Classé dans : Histoires de ma vie | Mots-clefs: about a girl, amitié, automne, blogosphère, célibat, déceptions sentimentales, ivresse, liberté, Nirvana
Au début de l’automne, je suis entrée dans une zone de turbulences. J’me suis un peu étourdie, j’ai couru, j’me suis essoufflée et finalement, un peu perdue aussi. On m’a tendu des nouvelles perches. J’en ai échappé quelques unes. J’ai tiré la courte paille. J’ai eu les coups de cœurs, les coups de chaleur, les coups de fouet et surtout, les coups de vent. Des personnes importantes ont quitté ma vie. Mais plusieurs autres affinités sont nées.
Quelque part vers la fin de l’ouragan, j’ai reçu un courriel d’une lectrice, drôle et allumée. Plusieurs points en commun, histoire semblable, contexte différent. En gros ça disait : Tu sais quoi? J’pense qu’on pourrait être amies! Après deux ans et demi de blog, de rencontres passionnées passionnantes, plein de découvertes sur les autres, mais surtout sur moi-même, je perdais un peu mes repères habituels. C’était la première fois qu’une femme voulait me rencontrer. Elle a fait ça dans les règles de l’art. On a échangé quelques courriels, puis, elle m’a envoyé sa photo. Bon, j’étais pas encore sûre si elle me cruisait ou pas, mais au moins, elle était fucking cute! Aller prendre un verre? pourquoi pas! Best blind date ever. Même ma tête de lendemain de veille me faisait bien! Ses histoires sont encore plus folles que les miennes, ça me change. Je la regarde aller et j’apprends. Elle dit les choses que je pense. Même avec mille attaches plus lourdes que les miennes, elle a une facilité et un mouvement, une énergie que j’envie.
Samedi soir dernier, elle m’a tiré d’un demi-sommeil. On va danser! t’es game? Et on a dansé, en se foutant du reste. Ça nous donnait une odeur de miel (et y’avait pas que des mouches qui tournaient autour), mais on avait pas la tête à ça. Ou si peu. Merci, vraiment (du fond du coeur!), mais non merci. Juste danser. C’est tout. Et c’est peut-être ça la vraie liberté. L’amitié.
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On ne devrait jamais planifier une première date, un soir de pleine lune, avec un gars qui a le même prénom que l’ex.
On ne devrait jamais se fier aux apparences. Même quand on juge qu’on n’a pas d’lair d’être ce genre de fille là pantoute, ça se pourrait qu’un gars décide, tout à fait out of the blue, de nous surnommer affectueusement “tweety” et cela, après seulement 5 minutes de conversation.
On ne devrait jamais devenir trop rapidement l’amante d’un gars qui revient d’un voyage en Asie, la tête encore pleine de fantasmes sur les jolies petites taiwanaises.
On ne devrait jamais faire une blague à un gars qui a choisi RogerGingras comme user name sur un site de rencontre. Même s’il est beau comme un cœur et s’il a moins de 30 ans, des fois, ça se pourrait que ça soit son vrai nom.
On devrait toujours montrer un flash mob à un gars avant de le dater, s’il est pas ému le moindrement, ça vaut pas la peine, son cœur est déjà mort.
On ne devrait jamais avoir à expliquer à un gars pourquoi il ne peut pas espérer nous ramener chez lui s’il refuse de nous dire son nom de famille.
On devrait toujours se méfier d’un gars qui a plus de 300 amis facebook, surtout s’il est maintenant ami avec 15 nouvelles filles dans les événements récents dont trois juste après nous, même s’il nous a ajouté il y a moins de deux minutes et qu’il continue à nous jaser msn intensivement pendant tout ce temps là. Great at multi-tasking isn’t always convenient.
On ne devrait jamais se gêner pour faire du ménage dans nos amis facebook.
On ne devrait jamais lâcher un soupir de soulagement quand RogerGingras finit par dire que ce n’est pas vrai nom. Ça se pourrait qu’il ajoute dans la phrase suivante qu’il vient tout juste de reprendre avec sa copine, qu’il ne croit pas aux rencontres sur le net, mais qu’il aimerait bien continuer à jaser avec nous…
On devrait toujours vérifier si c’est pas écrit fucking back-up plan, click here for great savings! quelque part sur notre photo. Avec une loupe.
