Classé dans : Histoires de ma vie | Mots-clefs: fétichisme, pompiers, bad hair day, impatience, cheveux, décision, urgence, angoisse, fantasme
C’est étonnant comment je peux penser longtemps à un truc sans prendre de décision. Juste réfléchir aux options, tourner et retourner la chose en rond jusqu’à l’épuisement total. Et quand je touche le fond du fond, quand je me fixe enfin sur un but, c’est ma patience qui est épuisée. Je veux tout, tout de suite. Je ne me supporte plus. C’est intolérable.
Par exemple. Ça fait des semaines si c’est pas des mois que je me disais qu’il faudrait bien que j’aille me faire couper les cheveux. Plus ils sont longs, plus la décision devient difficile… Jusqu’au moment où elle ne l’est plus. Ce matin, c’était devenu une situation d’urgence. Bon, j’étais tout de même pas encore prête à faire une Britney Spears de moi (mais presque). Je connais une place vraiment pas chère où les coiffeuses sont bonnes, pas loin du boulot et où je peux toujours aller pour les cas extrêmes d’urgence dernière minute (oui, c’est un problème récurrent). Comble de malchance mon spot est maintenant trop connu. J’ai pas pu avoir de rendez-vous avant jeudi de la semaine prochaine. L’angoisse totale. Parce que là, j’avais décidé que ça pouvait plus attendre.
Bon, je connaissais un autre salon à proximité. Par contre, beaucoup, mais beaucoup plus cher. C’était pas comme si j’avais le choix. J’ai dit que c’était une urgence! Et au salon de luxe, ils venaient juste d’avoir une annulation de rendez-vous. Miracle! C’était un signe! Tant pis pour le portefeuille, des fois dans la vie, faut ce qu’il faut!
Après la coupe, au moment où la coiffeuse s’apprêtait à me sécher les cheveux pour le brushing, l’alarme d’incendie est partie et les pompiers sont débarqués. Parait qu’il y avait un feu une dizaine d’étages plus haut. Fallait voir la tête de la fille quand elle m’a dit : «Je veux pas te faire peur, mais les pompiers viennent d’arriver juste là derrière toi.» Darling, si y’a quelque chose qui me fait pas peur, c’est bien un pompier…
Tout ça pour dire que finalement, on a eu l’ordre d’évacuer l’édifice, et que la gérante du salon n’a jamais voulu que je paye pour ma coupe (quand même heureux qu’il ne restait que la mise-en-plis!). Y’avait vraiment urgence, faut croire…
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: nuit, insomnie, Woody Allen, égo, insécurité, estime de soi, regret
«My one regret in life is that I am not someone else.» (Woody Allen)
Peut-être parce que je n’en parle jamais, souvent, j’oublie que je reviens de loin. Mais il y a des nuits où c’est impossible de ne pas voir comment tout est lié, imbriqué, tissé serré. L’insécurité qui ronge, qui sabote, qui blesse. L’insécurité qui gagne du terrain à mesure que je tente de retirer le tapis sous ses pieds. Et y’a que moi qui tombe. Parfois de maladresse, parfois d’aveuglement, parfois quand je me laisse un peu bousculer, quand je bouge pas, mais aussi quand je courre trop vite. Mais, j’avoue que ça m’arrive aussi de plonger un peu délibérément, des fois que l’arbitre callerait quelque chose…
I wish, I wish, I wish (be careful what you wish)… Mais bon, voilà, y’a rien à faire, j’ai pas envie d’être personne d’autre que moi. J’ai juste envie d’être moi, en mieux.
Classé dans : Citations, Histoires de ma vie | Mots-clefs: Danemark, hasard, J.D. Salinger, Karen Blixen, L'attrape-coeurs, lecture, Out of Africa, synchronisme
J’étais chez elle dimanche dernier. On parlait du bonheur (éphémère), des fleurs (fortes et fragiles), de la vie (surtout), de la mort (le moins possible), de l’amour (pourquoi pas), de l’amour du sexe (ça va de soi) et de la fois où en prenant un taxi, en quittant son tout nouvel amant (qui est encore son amoureux aujourd’hui) par un beau dimanche matin de printemps ensoleillé, le chauffeur lui avait dit, sourire moqueur, en l’observant par le rétroviseur : «Aujourd’hui, c’est une belle journée pour montrer aux filles l’envers des feuilles». Il ne se trompait pas.
