le vol (si délicat soit-il) et qui se refusent à prendre ce qu’on leur offre de bon coeur.

 



L’Erreur
26 janvier 2009, 00:48
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Les premiers temps, Anna se crut sincèrement mécontente de Vronskï parce qu”il se permettait de la poursuivre; mais un soir, ne l’ayant pas rencontré à une soirée où elle comptait le voir, elle avait compris clairement, à la tristesse qui l’avait saisie, qu’elle s’était trompée et que cette poursuite non seulement ne lui était pas désagréable mais constituait au contraire tout l’intérêt de sa vie.

Tolstoï, Anna Karénine



De la persévérance [qui paye]
24 janvier 2009, 13:20
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J’étais vraiment déçue de mon cours de yoga de la semaine dernière.  J’y tenais pas tant que ça à cause de l’horaire déjà chargé, mais on a décidé d’essayer une dernière fois, un autre centre, un autre prof.

En finissant de travailler le soir du cours, j’étais tellement claquée ça n’avait aucun sens.  Je finissais un deux jours de travail très physique et intense au boulot, de longues heures debout, à courir d’un étage à l’autre, à superviser des déplacements compliqués avec une équipe du tonnerre.  J’avais mal aux jambes et aux pieds, bref, c’était le genre de fin de journée où on a juste envie de s’écraser dans un coin et de ne plus bouger jusqu’au lendemain.  Une des 2-3 pires journées de l’année.  Je ne pouvais pas aller au cours de yoga plus à reculons que ça.  Il me restait zéro énergie.

Nouveau centre et nouveau prof, donc.  Et toute la différence du monde.  Une heure plus tard, je n’avais plus une once de fatigue.  Je n’avais plus mal aux jambes, j’étais pleine d’énergie, je me sentais à mon top, tant physiquement que moralement.  Je vous jure, si la ruelle avait été éclairée, je serais même allée déneiger l’auto.  Je ne pouvais donc pas avoir une meilleure démonstration des bienfaits du yoga… et de la persévérance.



Ah! c’était un petit cordonnier qui faisait fort bien les souliers… [sur un air connu]
22 janvier 2009, 22:30
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Je ne suis pas toujours une fille très expressive dans la vie courante. J’observe beaucoup, mais je manifeste peu, ça fait partie de ma nature réservée. J’avais déjà remarqué son professionnalisme. Mais c’est plus que ça. L’expression de sa dignité, de son amour du travail bien fait. Je lui avais laissé mes superbes (faites-moi confiance là-dessus) miss sixty dans un état lamentable (faites-moi confiance ici aussi). Lorsqu’il me les a rendus, ils étaient comme neufs, je n’ai pu retenir le Oh Wow! de ma bouche, non plus que le sourire fendu jusqu’aux oreilles. Et c’est là que j’ai vu dans son œil, la fierté. Celle qui rend noble sans considération des doigts tachés de cirage noir.  Et c’était tellement beau de voir ça…

Et non, ça n’a absolument rien à voir avec le fait qu’il avait un accent des pays de l’est tout à fait délicieux, ni avec le fait que ça ne prenait pas tant d’imagination pour lui trouver une ressemblance avec Jude Law :P



Assise au paradis
21 janvier 2009, 00:25
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Janvier a toujours été un mois difficile pour moi.  C’est la déprime totale.  J’haïs vieillir.  J’haïs l’état dans lequel ça me met.  J’haïs ne pas être rendue là où je voudrais.  J’haïs aimer penser à lui.  J’haïs les résolutions que je ne tiens pas.  J’haïs le printemps et les papillons qui n’arrivent pas.  J’haïs l’hiver.  J’haïs le froid.  J’haïs être obligée de prendre le métro le matin.  J’haïs le chaud (et les odeurs dans le métro le matin, j’ose pas imaginer ce que ça sent le soir ce monde là).  Tant qu’à faire j’haïs aussi les cyclistes-qui-roulent-sur-les-trottoirs-à-grande-vitesse-l’hiver-et-qui-poussent-le-culot-jusqu’à-faire-sonner-leur-crisse-de-clochette-pour-que-tu-dégages-de-leur-chemin-sans-qu’ils-aient-à-ralentir-tant-pis-s’ils-t’accrochent-et-t’éclaboussent-de-slush-au-passage-parce-que-le-savoir-vivre-ça-s’applique-pas-quand-on-est-à-bicyclette.

J’haïs les connards, bon.

Ouf…

Ça fait du bien.

Mais quand on est rendu là, il faut faire quelque chose.

Heureusement y’a des solutions.

J’en ai trouvé une pour demain.

Ça implique un restaurant, du vin rouge, une crème brûlée lime-vanille, une partner in crime, un voyage dans le temps et des noces.  Je serai assise au paradis, mais c’est pas grave, j’vais pas me plaindre…



You seem to be where I belong
18 janvier 2009, 21:16
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hiver1

It’s all illusion anyway



Il Postino
15 janvier 2009, 00:44
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Le facteur du quartier est probablement un peu dyslexique ou lunatique.  En quelques semaines, c’est la troisième fois qu’il me fait le coup.  Il dépose dans ma boîte des lettres destinées à d’autres adresses.  Des lettres adressées à des hommes du voisinage.  Comme j’ai l’imagination fertile et des voisins plutôt mignons, j’ai l’impression qu’il s’amuse à mes dépends.  Mon facteur est un matchmaker wannabe.  Ouais, c’est stupide, mais c’est la seule chose qui me soit arrivée qui m’inspire un post aujourd’hui.

