Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: bouddhisme, délivrance, désir, paix, renoncer, vie, violence
Nous sommes faits — littéralement — de désir.
C’est l’essence même, la matière première de la vie.
Renoncer au désir, c’est renoncer à soi-même, donc renoncer à la vie.
Ce n’est pas un acte de paix ni de délivrance.
C’est la plus grande violence que l’on peut s’infliger à soi-même.
I’m no fucking buddhist.

Ceci n’est pas un blog de cuisine. C’est le blog d’une fille qui épluche des oignons par un dimanche tout gris, tout en relisant de l’autre main, L’Éducation sentimentale de Flaubert.
Classé dans : Choses vues (photos), Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: célibat, cheveux, ciel, cinéma, déception sentimentale, okkervil river, plaire, ronfler, séduction, sourire, unless it's kicks
Sur Prince-Arthur, près de la Main, à 9h ce matin…
Les gens regardent le ciel, prennent des photos comme la mienne et s’échangent des sourires larges comme ça. La journée sera magnifique, parce que pour une fois, ça ne peut pas être autrement.
J’ai coupé mes cheveux. Ça fait un siècle que je ne me suis pas sentie bien comme ça. Je n’ai plus envie de te plaire. Whoever you are. Un jour, j’aimerai. Ça sera le début et non la fin. Je ne sais pas quand. Je ne sais pas qui. Je ne sais pas grand-chose.
Mais je sais que ça ne sera pas un homme qui ronfle pendant le film au cinéma… on a first date.
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: désert, facebook, infini, intime, mémoire, mer, mirage, Nirvana, nuit, Oh me, oubli, regards, silence
Je suis tombée, par hasard, sur ta photo. D’accord, juste avant, il a quand même fallu que je tape ton nom sur facebook… Je ne sais pas pourquoi (en fait, oui, je sais), mais je ne m’attendais pas à te voir apparaître. À vrai dire, j’avais même oublié que je portais encore, malgré moi, cette mémoire des sens, cette intime connaissance de toi.
Ça m’a rappelé ces regards à la fois aveugles et dévorants. Comment savoir si c’était des je t’aime ou des aime-moi ? Ces silences que tu n’as pas su traduire. Les clés que j’ai préféré avaler plutôt que de donner. Toutes ces choses que je ne saurai jamais dire et que tu ne pourras jamais soupçonner, je pourrai peut-être, un jour (ou une nuit), les écrire. Renverser les mirages, étaler enfin la mer intérieure que je t’ai laissé prendre pour un désert.
Ou peut-être pas.
Classé dans : Citations, Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: étoile, conversation, Gustave Flaubert, honte, L'éducation sentimentale, nuit, regard, regret, sourire, vaine
“Ils étaient l’un près de l’autre, debout, dans l’embrasure de la croisée. La nuit, devant eux, s’étendait comme un immense voile sombre, piqué d’argent. C’était la première fois qu’ils ne parlaient pas de choses insignifiantes. Il vint même à savoir ses antipathies et ses goûts : certains parfums lui faisaient mal, les livres d’histoire l’intéressaient, elle croyait aux songes. […] Elle souriait quelquefois, arrêtant sur lui ses yeux, une minute. Alors, il sentait ses regards pénétrer son âme, comme ces grands rayons de soleil qui descendent jusqu’au fond de l’eau.”
“Il étendit la main gauche de son côté et la laissa toute grande ouverte, — s’imaginant qu’elle allait faire comme lui, peut-être, et qu’il rencontrerait la sienne. Puis il eut honte, et la retira.”
— Gustave Flaubert, L’Éducation sentimentale
*****
Ils marchaient ensemble dans la ville. La nuit était sans étoiles et le vent s’infiltrait sous la peau. Ils parlaient de choses insignifiantes, s’échangeaient des questions comme autant de vaines tentatives pour apprendre à se connaître. De temps à autre, lorsque leurs regards se croisaient, un éclat particulier jaillissait avant de s’éclipser, discrètement détourné, à l’ombre des sourires naissants.
