Les Plaisirs et les nuits


I just met a wonderful new man [He’s fictional but you can’t have everything]

L’être que j’attends n’est pas réel.  Je le crée et je le recrée sans cesse à partir de ma capacité d’aimer, à partir du besoin que j’ai de lui : l’autre vient là où je l’attends, là où je l’ai déjà créé.  Et s’il ne vient pas, je l’hallucine : l’attente est un délire.

Roland Barthes, Fragments d’un discours amoureux



One of them would be me [watching you run]

Je suis partie tard du boulot hier soir.  Le ciel était gris et le vent plutôt désagréable, mais au bout de 5 minutes, ça ne me dérangeait plus.  Il faut dire  aussi que le vent est tombé, quelque part en chemin. En traversant le so-called plateau, passage obligé entre le centre-ville et mon quartier, j’ai fait deux rencontres, coup sur coup en l’espace de deux coins de rues.  Comme s’il n’y avait que deux avenues.

Le premier, c’est un gars que je croise au moins une fois par semaine dans un café où je vais souvent sur l’heure du midi, en plein centre-ville.  Un jour, il m’a abordé en jurant qu’il était sûr de me connaître.  Moi, sa tête ne me disait rien du tout et pourtant j’ai habituellement une très bonne mémoire des visages.  Il a émis l’hypothèse qu’on se soit croisés à l’université.  Bon, on a fréquenté la même université, fait bac et maîtrise dans le même département, mais pas dans les mêmes années…  Finalement il a trouvé.  On a déjà eu le même employeur pendant 6 mois… il y a huit ans.  Et son visage m’est resté complètement anonyme.  Depuis ce jour là, j’ai continué de le croiser régulièrement, toujours au café.  Curieusement, même après qu’on se soit parlé, je me rend compte que j’arrive jamais à reconnaître son visage.  Ni beau, ni laid, mais sans caractéristiques particulières.  Alors je le reconnais à l’air qu’il me fait lorsqu’il me voit.  À sa timidité naturelle qui laisse pourtant filtrer un air content de me voir.  Hier, donc, on s’est retrouvés face à face sur un coin de rue.  Paraît qu’on habite à une dizaine de minutes.  On s’est dit que c’était quand même un drôle de hasard.  Il a l’air gentil, mais gentil comme dans : “c’est ben plate mais j’ai pas envie de lui arracher son linge”.

Une rue plus loin, j’ai revu un amant d’une nuit, au volant de sa voiture.  Il m’a regardé, mais sans me voir.  Alors j’ai fait pareil.  J’ai jamais compris ce  goût du mensonge, ce besoin méprisant qu’éprouvent certains amants pour l’enrobage romantique de pacotille, un plaqué d’or sur des histoires passagères.  C’est le vrai lieu du vulgaire.  Du toc qui ne s’assume pas.  Je n’ai pas besoin qu’on me joue la grande scène de l’amoureux transi devant sa muse si c’est pour mieux disparaitre au lendemain.  On se plait, on se fait plaisir, c’est tout.

Je n’ai jamais compris la game…  Je ne l’ai jamais joué “pour vrai” non plus.  J’ai jamais eu de véritables blessures d’amour, juste des blessures d’orgueil.  Honnêtement, je pense que ça serait souvent plus facile si je pouvais me dire au moins j’ai aimé.

Puis, le ciel, dans un élan de générosité après la journée grise, a laissé filtrer quelques rayons rosés, lors de la traversée du parc.  La scène semblait cinématographique.  Les couples d’amoureux, les jeunes enfants, les cris, les rires.  Passé le bâtiment, à ma droite, les joueurs de balle-molle bedonnants qui me reluquent pendant que je regarde courir, à ma gauche, les joueurs de soccer qui laissent voir leurs beaux mollets.  Oui, j’ai développé une passion du mollet parfait, un jour je vous expliquerai (quoique c’est peut-être pas si nécessaire).  Sur le sentier, près du dog park, je suis passée entre deux chiens qui aboyaient furieusement.  Une femme est intervenue pour ramener sa bête à l’ordre.  Elle m’a sourit quand je lui ai confirmé que je n’avais pas eu peur.  Depuis longtemps, je n’ai plus peur des chiens.  Son chien est venu me quêter une caresse puis, excité, il est reparti aussi vite.  Il a foncé en direction d’une poussette de bébé.  Au dernier moment, il a freiné, s’est retourné face à moi (je pourrais presque jurer qu’il m’a tapé un clin d’œil) et il a couvert de pisse une des roues du carosse.  Avant même que le papa ait pu réagir, il était reparti, laissant sa maîtresse confuse, et moi, éclatant de rire, le coeur léger, je suis restée un peu là, à regarder le chien fou courir.