Pour en revenir au facteur, j’avoue que j’ai pas compris son plan tout de suite.  Les deux premières fois,  probablement peu inspirée par les noms, je me suis contenté de retourner les missives au centre de tri.  Ben quoi, c’est important un nom!  Faut être capable de le dire avec passion et pas avoir l’impression que les enfants vont se faire traiter de hillbilly à l’école.  Alors finalement, comme on peut voir, c’est pas moi qui n’avait pas compris son plan, c’est plutôt lui qui m’avait mal sizé.  Je suis snob.  Et ce post est de plus en plus stupide.

Aujourd’hui, il n’a pas complètement manqué son coup.   Je parle encore du facteur.   La lettre a un prénom magnifique que je pourrais chanter sur toutes les notes de la gamme.  Le nom de famille est composé.  Ishhh…  Bon, je suis quand même ouverte à quelques compromis (je suis une fille raisonnable), surtout quand l’indice flashe le “né après 1980“.  Si on récapitule, je suis snob, ce post est stupide, mais le facteur a trouvé le truc pour définitivement stimuler mon intérêt.

J’ai quand même regardé le nom de l’expéditeur.  Pas par exprès, mais c’est écrit en grosse lettre bon!  Une firme d’avocat.  Mon premier réflexe, ça a été : tiens, un divorcé comme moi…  Mais bon, c’est peut-être aussi un reçu d’honoraires pour l’avoir fait sortir de prison?  Finalement, peut-être qu’il m’en veut mon facteur hein?

Alors je retourne la lettre au centre de tri?  Je la dépose ni vu ni connu dans sa boîte, vu que c’est pas si loin et que je suis, malgré tout, une bonne âme?  (et je vais avoir l’air d’une folle qui fouille dans son courrier vu que je suis tellement chanceuse qu’il va sortir dehors au moment où je procède et oui, je suis snob, ce post est stupide, je suis légèrement paranoïaque et j’ai surtout une poisse légendaire).

Ou bien je sonne simplement à sa porte?  Et comme il sera pas là, je glisserai l’enveloppe dans sa boîte et ce sera un fait connu dans l’histoire comme étant la fois où j’ai presque failli rencontrer le potentiellement peut-être ou peut-être pas jeune homme de ma vie, grâce au facteur pas foutu de faire sa job comme du monde.



Inspirez, expirez…
14 janvier 2009, 10:49
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Ça faisait des années que j’avais pas pris de cours de yoga.  Oups.  Ça paraissait.  Je sais pas trop si je vais poursuivre.  C’est pas tant les muscles un peu endoloris de ce matin (bon, c’est quand même du power yoga, pffff).  C’est probablement un peu plus l’incapacité de tout faire entrer dans l’horaire.  Je veux continuer le gym au moins 3 fois semaines, déjà là, c’est difficile.  J’aurais besoin d’un gym ouvert jusqu’à 23h le soir pour avoir le temps de tout faire sans trop stresser, le mien ferme à 21h30 ce qui veut dire que je peux m’entrainer jusqu’à 21h, ce qui laisse pas beaucoup de temps quand on sait que je rentre à 19h après le travail et que j’ai pas soupé et que non, c’est pas prêt quand j’arrive!

Mais encore là, ce n’est pas ce qui me rebute le plus.  On va se dire les vraies affaires…  Donner un cour de yoga, donc un cour qui repose principalement sur la respiration, dans un local où l’activité précédente était aérobique intense, donc un cour qui repose principalement sur la transpiration…  c’est franchement pas l’idée du siècle…

EDIT : Je pensais avoir trouvé un autre centre où ça serait pas le festival des odeurs pour poursuivre le cours, mais finalement, le cour qui précède à cet endroit là s’intitule cardio millitaire.  Et c’est pas une joke.



V était là où ça compte, le 10.01.09
12 janvier 2009, 00:20
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habs21

habs1

La première mise au jeu vue de mon siège, 6e rangée à partir de la bande, on se serait crus assis sur la patinoire, pour le match le plus excitant de la saison en plus, on peut dire que j’ai été gâtée.  Je dois avoir une bonne vie…

J’aurais bien aimé vous faire une photo de Sergei, couché sur le dos avec le big smile étampé dans la face après ce but à 20 secondes de la fin, mais, comme le reste du monde là bas, j’étais bien trop occupée à sauter et à crier :)

Je pense aussi que mon profil est apparu à la télé au cours de la 3e période, en même temps que les deux folles passionnées à côté de moi qui se trémoussaient pour la caméra avec des mains en mousses “GO Habs GO” sur la tête…

*****

Dans un tout autre ordre d’idée, courrez voir ça si c’est pas déjà fait.  C’est un ordre!