Il a frotté ses mains l’une contre l’autre, pour les réchauffer. Elle l’a imité. Elle eut cette impulsion de poser ses mains transies contre les siennes et de les serrer, si fort. Mais ne sachant si ce contact allait le glacer davantage (ou peut-être le brûler?), elle n’a pas osé. Elle eut honte, et détourna son regard. Comme à regret, ils ont tous deux lentement remis leurs mains dans leurs poches, puis, doucement (inévitablement) repris la marche, sans but.
Classé dans : Choses vues (photos), Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: 1893, abandon, ancre, étoile, ciel, eau, encre, lumière, murmures, numérique, ombre, parc, photographie, regard
Samedi matin, j’ai traversé ce petit parc dans un quartier de la ville que je découvrais pour la première fois. Le ciel était éclatant de lumière et l’air frais me traversait encore une fois de cette idée de toi qui n’existe pas, même quand tu murmures les mots les plus fous à mon oreille. J’ai pris des dizaines de photos de la sculpturale fontaine de 1893 entourée d’arbres centenaires. Aucune de ces images n’arrivait à transmettre la beauté des lieux, le bleu du ciel ou de tes yeux. J’ai pointé la caméra sur l’eau stagnante, dans un geste d’impatience. Un abandon.
J’ai quitté les lieux sans me retourner, avec l’impression d’être passée si proche. Un effleurement. Toucher le ciel, capturer l’instant. L’éclat entrevu une fraction de fraction de seconde au fond d’un regard. Une étoile microscopique contenant l’univers, déposée sur un papier aux sels d’argent et j’aurais pu y vivre. Pour un temps. La mémoire numérique s’efface trop rapidement. Les formes n’arrivent plus à s’ancrer dans mes paysages. Et l’encre, numérique elle aussi, se fait de plus en plus rare.
Et je regarde cette photo ce matin, qui me donne à penser que le ciel ne se voit vraiment qu’au détour de l’eau, de la même façon que ton ombre, amour, sera toujours plus présente que toi-même dans ma vie.
Classé dans : Histoires de ma vie, Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: bêtise humaine, célibat, déceptions sentimentales, Feist, hommes, my moon my man, relations amoureuses
On ne devrait jamais planifier une première date, un soir de pleine lune, avec un gars qui a le même prénom que l’ex.
On ne devrait jamais se fier aux apparences. Même quand on juge qu’on n’a pas d’lair d’être ce genre de fille là pantoute, ça se pourrait qu’un gars décide, tout à fait out of the blue, de nous surnommer affectueusement “tweety” et cela, après seulement 5 minutes de conversation.
On ne devrait jamais devenir trop rapidement la maîtresse d’un gars qui revient d’un voyage en Asie, la tête encore pleine de fantasmes sur les jolies petites taiwanaises.
On ne devrait jamais faire une blague à un gars qui a choisi RogerGingras comme user name sur un site de rencontre. Même s’il est beau comme un cœur et s’il a moins de 30 ans, des fois, ça se pourrait que ça soit son vrai nom.
On devrait toujours montrer un flash mob à un gars avant de le dater, s’il est pas ému le moindrement, ça vaut pas la peine, son cœur est déjà mort.
On ne devrait jamais avoir à expliquer à un gars pourquoi il ne peut pas espérer nous ramener chez lui s’il refuse de nous dire son nom de famille.
On devrait toujours se méfier d’un gars qui a plus de 300 amis facebook, surtout s’il est maintenant ami avec 15 nouvelles filles dans les événements récents dont trois juste après nous, même s’il nous a ajouté il y a moins de deux minutes et qu’il continue à nous jaser msn intensivement pendant tout ce temps là. Great at multi-tasking isn’t always convenient.
On ne devrait jamais se gêner pour faire du ménage dans nos amis facebook.
On ne devrait jamais lâcher un soupir de soulagement quand RogerGingras finit par dire que ce n’est pas vrai nom. Ça se pourrait qu’il ajoute dans la phrase suivante qu’il vient tout juste de reprendre avec sa copine, qu’il ne croit pas aux rencontres sur le net, mais qu’il aimerait bien continuer à jaser avec nous…
On devrait toujours vérifier si c’est pas écrit fucking back-up plan, click here for great savings! quelque part sur notre photo. Avec une loupe.