Idée de l’amour
12 février 2009, 00:28
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“Vivre dans l’intimité d’un être étranger, non pour le rendre plus proche ou le connaître, mais pour qu’il demeure étranger, lointain et même inapparent, au point que son nom le contient tout entier. Puis jour après jour, jusque dans le malaise, n’être rien d’autre que le lieu toujours ouvert, la lumière impérissable au sein de laquelle cet être unique, cette chose demeure à jamais exposée, emmurée.”

Giorgio Agamben, Idée de la prose

*****

J’ai lu ce fragment pour la première fois il y a des mois.  Je me souviens encore du premier choc.  Le livre a trainé pendant des mois sur ma table de chevet, dans mon salon, sur ma table de travail, puis un jour, je l’ai rangé dans ma bibliothèque.  Je l’ai oublié sans jamais arrêter d’y penser.  Et puis j’ai compris.



De la faim [Regarde-moi, regarde-moi!]
5 février 2009, 23:09
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Il n’y a rien d’autre à apprendre que soi dans la vie.  Il n’y a rien d’autre à connaître.  On n’apprend pas tout seul, bien sûr.  Il faut passer par quelqu’un pour atteindre au plus secret de soi. [...] Partout l’appel, partout l’impatience de la gloire d’être aimé, reconnu, partout cette langueur de l’exil et cette faim d’une vraie demeure — les yeux d’un autre.”

Christian Bobin, Regarde-moi, regarde-moi [Une petite robe de fête]



Le Coeur léger
13 décembre 2008, 22:32
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Nous nous séparâmes fort gaiement, et sans qu’aucune de ces réflexions tristes, ordinaires dans toutes les séparations de l’espèce de la nôtre, vînt troubler notre belle humeur.  Nous n’avions été amants que parce que nous n’avions fait aucun cas de l’amour ; mais nous avions l’un pour l’autre l’amitié la plus sincère.

Casanova, Histoire de ma vie, volume 10 chapitre VII



Les Preuves d’amour [2]
26 novembre 2008, 23:52
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Ma peau frissonne sans relâche, je sens la fièvre qui monte, j’ai la gorge nouée, je suis exténuée.

Mais c’est juste la preuve que j’ai passé beaucoup de temps de qualité avec mes nièces, qui savent être irrésistibles même quand elles sautent du lit en éclatant de rire à 6h30 le samedi matin.  Je ne sais pas comment elles réussissent ça, mais elles peuvent être cute avec la morve au nez, quand elles me pètent dessus, me tirent les cheveux ou me fichent un doigt dans l’oeil.  Et je les adore même quand elles me filent un virus de grippe infect.  Si c’est pas de l’amour ça.



Les Preuves d’amour
21 novembre 2008, 12:45
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J’avais noté une citation quelque part ici, qui disait que l’amour n’existe pas, que seules les preuves d’amour existent.  Forcément, puisque l’amour est intangible.

Je connais quelqu’un qui va recevoir une belle preuve.  Mon frère emmène sa blonde passer le week-end à New York, pour célébrer ses trente ans.  Il est cool mon frère hein?

Bon, il y a plusieurs sortes d’amour.  Ça s’adonne donc que moi, par ricochet, je vais faire du baby-sitting vendredi soir ET samedi soir.  Je suis cool hein?  Ouin, bof.