Un parfum de légèreté
9 janvier 2009, 12:56
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Je me souviens de tes yeux, de ta bouche, du son de ta voix si séduisante.  Je me souviens encore des détails cette nuit sans sommeil.  Bientôt, sans doute, j’oublierai tout ça.  Sans bonheur, sans regret, dans la plus simple indifférence des jours qui se suivent, et qui m’auront porté ailleurs.  Ailleurs, j’y suis déjà.

Mais quand toutes ces images de toi auront complètement disparues et que j’aurai oublié jusqu’à ton nom, je me souviendrai encore du jour d’après la nuit.  Je me souviendrai que l’eau, la mousse de lavande et la brise de Givenchy n’ont rien servi.  Un simple frôlement ou un mouvement subtil suffisait à te ramener à moi, libérant de la surface de ma peau, l’odeur imprégnée et si délicieuse de la tienne.  Te respirer suffisait à recréer ce sentiment d’apaisement du cœur et donnait un sourire léger aux lèvres.



De l’âme
8 janvier 2009, 00:41
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On peut fort bien vivre sans âme, il n’y a pas de quoi en faire une histoire, cela arrive très souvent. Le seul problème, c’est que les choses ne viennent plus vers vous, quand vous les appelez par leur nom. Vous pouvez être absente de votre vie et tromper tout le monde sur cette absence — tout le monde sauf les bêtes, sauf les arbres, sauf les choses.

— Christian Bobin, Une histoire dont personne ne voulait.



La Tag à Tchendoh
4 janvier 2009, 21:14
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Attrapée ici

Je suis : rationnelle rêveuse, exhibitionniste réservée, passionnée méthodique, orgueilleuse entêtée, intellectuelle coquette.  (Ok, c’est tiré de mon texte d’intro, mais je ne peux pas trouver mieux ni plus précis).

On me perçoit à tort comme étant : ça va de urban cougar à intellectuelle snob et frigide, selon le contexte.

J’attire : J’en ai vu de tous les genres, y’a juste une constante : c’est habituellement pas celui que je veux.

Avant, j’attirais plus : Gars qui cherchent une maman-sauveuse-Mère-Thérésa.

I fall for : Les artistes-intellos cutes qui ont de l’humour.

I used to fall for : Le tourmenté artiste-intello toujours trop cute  et vaguement méprisant, légèrement mésadapté social avec gros trauma familial dysfonctionnel, cherchant sa Mère Thérésa.

What I should fall for : Les artistes-intellos cutes qui ont de l’humour et qui sont libres/hétéro/intéressés.

J’hais particulièrement les : hyperactifs qui ont le complexe de Dieu (mais malheureusement, ils ont souvent le corps qui va avec).



En 2008…
3 janvier 2009, 20:44
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J’ai bu plus de vin rouge que dans la somme des années précédentes (et non, je ne regrette rien). Voici même  ma suggestion du moment.

Je me suis offert un miracle et un talisman, mais pas mal moins de paires de talons hauts.

J’ai compris que même quand on croit que le pire est arrivé, it still can be worst.

J’ai été célibataire assez longtemps pour avoir droit à ma première joke de lesbienne  (Désolée, la retranscription n’est pas disponible :P ).

J’ai fait beaucoup moins de rencontres qu’en 2007, mais contrairement à l’an passé, j’ai souvent eu l’impression de me rapprocher du but.  Comme ils disent : Meilleure chance la prochaine fois / please try again soon.

J’ai eu une aventure étonnamment similaire à une nouvelle d’Anaïs Nin.  Et non, c’est vraiment pas aussi cool qu’on pourrait le penser.

J’ai dompté une de mes plus grandes frayeurs en une semaine et demie et tout ça, finalement, sans l’aide d’un doberman ou d’un grand danois.

J’ai réalisé que j’étais plus forte et plus brave que je ne l’aurais jamais cru (sauf quand vient le temps de brancher un lecteur dvd).

Et je suis surtout passée de fille qui s’était jamais intéressée au hockey (en dépit de la génétique familiale) à fille qui enregistre le hockey quand elle peut pas le regarder en direct (et momentanément, en fille qui est de très mauvaise humeur quand elle a oublié d’enregistrer le match où le CH rock alors qu’elle s’est tapé tout les matchs de défaites humiliantes et enrageantes).

*****

2008 a été une année assez tranquille après la tourmente des 3-4 années précédentes.  Il y a eu quelques épreuves pénibles, qui font partie de la vie et des choses qu’il est impossible de contrôler.  Pour le reste, je sens une belle progression, toujours trop lente à mon goût, mais du moins, constante.

Une résolution pour 2009?  Je ne sais pas.  Il y a cette citation que j’avais déjà utilisé ici quelque part et à laquelle je songe beaucoup ces derniers temps puisque j’ai souvent l’impression de tout saboter avec mes désirs plus grands que nature.  Mais bon, à quoi ressemblerait une vie sans désirs?  Certainement pas à la mienne.  On me pardonnera (encore) l’emprunt de cette autre citation : I’m no fucking buddhist — Björk

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Je vous souhaite donc, à tous, l’accomplissement de vos plus grands désirs pour 2009.