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Classé dans : Choses vues (photos), Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: 1893, abandon, ancre, étoile, ciel, eau, encre, lumière, murmures, numérique, ombre, parc, photographie, regard
Samedi matin, j’ai traversé ce petit parc dans un quartier de la ville que je découvrais pour la première fois. Le ciel était éclatant de lumière et l’air frais me traversait encore une fois de cette idée de toi qui n’existe pas, même quand tu murmures les mots les plus fous à mon oreille. J’ai pris des dizaines de photos de la sculpturale fontaine de 1893 entourée d’arbres centenaires. Aucune de ces images n’arrivait à transmettre la beauté des lieux, le bleu du ciel ou de tes yeux. J’ai pointé la caméra sur l’eau stagnante, dans un geste d’impatience. Un abandon.
J’ai quitté les lieux sans me retourner, avec l’impression d’être passée si proche. Un effleurement. Toucher le ciel, capturer l’instant. L’éclat entrevu une fraction de fraction de seconde au fond d’un regard. Une étoile microscopique contenant l’univers, déposée sur un papier aux sels d’argent et j’aurais pu y vivre. Pour un temps. La mémoire numérique s’efface trop rapidement. Les formes n’arrivent plus à s’ancrer dans mes paysages. Et l’encre, numérique elle aussi, se fait de plus en plus rare.
Et je regarde cette photo ce matin, qui me donne à penser que le ciel ne se voit vraiment qu’au détour de l’eau, de la même façon que ton ombre, amour, sera toujours plus présente que toi-même dans ma vie.
Classé dans : Choses vues (photos) | Mots-clefs: araignée, attente, devlins, waiting
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Classé dans : Choses vues (photos), Histoires de ma vie, Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: magie, moulin à image, Québec, rêve, Robert Lepage, terrasse

Depuis quelques années, Québec était devenu pour moi un mauvais souvenir sensible. C’était plutôt dommage, parce que j’ai toujours trouvé que c’était une ville magnifique. Hier c’était donc le moment de retisser des nouveaux liens avec les lieux visités tant de fois, dans d’autres contextes. J’ai enfin pu tout revoir, avec des yeux nouveaux, sans l’ombre d’un nuage qui plane. Et on dira ce qu’on voudra, mais l’air est tellement meilleur là-bas. Le vent de la mer, peut-être.
J’ai enfin vu, un an après tout le monde, le grandiose Moulin à images de Robert Lepage. 45 minutes de magie visuelle et sonore. Des milliers de gens envoûtés qui contemplent l’œuvre dans un silence quasi religieux. 45 minutes qui sont passées à la vitesse de l’éclair. 45 minutes qui justifiaient à elles seules les 500 kilomètres parcourus.
Pourtant, en quittant la ville, je me suis soudainement souvenue pourquoi je n’y habiterai jamais. Y a-t-il un couvre-feu dans cette ville de fonctionnaires? Pas moyen de trouver une terrasse encore ouverte passé 22h30, par une nuit magique comme seules peuvent l’être celles du mois d’août. Des milliers de gens, la tête encore engourdie du rêve, quittent le vieux port tel des somnambules qui regagnent doucement leurs lits, pendant que la ville dort déjà d’un sommeil juste et profond.
Ajout : Et j’ai perdu la trace de la fameuse librairie Argus livre anciens, le local de la rue St-Paul abrite maintenant un bureau…
C’est devenu une seconde nature. Quand je marche sur la rue, j’ai beau porter mes lunettes de soleil, être branchée sur mon ipod le volume au max, je suis quand même à l’affut de tout ce qui bouge autour de moi. Ou de ce qui ne bouge pas. Je ne sais pas exactement ce que je cherche, mais je finis toujours par trouver. Avec la sensation d’avoir découvert un trésor là où personne n’y voit rien. Parfois qu’une simple coquille vide… Pas la première, ni la dernière.
Classé dans : Choses vues (photos), Citations, Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: Albert, chat, fierté, Foglia, mépris
Je suis retombée sur cet extrait d’une superbe chronique de Foglia qui m’avait tellement fait rire parce qu’il est vraiment right on. Enfin, peut-être sauf pour Albert, mon chat jaune dépendant affectif qui veut être caressé de tous, même (surtout) par ceux qui le méprisent. Comme s’il se donnait un défi. Aucune fierté ce chat (mais de qui est-ce qu’il peut bien tenir ça???). Alors, voici l’extrait :
“Tant qu’à dire des folies, savez-vous pourquoi le chien est le meilleur ami de l’homme? C’est Tonton, un de mes sept chats, qui m’a demandé ça l’autre jour. Il n’est pas censé parler, je sais bien, mais bon, ça lui est arrivé juste cette fois-là; depuis la mort de Picotte, Tonton est mon chat préféré, j’aime bien le prendre dans mes bras, le papouiller, le coller sur ma joue. C’est dans cette position que l’autre jour il m’a dit à l’oreille: sais-tu pourquoi le chien est le meilleur ami de l’homme?
Non, Tonton, je sais pas.
Parce que les chats ne voulaient pas, calvaire! Lâche-moi!“
Il y a quelques années j’ai passé un long week-end dans la ville de Québec. Plus particulièrement dans le vieux Québec (Hôtel Dominion, mémorable). Au hasard de mes promenades, j’avais découvert une bouquinerie dont j’ai malheureusement oublié le nom Argus Livres Anciens (rue St-Paul) remplie de trésors. J’ai acheté deux estampes provenant de journaux datant des années 1870 (un fait divers meurtrier et une vue du carré Viger) ainsi qu’une série de cartes postales, surtout des portraits de femmes et/ou de travestis (oui oui!) datées de 1908 à 1923.
L’une d’entre elles, différente, montre un portrait de famille aisée. Une mère, dans la jeune trentaine, en jolie robe blanche style belle époque est assise dans un grand fauteuil en osier. Son visage n’a que très peu d’expression. Lassitude peut-être. Elle est entourée de deux fils, environ 3 et 6 ans qui posent chacun une main sur le bras du fauteuil d’une façon très peu naturelle. L’air impatients de retirer les habits du dimanche pour aller jouer. À ses pieds une fillette de peut-être 8-10 ans est couchée dans l’herbe. Moue superbe. Ses mains caressent la fourrure d’une peau de loup gris dont la gueule repose tout près de ses jambes, juste au bas de la jupe. Ce détail qui me fascine se retrouve donc pour un temps dans l’en-tête du site.
Classé dans : Choses vues (photos) | Mots-clefs: chute libre, ciel, icare, mythologie, nuage

Classé dans : Choses vues (photos) | Mots-clefs: hiver, Montréal, Parc Laurier, soir

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Classé dans : Choses vues (photos), Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: chien, iggy pop, Montréal

C’était comme une vraie journée de printemps sur St-Denis, tout en odorama (si vous pensez imaginer ce que je veux dire, multipliez par 10). Mais ceux là étaient juste trop mignons, j’ai pas pu m’empêcher de les prendre en photo.
Classé dans : Choses vues (photos), Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: écriture, histoire, invention, journée du blog sur papier, univers des possibles