De l’amour et des hommes d’esprit
17 novembre 2008, 23:47
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Souvent, un homme d’esprit en faisant la cour à une femme n’a fait que la faire penser à l’amour, et attendrir son âme.  Elle reçoit bien cet homme d’esprit qui lui donne ce plaisir.  Il prend des espérances.

Un beau jour cette femme rencontre l’homme qui lui fait sentir ce que l’autre a décrit.

— Stendhal, De l’amour



Lettre à Lauralie
17 août 2008, 04:07
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Tu sais, j’ai tout plein de photos de toi, toutes plus mignonnes les unes que les autres.  Mais c’est celle là que je préfère.  Celle où tu me fais les gros yeux méchants, parce que tu viens à peine de te réveiller de ton dodo d’après-midi, et que tu te demandes un peu c’est qui déjà celle là, avec ses lunettes de soleil et son appareil photo, qui est trop contente de te voir.  J’te trouve tellement belle.

Des fois, j’ai l’impression que je suis née un peu en même temps que toi.  Non, pas la première fois, mais la deuxième.  Ça fera un an dans quelques jours.  Ça va tellement vite.  Il me semble que c’est hier que ton papa, mon petit frère à moi, me demandait d’être ta marraine, et que ta maman a pris ma main pour la mettre sur son ventre pour que je te sente bouger.  T’as donné un coup de pied, mais moi je dis que c’est comme pour tes gros yeux, c’est de la frime tout ça.  Parce qu’au fond, je sais que tu sais déjà que nous deux, c’est aussi pour la vie.

On est du même sang.  Y’a des signes qui trompent pas, sur les liens, les ressemblances qu’on a, toi et moi.  T’es toute calme, contemplative et réservée.  Tes sourires, ta confiance, c’est des trucs qu’on doit gagner.  Si tu savais à quel point je me sens privilégiée quand enfin, tes petites joues se retroussent vers le haut, que tu tends les bras pour que je te prenne et que tu colles ta tête doucement sur mon épaule, pour faire un câlin, ou pour t’endormir.  Chacun de tes abandons sont des victoires.  T’as la même rosette que moi, sur le côté droit de ton petit front, et la même petite veine, qui y est toujours visible, sous la peau mince.  Comme moi, tu ne seras probablement jamais très grande, et tu ne marcheras sans doute pas avant tes 14 mois.  Paraît aussi que tu fais la même grimace que moi quand on veut te faire manger des fraises.  C’est dans ce temps là que tes parents et tes grands-parents t’appellent de mon prénom.  J’aime autant te prévenir tout de suite, être difficile, ça complique drôlement la vie…  Alors,  fais-moi confiance là dessus, c’est vraiment pas la peine de vouloir m’imiter en tout.

Pour finir, il y a un autre truc que j’aimerais que tu saches.  C’est à quel point t’es importante pour moi.  À quel point le fait que tu existes me rend heureuse, me permet de vivre avec l’idée que peut-être,  si la vie continue comme ça, je ne te donnerai pas de cousin ou de cousine.  Parce que tu es là, avec une toute petite minuscule fraction de moi en toi.  Et que je t’aime très très fort.

 



Le Détail
3 juillet 2008, 16:30
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À quoi est-ce qu’on se rend compte qu’on est amoureux?

J’ai entendu la question, mais si on me l’avait posé, j’ai l’impression que je n’aurais pas su quoi répondre. Si je voulais répondre honnêtement bien entendu. Faut pas m’en vouloir, c’est juste que ça fait trop longtemps, j’imagine. J’ai entendu les réponses communes, à droite et à gauche : les papillons au ventre, le coeur qui débat, les mains moites (beurk!). J’aurais sans doute répondu la même chose. C’est convenu, crédible et ça ne demande pas trop de réflexion. Mais je ne suis pas dupe. Le désir provoque aussi cet affolement des sens. Et ça fait quelques années maintenant que je sais bien faire la différence entre l’amour et le désir. Deux mondes dont l’un est définitivement plus rare et plus difficilement accessible que l’autre.

Parmi toutes les réponses entendues, plus banales les unes que les autres, il y en a une qui m’a plu. Même si elle ne m’a pas du tout convaincue. “On se rend compte qu’on est amoureux lorsque l’on remarque chez l’autre, un tout petit détail, à priori insignifiant, qui nous bouleverse“.

