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J’avais noté une citation quelque part ici, qui disait que l’amour n’existe pas, que seules les preuves d’amour existent. Forcément, puisque l’amour est intangible.
Je connais quelqu’un qui va recevoir une belle preuve. Mon frère emmène sa blonde passer le week-end à New York, pour célébrer ses trente ans. Il est cool mon frère hein?
Bon, il y a plusieurs sortes d’amour. Ça s’adonne donc que moi, par ricochet, je vais faire du baby-sitting vendredi soir ET samedi soir. Je suis cool hein? Ouin, bof.
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Tu sais, j’ai tout plein de photos de toi, toutes plus mignonnes les unes que les autres. Mais c’est celle là que je préfère. Celle où tu me fais les gros yeux méchants, parce que tu viens à peine de te réveiller de ton dodo d’après-midi, et que tu te demandes un peu c’est qui déjà celle là, avec ses lunettes de soleil et son appareil photo, qui est trop contente de te voir. J’te trouve tellement belle.
Des fois, j’ai l’impression que je suis née un peu en même temps que toi. Non, pas la première fois, mais la deuxième. Ça fera un an dans quelques jours. Ça va tellement vite. Il me semble que c’est hier que ton papa, mon petit frère à moi, me demandait d’être ta marraine, et que ta maman a pris ma main pour la mettre sur son ventre pour que je te sente bouger. T’as donné un coup de pied, mais moi je dis que c’est comme pour tes gros yeux, c’est de la frime tout ça. Parce qu’au fond, je sais que tu sais déjà que nous deux, c’est aussi pour la vie.
On est du même sang. Y’a des signes qui trompent pas, sur les liens, les ressemblances qu’on a, toi et moi. T’es toute calme, contemplative et réservée. Tes sourires, ta confiance, c’est des trucs qu’on doit gagner. Si tu savais à quel point je me sens privilégiée quand enfin, tes petites joues se retroussent vers le haut, que tu tends les bras pour que je te prenne et que tu colles ta tête doucement sur mon épaule, pour faire un câlin, ou pour t’endormir. Chacun de tes abandons sont des victoires. T’as la même rosette que moi, sur le côté droit de ton petit front, et la même petite veine, qui y est toujours visible, sous la peau mince. Comme moi, tu ne seras probablement jamais très grande, et tu ne marcheras sans doute pas avant tes 14 mois. Paraît aussi que tu fais la même grimace que moi quand on veut te faire manger des fraises. C’est dans ce temps là que tes parents et tes grands-parents t’appellent de mon prénom. J’aime autant te prévenir tout de suite, être difficile, ça complique drôlement la vie… Alors, fais-moi confiance là dessus, c’est vraiment pas la peine de vouloir m’imiter en tout.
Pour finir, il y a un autre truc que j’aimerais que tu saches. C’est à quel point t’es importante pour moi. À quel point le fait que tu existes me rend heureuse, me permet de vivre avec l’idée que peut-être, si la vie continue comme ça, je ne te donnerai pas de cousin ou de cousine. Parce que tu es là, avec une toute petite minuscule fraction de moi en toi. Et que je t’aime très très fort.
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Tout ça a commencé quand ma mère a acheté une paire de billet pour aller voir un chanteur quétaine. Mon père (pas fou) a trouvé le moyen de se faire offrir une paire de billet dans les rouges, pour le CH, le même soir. Évidemment, le frangin, trop heureux, s’est trouvé à profiter du billet supplémentaire.
C’est là que les choses se corsent. Ma mère voyant le père et le fils sortir ensemble s’est dit tout bonnement qu’elle inviterait sa fille à l’accompagner au spectacle… Le frère et se père se marrent à l’avance, mais la fille a réussi, contre toute attente, à éviter le piège tendu sans trop de dommage.