Alors qu’elle est rentrée quelques instants pour remplir les verres, mon œil a été attiré par un livre déposé sur la petite table, près de sa chaise. C’était les correspondances de Karen Blixen.
— C’est toi qui est en train de lire ça?
— Oui j’ai trouvé ça totalement par hasard, faut que je t’explique.
Et elle me raconte que la semaine d’avant, en faisant le tour des chaînes à la télé par un soir d’ennui, elle est tombé sur le magnifique Out of Africa, un film qu’elle adore. Deux jours plus tard, elle décide d’aller se chercher des livres à la bibliothèque du quartier, pour meubler ses journées de repos forcé. Elle cherche des livres sur le Danemark. Elle a toujours rêvé d’aller là bas. Elle ne sait pas trop pourquoi. C’est un de ces désirs inexplicables qui vit en elle depuis toujours. Moi, je dis que les grands danois (non, pas ceux là), ont peut-être quelque chose à voir là dedans. M’enfin. Elle regarde les quelques livres disponibles de la section consacrée au Danemark et elle est attirée par la couverture de celui là. En lisant à l’endos elle découvre que Blixen, une écrivaine d’origine danoise est l’auteur de La Ferme africaine, roman autobiographique dont le film Out of Africa est tiré. Hasard de ce qu’on trouve sans même le chercher.
*****
Un soir très tard de cette semaine, j’ai terminé le livre que j’étais en train de lire. Le lendemain matin, au moment de partir pour aller travailler, j’ai pris le premier livre au sommet d’une pile qui traîne sur mon bureau pour le mettre dans mon sac (c’est comme le tube de rouge à lèvres, il m’en faut toujours au moins un dans mon sac). Ce n’était pas celui avec lequel j’avais l’intention d’enchaîner, mais c’est celui qu’une main étrangère, parcourant mes richesses, avait redéposé le dernier, reconfigurant inconsciemment l’ordre de mes lectures. L’attrape-cœurs (The Catcher in the Rye), de J.D. Salinger.
Hier midi, en prenant le soleil sur une place publique, je me suis plongée dedans… Et à la page 27, j’ai lu :
«Le livre que je lisais, c’était un bouquin que j’avais eu par erreur à la bibliothèque. Ils avaient fait une erreur et je m’en étais aperçu qu’une fois de retour dans ma chambre. Ils m’avaient donné La Ferme africaine par Karen Blixen. Je pensais que ça allait être dégueulasse mais pas du tout, c’était un bon livre.»
Classé dans : Citations, Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: Anthony Perkins, bad boys, Françoise Sagan, player, séduction
«Avec vous, j’ai joué le jeune et brillant avocat, et l’amoureux transi, et l’enfant gâté, et Dieu sait quoi. Mais depuis que je vous connais, tous mes rôles sont pour vous. Vous ne pensez pas que c’est de l’amour?
— C’en est une assez bonne définition», dit-elle en souriant.
Ils se turent quelques instants, gênés.
«J’aimerais bien jouer les amants passionnés», dit-il.»
— Aimez-vous Brahms… (Françoise Sagan)
*****
Finalement, pour une des rares fois dans ma vie, je crois avoir préféré le film au livre… Ou bien ma mémoire glorifie le passé… Ça serait pas nouveau. Je crois que ça tenait à la présence incroyable de Anthony Perkins, follement séduisant. Ça devait être avant qu’on le voit dans Psycho! Ishh, je viens de vérifier et c’était après… Oh well, you know I have a thing for bad boys…
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: peau, réveil, yeux, armure, déception sentimentale, risque, possible, jeu, renoncer, Claude Dubois
Tu sais que tu as changé quand tu constates que pour une fois, tu t’es risquée, simplement, sans armure, au jeu des possibles. Même si tu sais que tu ne sauras jamais lire les yeux qui changent (si vite) de couleur.