On ne devrait jamais répondre à la porte un dimanche matin en tenue indécente. Ça pourrait être un voisin qui veut emprunter du sucre. Ça pourrait aussi être un témoin de Jéhovah. Mais ça pourrait surtout être un amant qui a quitté un peu tôt (ou un peu tard, c’est selon) la veille et qui vient avouer candidement sa confusion d’apprendre que la jolie taiwanaise qu’il a rencontré deux jours avant la fin de son périple (et avec qui il ne s’est rien passé là-bas, mais qu’il gardait dans son msn même s’il pensait très honnêtement ne jamais la revoir de sa vie) a acheté un billet d’avion et débarque dans son minuscule 3 ½ avec juste un lit la semaine prochaine.
On ne devrait jamais s’étonner du fait que je ne suis pas une morning kind of gal…
On ne devrait jamais considérer le online dating comme autre chose qu’un crash course sur la bêtise nature humaine.
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Ça fait plus d’un an maintenant. Dire que tu me manques, ça serait mentir. Ça faisait même longtemps que je n’avais pas pensé à toi. Tu n’es plus au centre de moi. Tu n’es plus. Mais depuis toi, il n’y a plus rien. Ou si peu. Depuis trop longtemps, je change trois fois de robes pour rencontrer des hommes que je n’ai pas vraiment envie de séduire. Depuis toi, trop de fois, j’ai fait l’amour au mépris.
Je t’ai donné mon feu, parti en fumée. J’avais gardé deux pierres que je frottais l’une contre l’autre, créant l’étincelle fragile dont je ne savais plus rien tirer. Ces pierres, trop lourdes à porter, je les ai lancées au fond de toi comme dans un lac aux eaux froides que la légende dit sans fond. Advienne que pourra.
Dire que tu me manques, ça serait mentir. Mais les papillons et les bonds du cœur me manquent. T’aimer faisait de moi une meilleure personne.
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Qu’est-ce qui serait arrivé si… C’est exactement le genre de phrase qui m’obsède. C’est futile. Mais qu’est-ce qui ne l’est pas. Alors je me complais parfois dans ce genre de réflexion. Rêvasserie, plutôt. Toutes histoires confondues, qu’est-ce qui serait arrivé si…
S’il n’y avait pas eu de malentendu sur l’endroit du rendez-vous. Si j’avais été droit vers lui, plutôt que de le laisser lentement venir à moi. Si j’avais été moins intimidée. S’il avait été timide pour vrai. Si j’avais osé dire ce que j’avais vraiment en tête plutôt que ces lieux communs. S’il avait su comprendre qui j’étais. Si je n’avais pas cru qu’il était tout ce que je voulais. Si je n’avais pas menti. S’il avait été franc. Si je l’avais fait rire. S’il avait eu envie d’être sérieux. S’il avait été moins nerveux. Si j’avais osé prendre sa main. S’il avait pas attendu huit mois. Si j’avais été moins intense. Si j’avais fermé les yeux. S’il avait été moins inconséquent. Si j’avais été plus à l’aise. Si j’avais pas eu mes putains de règles. Si j’avais accepté d’aller chez lui. Si je l’avais pris au sérieux. Si j’avais eu moins d’orgueil. S’il avait eu plus d’humour. Si j’avais joué hard to get. Si j’avais été facile. Si j’avais oublié son âge (ou le mien). Si j’avais été plus jolie. Si je ne l’avais pas trouvé si beau. Si j’avais été plus sûre de moi. S’il avait été moins sûr de lui. Si je n’avais pas eu si peur. S’il n’avait pas eu le cœur brisé. Si j’avais cru que ça pouvait être possible. S’il avait été patient. Si on avait pris le temps. Si j’avais pas été mariée. S’il avait pas eu de blonde. S’il avait osé m’embrasser. S’il en avait eu envie. Si j’avais dit oui. Si j’avais dit non. Si j’avais appelé. S’il avait appelé. Si j’avais bu. S’il avait pas bu. Si j’avais pu dormir. S’il avait pu bander…
Et si j’arrêtais de vouloir comprendre? Parce que tout ça, ce n’est que de la foutaise. Parce que je sais bien que malgré tout, tout serait exactement pareil. Oui, rien ne serait changé. Même si… oui, même si je l’avais sucé sous la douche.