On ne devrait jamais répondre à la porte un dimanche matin en tenue indécente. Ça pourrait être un voisin qui veut emprunter du sucre. Ça pourrait aussi être un témoin de Jéhovah. Mais ça pourrait surtout être un amant qui a quitté un peu tôt (ou un peu tard, c’est selon) la veille et qui vient avouer candidement sa confusion d’apprendre que la jolie taiwanaise qu’il a rencontré deux jours avant la fin de son périple (et avec qui il ne s’est rien passé là-bas, mais qu’il gardait dans son msn même s’il pensait très honnêtement ne jamais la revoir de sa vie) a acheté un billet d’avion et débarque dans son minuscule 3 ½ avec juste un lit la semaine prochaine.
On ne devrait jamais s’étonner du fait que je ne suis pas une morning kind of gal…
On ne devrait jamais considérer le online dating comme autre chose qu’un crash course sur la bêtise nature humaine.
Classé dans : Mauvaises pensées choisies, Textes favoris | Mots-clefs: bloody mother fucking asshole, déception sentimentale, désir, Martha Wainright, sexe
Je n’ai pas de rêve à t’offrir
Je n’ai pas d’histoires à te raconter
Je ne franchirai aucune distance pour toi
Je t’oublierai à chaque fois que tu ne seras plus devant mes yeux
Je serai sans lendemains
Mais
Tu sauras quand même prendre tout ce que je n’ai pas à donner
Classé dans : Citations, Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: Fabrice Luchini, intelligence, Le Point sur Robert, passion, Paul Valéry
“Les mots sont des planches jetées sur des abîmes avec lesquelles nous traversons l’espace d’une pensée…”
— Paul Valéry
Une performance inoubliable. Fabrice Luchini est la définition même de l’intelligence. De la vraie passion des mots qui se cultive en dehors de soi, (dans l’oubli de soi?) de celle qui se tourne d’abord vers l’autre, qui se transmet, se communique dans le bonheur et la générosité absolue.
Et pour le prix du billet, y’a master card.
Classé dans : Mauvaises pensées choisies, Textes favoris | Mots-clefs: air, amitié, âme, éléments, corps, eau, feu, relations amoureuses, terre
Il en va de certaines amitiés comme de l’eau. Je plonge et je trouve le chemin du cœur sans vraiment l’avoir cherché. À bout de souffle, je remonte à la surface brillante et réfléchissante des choses. Puis je replonge et je reviens encore avec une étonnante, surprenante facilité. Jusqu’au jour où je réalise que j’ai quelque part, perdu le chemin. Il n’y a pas de cartographie de l’eau.
Après l’eau, vient l’air et ceux qui comme une bouffée d’oxygène pur, étourdissent les sens. J’ai vogué un peu sur les tapis volants, légers, au gré du vent. Je jongle et infailliblement, tout finit par me glisser d’entre les doigts. Chute des corps. Dissolution de l’âme.
Avec l’air, se gonfle le feu. Chaleur qui embrase le temps d’un instant, mais qui détruit tout sur son passage. Je ne sais pas dompter le feu qui me domine et m’abandonne avec un goût de cendre amer dans la bouche.
J’apprends donc à aimer les chemins de terre franche qui se cultivent avec lenteur. Ceux qui ne cèderont pas sous les pas, ceux qui appartiennent au tangible, ceux qui alternent les saisons et se renouvellent sans cesse, malgré la pluie, le vent et la sécheresse. Ceux qui ne craindront pas le passage du temps. Ceux qui supportent et nourissent mes regards affamés, émerveillés.
Classé dans : Mauvaises pensées choisies, Textes favoris | Mots-clefs: absolu, acceptation, étoile, chute libre, dérive, euphorie, lâcher prise, liberté, Modest Mouse, panique, phares, The world at large
On a tous des dates qui nous semblent marquantes. Des grands événements significatifs, des croisées de chemins. Parfois on les aperçoit loin devant, comme des phares à atteindre. D’autre fois, on les voit uniquement dans le rétroviseur.