Tu sais que tu as changé quand tu en arrives rapidement à te dire que ce n’est pas grave si tu n’as rien compris à ce qui vient de se passer. Que tu peux renoncer à ces pensées qui te font valser trop vite, simplement, d’un claquement de doigts, pour ne conserver qu’une bulle de savon, légère, déposée quelque part sur ta peau, en dehors du temps.
Tu sais que tu as changé quand, malgré tout, t’as la conviction que tu ne regrettes pas. Que tu referais tout pareil. Ou presque.
Et tu ne peux t’empêcher de sourire, en te disant qu’au moins, ça t’as rappelé que les plus beaux réveils surviennent parfois quand on n’a pas fermé l’œil.
Classé dans : Mauvaises pensées choisies
Je rougis de plaisir comme une fillette. Y’a pas à dire, depuis quelques jours, la vie me gâte. Je pense même qu’il m’est poussé des ailes depuis ce week-end.
Ça coincide avec le 600e billet de ce blogue.
Bienvenue aux nouveaux lecteurs :)
Classé dans : Histoires de ma vie, Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: bonheur, cancer, ciel, miracle, Petite-Patrie, printemps
Dimanche après-midi, je prenais le soleil printanier avec une amie, comme la grande sœur que je n’ai pas eu, dans une jolie petite cours de Petite-Patrie. On entendait les oiseaux et les enfants jouer dans la ruelle. Le vieux chien d’un voisin, un genre de mélange un peu bâtard avec sans aucun doute du berger allemand, une oreille perpétuellement tombante qui lui donnait un air attachant, quémandait des caresses qu’on ne pouvait lui donner, en soupirant, de l’autre côté de la clôture.
La conversation est à la fois très joyeuse et profondément triste. La journée était vraiment trop belle pour parler d’un putain de cancer. Au même moment, dans le ciel bleu, sans nuages, un petit avion est passé. Il a tracé de sa fumée blanche, juste au dessus de nos têtes, un grand point d’interrogation (à l’envers). Quelqu’un d’autre l’a vu???
- T’es heureuse aujourd’hui?
- Oui
- Moi aussi
- C’est tout ce qui compte
- Oui, un autre que les anglais n’auront pas!
Je marchais tranquillement sur le chemin du retour alors que le soleil baissait à l’horizon. Une confiance tranquille, de l’avoir vue forte et brave. Heureuse aussi, malgré tout. De savoir qu’on ne sait rien et que tout peut arriver tout le temps, quand même. Croire aux miracles. Croire qu’il y a du bonheur même (surtout?) dans les coins les plus sombres.
Classé dans : Citations | Mots-clefs: émoi, confidence, espoir, secret, sentiments
Il y a deux ans, j’avais publié ceci.
Hier, j’ai dû fouiller à nouveau ces précieuses lettres. J’ai trouvé un autre passage (qui précède celui déjà cité de quelques années), fort joli, où le peintre en exil, s’adressant à son ami poète, cède au désir de partager son émoi amoureux d’une manière à la fois pudique et tout à fait charmante :
“En votre ville il y a une jolie femme qui hante mes rares moments d’espoir. Au hasard de vos rencontres vous la verrez, sans doute, mais comme vous ne savez qui, dites à chacune un bonjour pour moi.”
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: voix, feu, flamme, yeux, passé, ombre, inertie, voie, rage, intense, voeu
Au moment précis où tu as vraiment envie d’y croire
Y’a un silence qui te murmure que ton tour est déjà passé
Et tu sais pas comment c’est possible
Parce que tu te sens trop vivante pour n’être qu’une ombre
Tu apprends (encore) que ceux qui te poussent vers le haut
Sont les mêmes qui te tirent vers le bas
Entre les deux, l’inertie
Qui te fait la vie impossible
Tu cherches ta voie, ta voix
Celle qu’ils n’entendent pas
(S’ils savaient ce que t’arrives à faire sous la douche…)
Et cette rage qui monte, la seule qu’on ne peut ravaler
Une rage de vivre qui te brûle
Intense
… Trop
Une flamme vive qu’ils raniment en essayant de la souffler
En fermant les yeux
En faisant un voeu
Classé dans : Histoires de ma vie | Mots-clefs: Hochelaga, innocence, Montréal, piquerie, prostitution
J’avais 19 ans quand j’ai quitté ma petite ville de banlieue proprette pour la grande. Je commençais l’université et avec mon chum de l’époque, on avait décidé d’en profiter pour se prendre notre premier appart. Notre budget était limité, mais jamais autant que notre connaissance des quartiers de Montréal. Après avoir visité quelques appartements dans Côte-des-Neiges (dont un où il y avait un trou de balle dans un mur!), après avoir poireauté pour rien sur la rue Fabre près de Jean-Talon en attendant après un proprio qui ne s’est jamais présenté pour nous faire visiter, parce qu’il neigeait (mais nous on avait fait 2 heures d’autobus et de métro!), on a enfin trouvé la perle rare. Dans Hochelaga.