*****
[Aparté]
Je l’ai revu. Mes yeux, qui ont pourtant bien du mal à se détacher des siens ont glissés à droite, sur son cou. Il y avait cette marque, rouge, à peu près de la taille d’une pièce de 1$. Non (qu’est-ce que vous allez imaginer!), ce n’était pas une marque laissée par la bouche de sa femme, mais plutôt par le stéthoscope, qui pend à son cou. Oui, j’ai été émue et j’ai eu l’envie folle de poser mes lèvres juste là… (non, pas juste là, finalement).
Il veut me revoir, sur une base régulière. Ce soir, demain soir aussi et à plusieurs reprises pour les prochaines semaines. Restons calme, puisque ce n’est (pour l’instant) que la vessie de mon chat qu’il souhaite palper le plus souvent possible. Enfin c’est ce que sa bouche a dit, mais je ne suis quand même pas dupe : ses yeux, disent autre chose.
*****
Désir. À mon avis, c’est sans doute le plus joli mot de la langue française.


Le Secret
23 avril 2008, 22:37
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Elle sait qu’il ment. Enfin, pas exactement. Mensonge par omission. Il sait qu’elle se doute de quelque chose. Mais il n’a pas l’intention de lui dire. Il brouille les pistes. Il sait qu’elle ne supporterait pas, qu’elle partirait sans lui donner une chance. Une chance qu’il ne saurait pas prendre de toute façon, parce que c’est comme ça et qu’on ne change pas. En tout cas pas pour les autres, même si on les aime. Enfin, moi je pense qu’il l’aime. Mais des fois, ça ne suffit pas.

Elle veut savoir, mais elle ne sait pas ce qu’elle cherche. Elle met les indices bout à bout, mais il manque toujours une pièce. Elle ne voit rien. Comme le nez au milieu de la figure, qui lui échappe. C’est pourtant facile. Moi je sais. On voit toujours tellement plus clair dans les problèmes des autres que dans les nôtres. Mais je ne peux pas lui dire. Parce que des fois, quand on y voit rien, c’est qu’on ne veut pas voir. Ou bien qu’on en n’a pas encore la force.

Plongés dans le noir, on se déplace à tâtons, jusqu’à ce que les yeux s’habituent, progressivement, et on finit par y voir clair. Personne ne peut le faire pour elle. Et si, inconsciemment, elle avait déjà choisi? Se fermer les yeux pour mieux se construire un château en Espagne. Tant qu’on ne l’a pas démasqué, le faux bonheur a toutes les apparences du vrai. Et la vérité est souvent une lumière trop vive, qui blesse les yeux du rêve. Le bonheur est une zone grise qui se laisse amadouer plus facilement sous une lumière tamisée, ambiance intime. Je pense qu’elle l’aime, mais je ne sais pas si ça suffit.



Petit plaisir nocturne
26 février 2008, 23:26
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Elle dort, me tournant le dos. Les stratagèmes habituels, les changements de positions répétés n’ont pas réussi à m’apporter le sommeil, si bien que je décide de me couler contre les doux zigzags de son corps. Tandis que je me déplace et commence à glisser mon tibia contre un mollet aux muscles détendus par le sommeil, elle sent ce que je suis en train de faire et, sans se réveiller, lève la main gauche afin d’enlever les cheveux de son épaule pour les mettre sur le sommet de son crâne, dégageant ainsi un espace nu où je peux me nicher. Chaque fois qu’elle le fait, je sens un frisson d’amour me parcourir à cause de la parfaite précision de cette politesse nocturne. Des larmes me montent aux yeux et je dois faire un effort pour m’empêcher de la réveiller afin de lui redire mon amour. A ces moments-là, sans le savoir, elle actionne quelque levier secret relié aux sentiments que j’ai pour elle. Elle ne le sait pas, évidemment : je ne lui ai jamais parlé de ce petit plaisir aux contours merveilleusement précis qui enchante mes nuits.