Et puis il y a des moments où tout est plus subtil, comme maintenant. Pas de phare devant. Pas de port derrière. Plus de route sous mes pieds. La sensation d’avoir donné le dernier coup de volant, le dernier coup de frein, en vain. La dérive. Je pense que pour la toute première fois, je viens de comprendre le vrai sens de « lâcher prise ».
Chute libre. Entre l’insoutenable sentiment de panique, à l’instant où le sol se dérobe sous nos pieds et le bruit sourd qui marque la fin, l’irréversible, il y a ce moment qui passe à la vitesse d’une étoile filante. Une euphorie grisante à travers le détachement de tout. Une liberté sans compromis. Un temps d’absolu. Et d’acceptation.
Classé dans : Mauvaises pensées choisies
Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Je n’avais jamais été dans cet état. Jamais. Ou du moins, je n’avais jamais été dans cet état sans pouvoir fournir d’explications rationnelles. Là, ce matin, tout est devenu clair (enfin). Je ne connaissais pas ça. J’avais aucune idée de l’impact réel de trois lettres. J’étais même sur le point de penser que c’était une forme de légende urbaine, le seul et unique secret bien gardé par solidarité féminine. Jusqu’à ce que je réalise qu’entre deux crises de larmes, je pourrais moi aussi renverser Gengis Khan. Avec une main dans le dos. On dit que c’est fort, les hormones… alors imaginez lorsqu’elles décident tout revirer à l’envers pour se pointer avec presque deux semaines d’avance. Not good.
L’air de rien je viens de faire le post que toutes les blogueuses finissent par faire et que je m’étais dont jurée de ne jamais faire. Check.
Quand je me suis installée dans mon appartement actuel, je ne voulais rien qui puisse me rappeler la vie, les lieux d’avant. Un peu comme lorsqu’on choisit un nouvel amant antithèse de celui qui précède, avec le désir (inavoué) de mieux pouvoir anéantir son souvenir.
Depuis des mois je regarde cet appartement qui devrait être mon reflet et je ne m’y retrouve pas. J’avais tellement envie d’un lieu différent de ceux qui ont précédés que j’en ai fait un lieu qui n’est plus moi, qui ne me ressemble pas… ou si peu. Les couleurs vives que j’avais l’habitude d’étaler partout sont devenues sobres. Je peux encore vivre avec le jaune un peu éteint de la cuisine, pour le peu de temps que je passe là. J’ai réveillé le vert un peu terne du salon lorsque j’ai changé les housses de divan crème pour un rouge éclatant, là, ça va. Mais quand je regarde la grande pièce double qui me sert de chambre et de bureau (donc là où je passe le plus clair de mon temps), la seule chose que je peux me dire c’est qu’elle me fait penser à certains réveils, lorsqu’on tourne la tête vers l’autre oreiller. Merde, veux-tu bien me dire à quoi j’ai pensé?
Des murs neutres. Désert de je-ne-sais-plus-quoi. Oui, désert. Fallait quand même avoir de la suite dans les idées. J’ai mis une couverture fleurie par-dessus le malaise. Et trop de coussins pour meubler le vide. Et une fois que le mal est fait? Les compromis. Repeindre les meubles plutôt que les murs. Utiliser la fonction réversible de la couverture. Ranger les coussins dans l’armoire. Voir si tout ça peut fonctionner pour un temps. J’ai trop la flemme pour repeindre ma chambre… à la place, je suis allée repeindre celle de ma filleule.
— Aparté —
Investir les efforts ailleurs. Là où il n’est pas trop tard. Là où ça vaut vraiment la peine. S’étourdir, sortir de soi ou encore reprendre ses sens, revenir à soi? Je ne sais plus. Peut-être, seulement, ne plus y penser. Chercher, mais ne pas savoir comment faire pour revenir au temps où le miroir rendait une image fidèle de soi. Échouer. C’est toujours l’infime partie que l’on refuse de montrer (de reconnaître?) qui est vue en premier. Le reste, on aura beau le crier, il n’y a que des murs pour entendre. Si tout pouvait être aussi simple que des murs à repeindre. Il n’y a pas de soustraction possible. La vie, ça tache. Une fois qu’on a échappé du rouge dans le bleu, ça donne du mauve. Ecchymoses. Deal with it.