Sans plaisanter, c’est le plus bel appartement que j’ai eu à Montréal. L’immeuble était construit depuis à peine 2 ans. Un grand 4 ½, plancher de bois franc, foyer, tout ça pour un prix ridicule. Un FOYER! Wow! On a pas posé de questions, on a signé tout de suite. Pour le bénéfice de ceux qui connaissent le coin, je vous dirais que c’était sur la nébuleuse rue Provost, qui a davantage l’air d’une ruelle, entre les rues Dézéry et St-Germain, au sud de la rue Adam, donc tout près de Ste-Cath… C’est beau l’innocence hein?
Après quelques problèmes parce que le locataire précédent avait changé d’idée et ne voulait plus déménager, on a finalement eu les clés comme prévu, en juillet. L’ex locataire nous avait gâté en laissant son perroquet chier partout dans l’appart, mais après une bonne séance de frottage et une couche de peinture partout, l’appart était génial. A fallu aussi nettoyer le balcon, plein de vidanges et de capotes usagées, mais y’avait rien pour gâcher notre bonheur.
Le lendemain matin du déménagement, on avait mis de la musique et on défaisait nos boîtes en dansant et en chantant. Puis, à l’heure du dîner, l’idée nous a pris de brancher la télé pour écouter les nouvelles. C’était Alexandre Dumas, en reportage aux faits divers. Il racontait que devant les plaintes incessantes des citoyens, la ville venait enfin de réagir et de placarder une piquerie, reconnue comme étant le pire endroit dans tout le quartier. Nos regards se sont promenés de l’écran à la fenêtre pendant quelques minutes. C’était juste en face.
Je ne crois pas que le choc culturel aurait pu être plus brutal que celui que j’ai vécu pendant cette première année à Montréal. J’ai appris à regarder au sol pour éviter les seringues quand je marche. J’ai appris que d’avril à novembre les trottoirs sont meublés de chaises pliantes portant des masses de chairs humaines qui boivent de la labatt 50 en passant des commentaires disgracieux sur les passantes. J’ai appris que j’avais besoin d’un traducteur pour comprendre le gars du dépanneur, même s’il est québécois et non pas asiatique. Peut-être que s’il avait mis son dentier, ça aurait aidé.
J’ai appris que des hommes conduisant des BMW et des Mercedes se font faire des pipes à 7h30 le matin, en bordure du parc qui longe la rue Notre-Dame par les filles de rue les plus trash avant d’aller travailler dans leurs tours aseptisées du centre-ville. J’ai appris que les gens ne réagissent pas quand ces mêmes filles là se font frapper par leur pimp sur la rue en pleine heure du jour. J’ai appris que l’abreuvoir de la section du parc pour enfants sert de douche vaginale aux prostituées, entre deux clients. J’ai appris à ne pas sortir de la maison toute seule après le coucher du soleil. J’ai appris que les clients potentiels ne font pas la différence entre une pute et une fille qui s’en va à l’école avec son sac à dos de l’U de M. J’ai appris que les vieux pépés de 80 ans qui ont l’air de vouloir demander leur chemin à bord de leur voiture, veulent en fait simplement que tu t’approches pour voir qu’ils ont les culottes baissées, le machin relativement au garde-à-vous.
J’ai appris la pauvreté des enfants qui grandissent là. J’ai appris qu’un bail, ça ne se casse pas si facilement. J’ai appris la violence de la vie et de la mort, chaque jour, pendant un an, à moins de cent mètres autour de chez moi. J’ai appris la laideur. Et j’ai appris à l’aimer, malgré tout. “I have been to hell and back. And let me tell you, it was wonderful”. Bon, ok, peut-être pas TANT que ça. mais ça fait des histoires à raconter.