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“La manière chercheuse, anxieuse, exigeante, que nous avons de regarder la personne que nous aimons rend notre attention en face de l’être aimé trop tremblante pour qu’elle puisse obtenir de lui une image bien nette“
— Marcel Proust [À l'ombre des jeunes filles en fleurs]
Lorsqu’elle m’a présenté son chum, ça m’a pris moins de 5 minutes pour deviner qu’il ne l’aimait plus. C’était écrit dans tous les gestes anodins. Ceux qu’on ne remarque plus quand on a le nez collé sur l’autre. Les intonations de sa voix, ses regards, son langage corporel, tout le trahissait. C’est seulement 8 mois plus tard qu’elle a compris ce que j’ai vu en un instant.
Il y a deux semaines, au restaurant, il y avait ce couple assis à la table voisine, presque collée à la nôtre. Impossible de ne pas entendre cet homme qui, les yeux brillants d’amour et d’envie, proposait à la jeune fille qui l’accompagnait, une fin de semaine romantique luxueuse, toutes dépenses payées. Et d’entendre la jeune fille se dépêtrer parmi les hésitations et les excuses, la voir se défiler irréfutablement. Il ne lâchait pas prise, devenant presque insistant, cherchant le contact de sa main. Il ne voyait pas le mur dressé. Réponse implacable qu’il n’arrivait pas à lire définitive.
Dans une autre vie, une amie s’était permise de me dire qu’elle n’y croyait pas, que ce n’était pas possible, que cela ne pourrait pas durer, qu’il me fallait autre chose. Un autre que lui. Et à mon tour, j’ai mis des années à comprendre l’évidence.
Et pourtant tout semble tellement limpide, lorsqu’on regarde à une certaine distance. C’est comme si on avait toujours les réponses de la question d’examen posée à l’élève du pupitre d’à côté. Et notre propre copie d’examen nous arrive dans une langue étrangère où tous les signes sont brouillés. Ou bien ça porte sur une matière qui n’était pas au programme… Ou encore, on est en lendemain de veille et on a un foutu blanc de mémoire (oups! non, ça c’est une autre histoire).
La distance est la seule façon d’avoir la bonne réponse. On peut bien chasser les questions du revers de la main (ou du bouton droit de la souris). Le problème c’est qu’il y a toujours des questions immuables, impossibles à fuir. Celles qui sont enracinées en nous. Celles là, nous rattrapent toujours. Elles nous aveuglent, elles nous poussent dans une trappe bien cachée, enfouie, entre deux battements de coeur.
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L’hiver achève… l’hiver m’achève…
Ok, peut-être que ça serait plus facile si j’arrivais à dormir plus que 3-4 heures par nuit. Si les jours de soleil n’étaient pas tellement entrecoupés de ciels gris, de trottoirs sales et de coeurs meurtris.
Et si, pour commencer, j’arrêtais d’écouter le Lacrimosa de Mozart en boucle… ça serait un début. Ensuite, pour continuer sur cette formidable lancée, j’essayerais pas de me changer les idées en allant voir Polytechnique, le film… quoique He’s just not that into you ferait pas une meilleure job, on s’entend…
Ça doit être l’heure du grand ménage printannier qui sonne. Une fois de plus, on ferme quelques portes. On ouvre tout grand les fenêtres, on laisse entrer l’air frais. On fait disparaître tout ce qui traîne, sans but, ce qui erre, ce qui nous tire vers le bas. On respire un grand coup, on compte 1-2-3, on bloque et on supprime. Voilà, c’est pas si compliqué.
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Un homme ose dire à la femme qui partage sa vie depuis 16 ans…
À la femme qui a élevé avec lui les enfants qu’il a eu avec une autre…
À la femme qui n’a pas eu d’enfants parce que son chum, de dix ans son aîné en avait déjà…
À cette femme sous le choc qui vient de découvrir que son homme a une aventure avec une nouvelle collègue de travail (évidemment, vingt ans plus jeune que lui)…
Il ose donc lui dire qu’il ne peut pas rompre tout de suite avec sa maîtresse, parce que c’est une fille dépressive et qu’il faut la ménager…
Et il ajoute à l’injure en demandant à cette même femme de l’attendre un peu, parce que finalement, il n’est pas amoureux de sa maîtresse et que c’est juste un trip qui va (éventuellement) lui passer…
Une femme vient de découvrir, en 60 secondes, le temps de deux phrases, la vraie nature de l’homme avec qui elle vit depuis seize ans.
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Et moi, pendant ce temps, qui multiplie les histoires qui ne mènent à rien parce que les petites déceptions sont encore le meilleur moyen pour se protéger des grands désastres amoureux.