Julian Barnes, Une histoire du monde en 10 chapitres 1/2.

***

Ok, est-ce possible d’être plus cute que ça?


*sigh* [Cheesy romantic movies aren't the solution]
24 janvier 2008, 23:26
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Him : Why you wanna sell your life short? Playing it safe is just about the most dangerous thing a woman like you could do. You waited for the right man the first time, why didn’t you wait for the right man again?

Her: He didn’t come!

Him: I’m here!

Her: You’re late!

[...]

Him : Everything seems like nothing to me now, ’cause I want you in my bed. I don’t care if I burn in hell. I don’t care if you burn in hell. The past and the future is a joke to me now. I see that they’re nothing. I see they ain’t here. The only thing that’s here is you – and me. [...] I love you. Not like they told you love is, and I didn’t know this either, but love don’t make things nice – it ruins everything. It breaks your heart. It makes things a mess. We aren’t here to make things perfect. The snowflakes are perfect. The stars are perfect. Not us. Not us! We are here to ruin ourselves and to break our hearts and love the wrong people and die. The storybooks are bullshit. Now I want you to come upstairs with me and get in my bed!



To love or not to love…
29 décembre 2007, 13:45
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To love is to suffer. To avoid suffering, one must not love. But, then one suffers from not loving. Therefore, to love is to suffer, not to love is to suffer, to suffer is to suffer. To be happy is to love, to be happy, then, is to suffer, but suffering makes one unhappy, therefore, to be unhappy one must love, or love to suffer, or suffer from too much happiness — I hope you’re getting this down.

— Woody Allen, Love and Death


L’amour fertile…
18 octobre 2007, 23:17
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L’amour fertile est fait de bonté attentive et de sensuel brut. La faillite est certaine à qui ne conduit pas les sens aux exhaltations de la kermesse bruyante. [...] Le temps des hésitations, des frayeurs, des timidités n’était plus pour elle actuel. Exténuée de reprendre sa chair, lassée, endolorie de ressaisir un cadeau intégral : elle réclamait de toute sa personne une entente immédiate, une interpossession spontanée. Nourri de ferveur repliée, repu de magnitude frustrée, son état exigeait l’éclatement de tout joug.
Claude Gauvreau, Beauté baroque


The One (or another)
7 avril 2007, 16:15
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She was persuaded that any tolerably pleasing young woman who had listened and seemed to feel for him would have received the same compliment. He had an affectionate heart. He must love somebody.
— Jane Austin, Persuasion
Il me semble que je vois beaucoup plus de gens en amour avec l’amour que des gens vraiment amoureux. Ou c’est juste le célibat qui commence à me rendre vraiment trop cynique.


Leçon de vie sur l’amour à sens unique…
18 mars 2007, 23:41
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“Ça ne fait rien, disais monsieur Ibrahim. Ton amour pour elle, il est à toi. Il t’appartient. Même si elle le refuse, elle ne peut rien y changer. Elle n’en profite pas, c’est tout. Ce que tu donnes, Momo, c’est à toi pour toujours; ce que tu gardes, c’est perdu à jamais.”
Monsieur Ibrahim et les fleurs du coran (E.E. Schmitt)
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Aujourd’hui j’ai écouté le film (tiré de la pièce de Schmitt) que j’avais depuis plusieurs mois à la maison et qui attendait seulement que je sois dans le bon état d’esprit pour ça. Une histoire d’amitié entre un vieux musulman et un jeune garçon juif. Interprétation magistrale d’Omar Sharif et une excellente trame musicale qui donne le ton du film dès les premières scènes.


In the Mood for Love
23 février 2007, 12:23
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Je viens d’acheter le DVD du film
Tellement magique! les images (les robes de Maggie Cheung!), cette musique troublante qu’on entend tout au long du film, et cette lente montée du désir….
Une des plus belles histoires d’amours du cinéma…

Maintenant qui c’est qui va brailler toute la fin de semaine en regardant ça???…

ouais, masochiste finie… ;-)

EDIT
Et j’ai même mangé de la soupe tonkinoise ce midi, pour me mettre dans l’ambiance…