Classé dans : Histoires de ma vie
Ok
Je sais qu’il y avait une belle fille qui marchait à côté de lui.
Je sais qu’il doit regarder le ¾ des filles exactement de la même manière.
Je sais que son regard devait plus vouloir dire: ” look at me i’m sooooo hot” que ce que j’ai cru y voir.
Je sais que ce billet est complètement stupide.
Et narcissique.
Mais y’a un acteur, beau-brun-ténébreux qui m’a lancé le regard le plus cochon ever.
Et ça, ça fait quand même du bien :P
Classé dans : Histoires de ma vie, Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: ailleurs, amnésie, architecture, blessure, Elvis Costello, histoire, papillons, passé, peine, pierre, rêve, reconstruire, ruines, Sur le concept d'histoire, temps, Veronica, Walter Benjamin
En architecture, aux lendemains d’un désastre naturel ou d’une folie humaine destructrice (par exemple, les bombardements de la 2e guerre mondiale), il est arrivé que l’on ait eu à reconstruire des villes entières. Et on l’a parfois fait pierre sur pierre. Triant minutieusement les débris, en étudiant et en numérotant les pièces. Réutiliser le maximum pour reconstruire une cathédrale, une forteresse. Sauvegarder une part d’histoire par la réinvention. Sublimer les blessures.
On a tous une manière différente de réagir aux événements douloureux. Ça ne nous est pas enseigné. C’est quelque chose qu’on fait d’instinct, à partir de ce que nous sommes. Ma solution à moi, c’était l’amnésie. Par deux fois.
Ça fonctionne pour un temps. Un court temps. Et puis on réalise que l’on n’avance plus, parce qu’on ne peut se construire que sur la somme de nos expériences. Faire comme si le passé n’existait pas, ne pas voir les ruines, ça ne les empêche pas d’être là. Comme s’il suffisait de vouloir être ailleurs. C’est impossible d’y échapper et ça me rattrape.
Mon problème c’est que j’en ai marre de mes vieilles histoires. J’ai pas envie de les fouiller. J’ai pas envie de les raconter. J’ai pas envie de la victimisation qui vient avec tout le processus. J’ai pas envie de prendre cette peine et de la faire mienne. Je l’ai toujours refusé. Pourquoi c’était pas une peine d’amour? Ça aurait été tellement plus simple. J’achève de trier mes pierres. C’est maintenant le temps de construire autre chose avec ça. Moi. Et si je n’ai pas encore trouvé comment faire, du moins, j’ai trouvé un angle :
«Faire œuvre d’historien [to articulate the past] ne signifie pas “savoir comment les choses se sont réellement passées”. Cela signifie s’emparer d’un souvenir, tel qu’il surgit à l’instant du danger.» (Walter Benjamin, Sur le concept d’histoire)
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Il y a bien des années, une nuit, j’ai fait un rêve étrange qui a produit une impression tellement forte sur moi qu’il m’habite toujours. J’étais perdue dans une ville en ruines. Des gens autours de moi, des chercheurs en blouses blanches me demandaient de bien regarder autour, d’essayer de me souvenir et d’identifier laquelle de ces maisons en ruines était la mienne. Un sentiment de panique montait en moi, je fouillais les décombres sans rien reconnaître. Soudainement, je me suis retrouvée seule. Le bourdonnement a cessé. Silence. Ça m’a calmée. Puis, au détour d’un mur, j’ai reconnu une pièce de la maison. Une lampe allumée. Je me suis approchée. Des dizaines de papillons aux couleurs somptueuses sont apparus, attirés eux aussi dans la même lumière. J’avais jamais rien vu de si beau. C’est fou le sentiment de bien-être que j’ai ressenti au même moment.
Je me suis toujours douté que la réponse se trouvait là.
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Classé dans : Varia
En attendant d’avoir quelque chose à raconter…
Encore le même questionnaire que vous avez vu partout.
1. Coins cornés ou marque-page?
Marque-page, mais si je suis mal pris, coins cornés.