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: archive, déceptions sentimentales, intime, nue, peine, secret
J’écris souvent des tas de billets que je n’ose pas publier. Quand c’est trop intime, quand ça implique des gens qui pourraient trop mal, ou trop bien interpréter, quand j’ai pas assez de recul sur les événements, quand j’ai de la peine, quand j’ai envie de me confier tout en restant secrète. Parfois, c’est toutes ces raisons à la fois.
Et puis ça m’est arrivé, une fois, de publier quand même. Mais, au dernier moment, j’ai changé la date pour une autre, symbolique. J’ai caché le billet, quelque part dans mes archives. Les mois ont passés, ni vu ni connu. Et là, depuis deux jours, je ne sais pas ce qui se passe. Ce billet à la date lointaine et fictive est le plus visité du site. Je me sens toute nue. Et quand même un peu agace… ;)
Classé dans : Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: Counting Crows, déceptions sentimentales, désir, funambule, hommes, mur, regard, Round here, théâtre
Pendant plusieurs mois, un lundi sur deux (ou sur trois), mon regard a croisé le sien. À chaque fois, le désir criant, conscient et avoué de part et d’autre, accompagné de banalités muettes, un sourire, un signe de tête, un bonne journée lu sur ses lèvres. Il était emmuré dans une cage de verre et moi, bien protégée dans mon carrosse métallique. La conviction qu’il existe, de l’autre côté de la vitre (ou ailleurs), un monde de possibles, semblait en elle-même suffisante. Puis, je ne l’ai plus revu pendant un an.
Je l’ai croisé hier, dans l’air frais et à la lumière douce, un peu vaporeuse, du matin. Tous deux maintenant désarmés, à nu. J’ai vu son regard transformé, privé du sentiment d’invincibilité, devenir timide et fuyant, se poser sur moi à la dérobée. Je ne sais pas, même, s’il m’a reconnu ou s’il m’a regardé, à nouveau, comme si c’était la première fois. Un éternel recommencement. Lui et tous les autres hommes, confondus, comme autant de répétitions générales avant le grand soir, d’une performance sans cesse reportée.
Est-ce parce que je ne t’ai pas encore rencontré, ou parce que nous sommes restés invisibles l’un à l’autre, dans nos abris, dans nos asiles trop confortables.
Les frontières imperceptibles à l’œil sont plus infranchissables que lorsqu’elles sont réelles et tangibles. Elles qui paradoxalement, encouragent toute transgression en les invalidant. Des frontières-armures faites de métal étincelant, de pierres ciselées, de verre dépoli, de miroir sans tain, des boucliers-écrans d’ordinateurs qui, certains soirs embués ou enfumés, s’imaginent dévoiler les secrets les mieux gardés, mais se contentent plutôt de rejouer les grandes scènes théâtrales, faute de savoir faire mieux, de savoir faire vrai. Comme autant de t’es belle, tu me plais, j’ai envie de toi, qui s’évaporent à la minute où la possibilité de le dire à l’oreille plutôt qu’au clavier prend forme. On n’est jamais si audacieux que lorsque l’on se sait insaisissable.
Ma cage, mes murs, même craquelés de toutes part sont impossibles à pulvériser. Tout ne tient qu’à un fil, ou qu’à la peau des fesses, mais tout reste quand même inébranlable, avec le cœur, machinal, qui bat au rythme régulier de l’horloge, dans cette mince fuite en avant, à tout petit pas, de l’éternel funambule.
Classé dans : Histoires de ma vie, Textes favoris | Mots-clefs: déceptions sentimentales, incendie, insomnie, lit, mensonge, oublier, sang, souvenir, virginité
Vendredi, j’ai quitté Montréal vers 23h pour retourner dans cette ville que j’aime et je déteste à la fois. Impossible de traverser la rivière par le chemin habituel, à cause d’un incendie majeur. J’ai roulé un peu dans ces rues désertes que je connais par cœur, pour mieux les oublier.
J’avais prévu passer une nuit là bas. Finalement, j’ai dû y rester pour deux nuits. Et je n’ai pas dormi. Tout le monde dort bien chez ses parents. Moi, je n’y arrive pas. Pourtant, le lit dans mon ancienne chambre est beaucoup plus confortable que le mien. Il est plus grand aussi. Je peux pas croire que c’est ça le problème.
