Les Plaisirs et les nuits


Starting over [is not what life’s all about]

On a tous des dates qui nous semblent marquantes.  Des grands événements significatifs, des croisées de chemins.  Parfois on les aperçoit loin devant, comme des phares à atteindre.  D’autre fois, on les voit uniquement dans le rétroviseur.

Et puis il y a des moments où tout est plus subtil, comme maintenant.  Pas de phare devant.  Pas de port derrière.  Plus de route sous mes pieds.  La sensation d’avoir donné le dernier coup de volant, le dernier coup de frein, en vain.  La dérive.  Je pense que pour la toute première fois, je viens de  comprendre le vrai sens de « lâcher prise ».

Chute libre.  Entre l’insoutenable sentiment de panique, à l’instant où le sol se dérobe sous nos pieds et le bruit sourd qui marque la fin, l’irréversible, il y a ce moment qui passe à la vitesse d’une étoile filante.  Une euphorie grisante à travers le détachement de tout.  Une liberté sans compromis.  Un temps d’absolu.  Et d’acceptation.


9 commentaires jusqu'à présent
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Faut juste pas avoir peur du vide… Quand on repart à neuf on se souvient pas qu’on a souvent dit: “J’aimerais repartir à zéro avec l’expérience que j’ai aujourd’hui!” Ça nous arrive des dizaines de fois… et on refait toujours les mêmes erreurs! :P mais non on est juste long a comprendre! j’aime bien ton texte!

Commentaire par Scare Crow

Tes textes sont très émouvants depuis quelque temps. Comme si une embâcle se défaisait…

Bonne chance.

Commentaire par MlleB

Comme un grand tour de manège faut croire …

Commentaire par La Shirley

Hmmm… ta comparaison avec une chute m’évoque plus « perdre pied » que « lâcher prise »…
Je pense qu’entre les deux il y a simplement le moment où, ayant perdu pied on a peur de couler, la panique s’installe, puis au bout d’un moment on réalise que l’on flotte, et alors… ;)

23

Commentaire par 23

@Scarecrow: On ne repart jamais à zéro…

@MlleB: Merci beaucoup :) En effet, quelque chose comme des murs qui s’écroulent.

@Shirley: Ah le grand tour de manège s’applique plus au billet précédent ;)

@23: Non, pas à mon sens. Le “lâcher prise” c’est pendant la chute et surtout bien avant de savoir si l’on s’écrasera au sol, si l’on tombera dans des coussins de plumes ou si l’on découvre que l’on “flotte”. C’est cet instant où la peur fait place à l’acceptation de ne pas savoir, de ne rien contrôler et cela, peu importe l’issue.

Commentaire par V

Tout est relatif… c’est pour ca que j’ai dit dans le même paragraphe … repartir a zéro et repartir à neuf… ;)

Commentaire par Scare Crow

Lâcher prise, c’est s’abandonner à soi-même.

Un sentiment précieux.

Sois en paix! :)

Commentaire par Angélus

Parfois, les vertiges les plus grisants nous saisissent quand on consent à brouiller nos repères, à s’éloigner des rives familières, des craintes qui nous lient à ce qu’on connaît. Lâcher prise, oui, ne pas évaluer la distance qui nous sépare du sol, mais plutôt savourer la chute.

Chouette belogue, V. Je reviendrai lâcher prise ici de temps en temps.

Commentaire par Le pornographomane

@angélus: Précieux, oui, en effet. Pour la paix, ça s’en vient ;)

@monsieur-le-porno: très juste! et merci beaucoup!

Commentaire par V




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