2. Un livre en cadeau?
Souvent. J’aime en offrir, mais je n’en ai pas reçu souvent ! Je les achète avant.
3. Lis-tu dans ton bain?
Ça m’arrive, mais j’aime encore mieux lire au lit.
4. As-tu déjà pensé écrire un livre?
J’y pense toujours.
5. Que penses-tu des séries de plusieurs romans?
Je trouve que ça se gâte souvent, pour étirer la sauce.
6. As-tu un livre culte?
Plusieurs. Pour en nommer juste un : Histoire de ma vie (Giacomo Casanova). Il n’y a pas de meilleure façon de comprendre le 18e siècle.
7. Aimes-tu relire?
Oui. Certains livres en valent la peine. Lire Madame Bovary à 17 ans et à 32 ans, c’est tellement pas la même chose !!!
8. Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu’on a aimés?
Difficilement… ils sont morts la plupart du temps !
9. Aimes-tu parler de tes lectures?
Oui… faut juste trouver le bon interlocuteur.
10. Comment choisis-tu tes livres?
Au hasard de ce qui me tombe sous la main. J’achète beaucoup dans les bouquineries.
11. Une lecture inavouable?
He’s just not that into you. Je suis peut-être même due pour une petite relecture…
12. Des endroits préférés pour lire?
Étendue dans l’herbe ; sur mon balcon avec un verre de rouge les soirs d’été ; l’hiver, sous les couvertures.
13. Un livre idéal pour toi serait…
Un livre qui fait écho à mes pensées les plus secrètes.
14. Lire par-dessus l’épaule?
Oui, je suis curieuse. Ça m’arrive souvent de le faire ou de me le faire faire dans le métro.
15. TV, jeux vidéos ou livre?
Je suis plus livre, mais je n’ai rien contre le reste, ça dépend du mood.
16. Lire et manger?
N’importe quoi sur le net, principalement des blogs ou msn. À la limite une revue, mais jamais un livre.
17. Lire un livre électronique?
Non. Faudrait vraiment être mal pris.
18. Le livre vous tombe des mains, allez au bout ou pas?
Non. Y’a pu de plaisir quand on force les choses.
19. Qu’arrive-t-il à la page 100?
«En tous cas, les détails des fiançailles furent conclus par lettres au cours de la semaine suivante. » L’Amour aux temps du choléra, Gabriel Garcia Marquez.
20. Un livre que tu donnerais à ton pire ennemi?
Mon premier roman.
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: constat, erreur, Foglia, recommencer
Il y a plusieurs mois, peut-être même un an, je ne sais plus, Foglia avait proposé un jeu à ses lecteurs. Les règles étaient très simples, il suffisait de résumer sa vie en 6 mots. Pas un de plus. Ça m’est resté longtemps en tête. J’y pense encore souvent. Pourtant, ma phrase, je l’ai trouvé tout de suite. Je ne l’aime pas. Mais j’ai jamais pu trouver autre chose pour la remplacer.
« Je me suis trompée, on recommence? »
Je me suis trompée. Le constat est clair. J’ai longtemps pensé que c’était la partie difficile du problème et pourtant, une fois qu’on l’a accepté (ce qui est venu assez vite dans mon cas), c’est vraiment ce qu’il y a de plus simple.
On recommence. J’en suis encore là. Je n’en fini plus de recommencer tellement que j’ai même souvent l’air de pas avoir encore commencé à recommencer. C’est épuisant. Recommencer, ça a souvent l’air de la partie facile (surtout quand on a jamais tenté l’expérience), pourtant, c’est loin d’être si simple. Qu’est-ce qu’on doit jeter? Qu’est-ce qu’on doit garder? Qu’est-ce qu’on doit transformer? Je suis tannée de faire du ménage dans ma vieille garde-robe. Je veux des robes neuves, bon. (oui, c’est une métaphore, la robe neuve, vous savez bien, je l’ai déjà achetée).
Tout ça pour dire que j’espère trouver une nouvelle phrase à 6 mots bientôt. Et vous, c’est quoi votre phrase? Si le jeu vous inspire, j’aimerais vraiment vous lire en commentaire!