Ou bien peut-être que c’est parce qu’il y a toujours, là-bas, dans cette ville, chaque fois que j’y pose les pieds, quelque chose qui me ramène à lui. Même si ce n’est que des cendres. Comme cet édifice dévoré par les flammes il y a deux nuits, qui abritait la petite chambre crasseuse où j’ai perdu ma virginité. Il n’y a pas eu de sang. J’ai su, seulement des années plus tard, qu’il a toujours cru que j’avais menti, quand je lui avait dit qu’il était le premier.
Moi, je n’ai jamais cru à ses je t’aime.
Et je continue de rouler dans ces rues désertes, que je connais par cœur, pour mieux les oublier.
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Classé dans : Citations, Histoires de ma vie, Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: déceptions sentimentales, mensonge, mots, signification, sybian, The Cure
J’essaie d’écrire un billet depuis quelques jours, mais j’y arrive pas. J’ai trouvé le titre, je sais exactement les idées que je souhaite exprimer mais la page reste blanche. C’est comme si je ne faisais pas confiance aux mots. Mais les mots ont rien à voir parce que même (surtout) ceux qui sortent de sa bouche, ne veulent plus rien dire. Mais c’est pas comme si c’était une surprise, avec le temps, on sait bien que les mots qui tentent d’être plus que des sons ne sont que mensonges. De sa bouche, je ne croirai plus que les gémissements.
Alors en attendant, je vais vous parler de ma journée qui a mal commencé, parce que j’ai brûlé à la fois mes toasts et mon chocolat chaud. Comment on peut brûler un chocolat chaud??? Ça serait long à vous expliquer, mais quand le lait chaud a plus l’apparence d’une lave volcanique, il passe directement de la tasse à l’évier. Puis ce midi, j’ai posé un lapin. En fait, j’en ai posé deux, mais ça aussi ça serait long à expliquer. Je sais, c’est mal. J’avais juste pas la force de faire autrement. Un besoin de faire le vide, impossible à combler. Pour finir, une fois la nuit tombée, j’ai ajouté un nouveau mot à mon riche vocabulaire. Sybian.
Bon. Qu’est-ce qu’on disait déjà? Gémissements. Je ne sais pas pourquoi j’ai une telle fascination pour ses mensonges qui sont même plutôt maladroits quand on y pense un peu. Et moi j’y pense beaucoup. Comme si j’avais le besoin irrépressible de comprendre qui il est. Quelle est sa motivation. De voir jusqu’où cela ira. Combien de temps il pourra tenir. Que sera la prochaine invention. Je sais que ce n’est qu’une trappe, mais je ne peux pas m’empêcher de mettre la main dedans. Et je me demande, à travers tout ça, combien de temps on peut se nourrir de l’inassouvissement.
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Je me réveille. Il fait encore nuit. La chambre est fraîche, climatisée. J’ai tendu la main, pour vérifier la place maintenant vide, juste à côté, et je me suis rendormie sans trop bouger, pour ne pas réveiller le chat jaune couché contre mes pieds.
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On dit que toutes les histoires se répètent toujours deux fois, la première fois sous la forme de la tragédie et la deuxième, sous la forme d’une farce. La boucle est bouclée. Le meurtre symbolique est une charmante attention, mais on ne verse jamais de larmes pendant la seconde représentation.
Le corps de la fille aux yeux verts a été retrouvé sur la plage. Réanimée sans trop de peine, elle cracha un peu d’eau, puis elle dit : “J’adore l’océan, sauf lorsqu’il me sort par le nez“.
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He had a nice big fat cigar”
Deux êtres libres parcourant leurs trajectoires respectives se croisent dans la nuit étoilée. Le choc est non-simultané, quelques fractions temporelles les séparent, comme un mauvais calcul, une maladresse qui aurait fait dévier le cours normal des choses. On remonte le mécanisme, on reprend la course, mais un étrange magnétisme opère à contre-courant. Ils se retrouvent (s’espèrent?) à travers d’autres corps, étrangers, parfois revêtus d’un leurre, rouge. Tour à tour taureau et matador, ils s’entrechoquent, encore et encore, comme autant d’histoires avortées, les laissant inassouvis, ne pouvant que contempler de leurs yeux purs, bleus ou verts (pourtant chargés de pensées impures), l’absence, le vide sidéral.
Le choc amoureux n’a rien à voir avec un quelconque choix, malgré l’envie qu’on puisse avoir de le nier, de le taire. Il est, ou il n’est pas, c’est tout.