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Un mois passe. Un samedi après-midi où je m’emmerdais royalement, msn me sauve. Je discute avec un copain qui en direct d’un bar du quartier, était supposé travailler sur des textes. Finalement il n’a pas dû travailler très fort… J’ai besoin de compagnie, il a besoin d’une invitation à souper. J’ai deux problèmes : 1) J’ai pas fait l’épicerie (encore!) et 2) c’est un soir de hockey et je n’ai pas RDS.
Le premier problème n’est pas vraiment un problème, parce que devant mes talents de cuisinière, les hommes préfèreront toujours la pizzeria à mon rosbif. Je peux pas croire que je vais vous raconter ça, mais le deuxième problème se règle aussi très facilement, à même la télécommande, quand on a un forfait 20 chaînes à la carte avec le diable (bof, lui ou un autre…). Bon, avant de sauter aux conclusions trop vite et de vous dire, non mais quelle fille pathétique cette Mlle V, rendue à attirer les hommes chez elle à coup de pizza, bière et hockey, et bien disons pour la pizza, qu’il fallait bien qu’elle soupe elle aussi (vous suivez pas là, elle avait pas fait l’épicerie!), que la bière devait être sur le point de passer date, vu qu’elle n’en boit pas (c’est pas beau gaspiller et les petits éthiopiens aimeraient bien ça boire de la Molson Dry eux autres avec) et que RDS, ben elle avait l’intention de modifier son abonnement A) pour faire plaisir à son père qui ronge les murs quand il est en visite chez elle un soir de hockey B) pour pouvoir regarder Roger Federer bouger C) Non, y’a rien à faire, elle est vraiment pathétique D) Toutes ces réponses.
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Quand on regarde un match de hockey en compagnie d’un fanatique, il ne faut pas s’étonner du fait qu’il prend la télécommande bien en main, et revisionne à volonté les meilleurs jeux, qu’il analyse jusque dans les plus fins détails en disant: ” Regarde! As-tu vu ça?” Même si tu l’a vu, tu t’en sauves pas, tu vas le revoir 8-10 fois en boucle. Il faut seulement sourire et simuler un peu d’intérêt. En gros, il y a juste deux erreurs à ne pas commettre 1) Il faut toujours démontrer un minimum d’enthousiasme quand la sainte équipe marque un point 2) Il ne faut jamais dire qu’un joueur de la sainte équipe est nul quand il manque un filet ouvert. Seul l’amateur éclairé peut discuter du talent d’un joueur. Le vrai amateur sait faire taire tout commentaire impertinent (lire défavorable à la sainte équipe) d’un simple regard dissuasif. Pour finir, Avouez candidement que l’on apprécierait sûrement davantage le match si on était sur place dans les gradins plutôt que dans le salon, ça paraît bien. Mais on se fera répondre que les filles qui n’aiment pas le hockey aiment toutes assister aux matchs, mais que les vrais amateurs préfèrent la télé, à cause de la télécommande et des reprises de jeu à volonté.
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Je suis issue d’une famille de fous passionnés de hockey et moi, je ne m’y suis jamais vraiment intéressée. J’imagine que c’est relié au fait d’avoir fréquenté les arénas de force pendant toute mon enfance, parce que mon frère jouait et d’avoir entendu mon père crier dans le salon tous les samedi soirs (et là je vous parle pas de l’émission de ligne ouverte Les Amateurs de Sports, religieusement syntonisée à l’heure du souper). Oui, mon enfance est pleine de traumatismes comme ça. J’ai jamais fréquenté de fans de hockey. J’ai pas fait exprès, c’est arrivé comme ça. Je ne sais pas si ça peut aussi expliquer le fait que mes chums ont toujours eu l’air louche aux yeux de mon père… Bon, peut-être pas.
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Un mois passe. Discussion familiale.
Papa : (s’esclaffant, sous le regard légèrement réprobateur de maman) Pis V, tu regrettes pas trop d’avoir manqué le show de Roch Voisine avec maman?