Classé dans : Histoires de ma vie, Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: célibat
Ou les joies du online.
strike 1
Il est amateur de sport extrême.
Je confie que le seul sport extrême que je pratique, c’est la marche.
Il hésite, il affirme qu’il n’est pas si sportif que ça.
Je regarde ses 10 photos de profil facebook : 1 en alpiniste, 3 en marathonien, 2 en ski, 2 en plongée, 1 en parachute et 1 au volley-ball de plage.
Son idée d’une first date (ou le naturel qui revient au galop) : m’emmener faire du vélo sur le mont Royal.
Ah, j’ai pas de vélo? Pas grave on peut toujours aller faire du roller?
Non???
a) Il sait pas lire
b) Il s’est trompé de fille
c) Il s’est jamais fait dire non
d) Toutes ces réponses
strike 2
Il est plutôt intello.
Il parle beaucoup.
Ça facilite la conversation.
À moins que… ça ressemble pas plutôt à un monologue?
Il adooooore le jazz.
J’avoue candidement que c’est bien le seul type de musique que je ne supporte absolument pas.
Son idée d’une first date : m’emmener prendre un verre… dans une boîte de jazz!!!
Ok, est-ce qu’il écoute quand je parle?
a) Si lui aime ça, tout le monde intelligent doit aimer ça
b) Il sait ce qui est bon pour moi
c) Il n’écoute pas, il attend pour parler
d) Quand il jouit, il crie son propre nom
strike 3 *fausse balle?*
On a trop de points en commun.
On dirait vraiment du sur mesure (jackpot!)
***Il me répète souvent qu’il est un homme très galant et que c’est une qualité importante à ses yeux***
Un soir, sans que je l’aie demandé (pffff, j’oserais jamais!), il me donne son numéro de cell.
Fair trade, je lui donne le mien.
Il offre de m’appeler dès le lendemain pour qu’on aille prendre un verre.
Je suis d’accord.
Quelques heures plus tard, il me recontacte pour répéter qu’il a très hâte de me rencontrer et qu’il va appeler le lendemain. (ok he’s drunk now!)
Et le lendemain…
… (tadam!) il n’appelle pas!
a) Il est hang over sur la corde à linge
b) Son ex l’a rappelé
c) Sa mère est morte
d) Il pense que si je suis intéressée, je vais appeler. (Parce que c’est sûr qu’appeler un gars en lui disant “heille, tu devais pas m’appeler???“, ça part tellement bien…)
Sabotage? Niaisage?
Ou manières complètement machiavélique de tester mon intérêt?
I’m clueless (and offline!)
Classé dans : Mauvaises pensées choisies
Y’a ceux qui pensent que ça contrevient à l’ordre naturel des choses.
Y’a celle qui pense que l’ordre naturel des choses est en conflit d’intérêt.
Y’a ceux qui pensent que je ne devrais tellement pas parler de ces choses là, franchement, de quoi j’ai l’air.
Y’a celle qui pense que beaucoup plus de femmes oseraient non seulement en parler, mais assumer leurs désirs, si elles n’étaient pas si préoccupées par ce que le reste du monde va penser.
Y’a ceux qui voient ça comme un défi. Ils en profitent pour mettre leur ligne à l’eau. Vantent les mérites de l’expérience. Tite-fille-tu-sais-pas-ce-que-tu-manques.
Y’a celle qui dit whatever.
Y’a ceux qui se rappellent uniquement d’une dizaine de textes sur plus de six cent cinquante. 1.5% sonne désormais comme une fixation et ils sont convaincus que je viens de faire fuir l’homme de mes rêves, parce qu’on sait bien que l’homme de nos rêves est toujours un grand insécure effarouché devant la femme qui désire. La femme ne désire pas, son rôle se limite à être désirée.
