Classé dans : Histoires de ma vie | Mots-clefs: écrivain, Bright eyes, hommes, lover I don't have to love, vie
J’ai une copine qui me dit souvent que la vie nous apporte toujours ce qu’on a besoin, au moment où on en a besoin, qu’il suffit tout simplement d’être attentif. D’habitude, je lui réponds bullshit.
Mais…
Cette semaine, j’en ai eu ma claque des “écrivains”. Et c’est le moment qu’une ancienne fréquentation a choisi pour réapparaître. On s’est vus quelques fois, jamais sur une base régulière, jamais de façon vraiment planifiée et ça nous convenait comme ça. Quelque chose de simple, d’honnête dans le procédé. Quelqu’un de fondamentalement différent des autres hommes que j’ai connu. Pas un intellectuel, malgré ce qu’il en pense. Et c’était peut-être là sa plus belle qualité. Un sensuel, instinctif (et pas seulement au sens qu’on imagine). Bon, reste qu’on se tapait un peu mutuellement sur les nerfs aux lendemains matins, mais en même temps c’est ce qui nous gardait les pieds sur terre, j’imagine.
La conversation a pris le tour habituel et assez rapidement après le qu’est-ce que tu fais, qu’est-ce que tu deviens, est venu le t’as envie d’aller prendre un verre ce soir? J’ai commencé par dire non, en me rappelant les raisons pour lesquelles j’avais cessé de le voir. Puis, la discussion est repartie de plus belle. Passé un certain point, j’ai eu envie de changer d’idée. Revoir un gars comme lui, si différent des autres, me ferait peut-être du bien. Pas de stress, pas d’attentes, pas de déception. Au fond, je n’ai pas grand-chose à perdre. Je l’ai questionné sur son nouveau travail et il m’a appris son retour aux études. Je lui ai demandé quel domaine. Études littéraires… Profitant du fait que j’étais devenue muette, il m’a demandé si j’écrivais encore… Puis il m’a annoncé qu’il écrivait un roman qu’il aimerait bien me faire lire.
Des fois la vie… bullshit.
Classé dans : Varia | Mots-clefs: âme, érotique, création, fantasme, fatigue, mathématique, mensonge, New Order, romantique, Temptation
Juste une fatigue. Une lassitude de voir l’écriture qui se paye comptant avec de la petite monnaie d’âme. Lire partout des mots qui ne veulent plus rien dire. Des faux-semblants romantiques, parce que ça fait joli. Des faux-fuyants érotiques pour meubler le vide. Créer du sens où il n’y en a pas. Souffler la bulle parfaite, circonscrire le moment, le broder de fil blanc.
J’ai toujours lu l’envers du décor dans leurs mots, dans leurs yeux, dans leurs mains, dans leurs silences.
Et j’écris, parce que je n’ai jamais su isoler la variable.
Classé dans : Choses vues (photos), Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: célibat, cheveux, ciel, cinéma, déception sentimentale, okkervil river, plaire, ronfler, séduction, sourire, unless it's kicks
Sur Prince-Arthur, près de la Main, à 9h ce matin…
Les gens regardent le ciel, prennent des photos comme la mienne et s’échangent des sourires larges comme ça. La journée sera magnifique, parce que pour une fois, ça ne peut pas être autrement.
J’ai coupé mes cheveux. Ça fait un siècle que je ne me suis pas sentie bien comme ça. Je n’ai plus envie de te plaire. Whoever you are. Un jour, j’aimerai. Ça sera le début et non la fin. Je ne sais pas quand. Je ne sais pas qui. Je ne sais pas grand-chose.
Mais je sais que ça ne sera pas un homme qui ronfle pendant le film au cinéma… on a first date.
Classé dans : Histoires de ma vie | Mots-clefs: gynécologue, honte, mensonge, retard, tango till they're sore, Tom Waits, urgence
Il y a mille et une façons de bien commencer une journée. Avoir un rendez-vous loin sur la rive-sud pour un PAP test à 8h40 du matin, les pieds dans les étriers, quand on s’est couché passé 1 heure du matin, c’est pas sur la liste. Mais ça, c’était trop banal pour une fille comme moi.
Moi, j’ai programmé mon réveil à 6h30 du matin, en me disant que j’aurais le temps pour 1 snooze… Et évidemment, impossible de savoir ce qui s’est vraiment passé… quand j’ai ouvert l’œil et regardé le réveil, il était 8h40 tapant. Le cœur m’a fait 3 tours complets. Ça prend 15 mois pour avoir un rendez-vous annuel avec mon gynéco. Je ne PEUX PAS manquer mon rendez-vous… Mais malgré moi, c’est comme plutôt déjà fait!!! Alors qu’est-ce que je pouvais faire d’autre, à part sortir l’arme terrible des faibles : le mensonge… Pas le choix, c’est un cas d’urgence, un dernier recours.
J’appelle tout de suite la secrétaire du médecin, qui me fait poireauter sur le hold pendant presque 10 minutes. Ça me donne le temps de réfléchir à un truc plausible… Un accrochage de voiture. C’est ça! “Madame, je suis désolée, je viens tout juste d’avoir un petit accrochage de voiture, le temps de remplir le constat amiable et tout, je vais être vraiment en retard…“ La secrétaire est vraiment gentille, elle s’informe, s’assure que je n’ai rien… “Non non, que quelques égratignures sur la voiture, plus de peur que de mal…” “Ne vous en faites pas mademoiselle, si vous arrivez avant 11h cet avant-midi on vous passera sans problèmes, ne vous inquiétez pas avec ça…” Yess!!!! ok, ça a marché, mais j’ai quand même un peu honte…
Je m’habille en vitesse et je pars. Arrivée sur place, une surprise de taille m’attendait, la clinique a été convertie en cabinet de dentiste… Aucunes indications… Je m’informe à la réceptionniste qui me donne la nouvelle adresse de la clinique, déménagée il y a deux ans… Est-ce que j’ai dit que ça prenait plus de 15 mois pour avoir un rendez-vous??? Je repars donc, toujours à la course. Je suis finalement arrivée, heureusement avant 11 heures. L’infirmière qui me reçoit a été brieffée par la secrétaire, elle est tellement gentille (et j’ai trop honte!). “Vous allez bien mademoiselle? Est-ce que je prends votre pression quand même? Vous devez être stressée…” “Heu oui, mais j’ai quand même eu le temps de me calmer un peu… ” “Ah oui, je vois ça, votre pression est quand même belle, juste un tout petit peu élevée…“
Comme pour le polygraphe, sans aucun doute…
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: désert, facebook, infini, intime, mémoire, mer, mirage, Nirvana, nuit, Oh me, oubli, regards, silence
Je suis tombée, par hasard, sur ta photo. D’accord, juste avant, il a quand même fallu que je tape ton nom sur facebook… Je ne sais pas pourquoi (en fait, oui, je sais), mais je ne m’attendais pas à te voir apparaître. À vrai dire, j’avais même oublié que je portais encore, malgré moi, cette mémoire des sens, cette intime connaissance de toi.
Ça m’a rappelé ces regards à la fois aveugles et dévorants. Comment savoir si c’était des je t’aime ou des aime-moi ? Ces silences que tu n’as pas su traduire. Les clés que j’ai préféré avaler plutôt que de donner. Toutes ces choses que je ne saurai jamais dire et que tu ne pourras jamais soupçonner, je pourrai peut-être, un jour (ou une nuit), les écrire. Renverser les mirages, étaler enfin la mer intérieure que je t’ai laissé prendre pour un désert.
Ou peut-être pas.