Mais y’a celle qui pense encore que dans un monde idéal, son homme aurait entre 28 et 36 ans. Tant qu’à faire, elle pense aussi qu’il serait amoureux d’elle, beau, grand, sans enfants, cultivé, drôle, non-fumeur et il aurait un cheval noir (parce que le blanc, c’est salissant). Elle exagère, c’est sûr.
Classé dans : Choses vues (photos), Histoires de ma vie, Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: magie, moulin à image, Québec, rêve, Robert Lepage, terrasse

Depuis quelques années, Québec était devenu pour moi un mauvais souvenir sensible. C’était plutôt dommage, parce que j’ai toujours trouvé que c’était une ville magnifique. Hier c’était donc le moment de retisser des nouveaux liens avec les lieux visités tant de fois, dans d’autres contextes. J’ai enfin pu tout revoir, avec des yeux nouveaux, sans l’ombre d’un nuage qui plane. Et on dira ce qu’on voudra, mais l’air est tellement meilleur là-bas. Le vent de la mer, peut-être.
J’ai enfin vu, un an après tout le monde, le grandiose Moulin à images de Robert Lepage. 45 minutes de magie visuelle et sonore. Des milliers de gens envoûtés qui contemplent l’œuvre dans un silence quasi religieux. 45 minutes qui sont passées à la vitesse de l’éclair. 45 minutes qui justifiaient à elles seules les 500 kilomètres parcourus.
Pourtant, en quittant la ville, je me suis soudainement souvenue pourquoi je n’y habiterai jamais. Y a-t-il un couvre-feu dans cette ville de fonctionnaires? Pas moyen de trouver une terrasse encore ouverte passé 22h30, par une nuit magique comme seules peuvent l’être celles du mois d’août. Des milliers de gens, la tête encore engourdie du rêve, quittent le vieux port tel des somnambules qui regagnent doucement leurs lits, pendant que la ville dort déjà d’un sommeil juste et profond.
Ajout : Et j’ai perdu la trace de la fameuse librairie Argus livre anciens, le local de la rue St-Paul abrite maintenant un bureau…
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Ça fait plus d’un an maintenant. Dire que tu me manques, ça serait mentir. Ça faisait même longtemps que je n’avais pas pensé à toi. Tu n’es plus au centre de moi. Tu n’es plus. Mais depuis toi, il n’y a plus rien. Ou si peu. Depuis trop longtemps, je change trois fois de robes pour rencontrer des hommes que je n’ai pas vraiment envie de séduire. Depuis toi, trop de fois, j’ai fait l’amour au mépris.
Je t’ai donné mon feu, parti en fumée. J’avais gardé deux pierres que je frottais l’une contre l’autre, créant l’étincelle fragile dont je ne savais plus rien tirer. Ces pierres, trop lourdes à porter, je les ai lancées au fond de toi comme dans un lac aux eaux froides que la légende dit sans fond. Advienne que pourra.
Dire que tu me manques, ça serait mentir. Mais les papillons et les bonds du cœur me manquent. T’aimer faisait de moi une meilleure personne.
Il te reste encore assez d’orgueil pour décider que tu peux pas sortir dehors sans prendre une douche et te laver les cheveux même s’il est 16H06 et que la SAQ ferme à 17h et que tu risques donc ainsi de passer ton samedi soir sans vin à boire.
Cela dit, quand tu pars de chez toi à 16h51 et que le point de vente le plus près est à 6 minutes de marche mais que tu es retardée par toutes les lumières rouges, que ton rythme cardiaque et ta pression s’accélèrent pour finalement se calmer avec un sentiment de béatitude infini au moment où on te laisse franchir la porte… Tu commences à avoir un (très) léger doute.
C’est devenu une seconde nature. Quand je marche sur la rue, j’ai beau porter mes lunettes de soleil, être branchée sur mon ipod le volume au max, je suis quand même à l’affut de tout ce qui bouge autour de moi. Ou de ce qui ne bouge pas. Je ne sais pas exactement ce que je cherche, mais je finis toujours par trouver. Avec la sensation d’avoir découvert un trésor là où personne n’y voit rien. Parfois qu’une simple coquille vide… Pas la première, ni la dernière.