V : (regardant maman, avec un sourire en coin) Ben tu sais, je pense que j’aimerais encore mieux assister à un match de hockey que d’aller voir Roch Voisine…
Papa : Ah ben la prochaine fois, je t’amènerai à la place de ton frère
Frère : ben là, come on!, elle aime même pas ça!
Maman : (Qui cherche la vengeance) Pis si t’amènes ta fille, faudra que t’amène ta femme aussi!
Frère : Argh! C’est correct de gaspiller un billet de temps en temps, mais quand même, gaspilles-en pas deux!!!
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Un autre mois passe.
Le téléphone sonne.
Papa : V, je t’appelles du Centre Bell, je suis avec maman, ça te tente de venir souper au resto avec nous après?
V : Oui, d’accord… mais là, c’était pas moi que tu devais amener voir un match?
Papa : Ah! je t’ai pas oublié, je vais avoir des billets dans une loge pour un match des séries éliminatoires!
V : Ah! c’est ben cool! (eheh maudit que mon frère va manger ses bas!)
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Msn
Lui dit (12:55) :
pis? tu vas tu à game?
Mlle V dit (12:56) :
non, justement j’étais au tel avec mon père
Mlle V dit (12:56) :
cette fois-ci, il amène ma mère
Lui dit (12:57) :
ahah sucker
Mlle V dit (12:57) :
mais il m’a promis des billets dans une loge, dans les séries éliminatoires
Lui dit (12:57) :
what?!?
Mlle V dit (12:57) :
:)
Lui dit (12:58) :
t’sais qu’il serait temps que tu me présentes ton père
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à suivre
F : Ah, elle, ouin, je sais qui tu veux dire, mais je me souviens pas de son nom…
P : Ben voyon! t’as donc ben pas de mémoire!
F : J’ai une excellente mémoire!
P : T’as même pas trente ans et tu te souviens pas du prénom de tes profs à la petite école?!? Moi, à 56 ans, je peux encore te nommer toutes mes maîtresses d’école.
F : Même à ça, j’suis sûr que j’ai une meilleure mémoire que toi!
P : Impossible!
F : OK, c’est vrai, je peux pas te nommer toutes les profs que j’ai eu…. Mais moi, [ton triomphant] je peux te nommer les noms de toutes les filles qu’il y avait dans la cour d’école…
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2) Mon petit frère est un père de famille extraordinaire. Ça me fait tout drôle de le voir faire avec ses filles. Je suis tellement fière de lui. Je fais une pas pire marraine non plus. Mon rôle est ben l’fun, il consiste en bercer la petite, la flatter dans le dos et lui donner des bisous dans le cou. Quand elle a faim, je la donne à sa mère et quand il faut changer la couche, je la donne à son père. Gé-nial.
3) Dans la catégorie fille qui a la relation la plus tordue avec sa mère, je mérite un prix, classe championne du monde. Un jour j’écrirai sans doute quelque chose là-dessus. Complètement surréaliste et incroyable (mais vrai). Si quelqu’un connaît un psychanalyste, c’est le moment.
4) Ma cause en divorce qui est encore reportée, ça commence à devenir un running gag dans la famille.
5) Moins de 4 mois avant Noël. On commence donc à se tisser une armure pour affronter les regards et la déprime qui vient avec la période. Je vais donc porter cette année officiellement le titre de la fille la plus difficile à rematcher. [...] Pas étonnant que tout le monde se demande c’est quoi mon problème…
6) Quote of the day : “Quand tu regardes pour un gars, est-ce que t’as une limite d’âge?“
OK, ça sent presque pas la tentative de blind date avec un vieux croûton… Ne vous en faites pas, je m’en suis sauvée (ça doit être ça mon problème).
7) À mon retour, passé minuit, en admirant le centre-ville illuminé, tel qu’on le voit en longeant le fleuve sur la 132, j’ai eu pour la première fois, depuis maintenant presque deux mois, le sentiment de rentrer à la maison. Par exemple, tout un accueil une fois arrivée sur ma rue. Plus un espace de stationnement de libre. J’ai eu beau parcourir les rues avoisinantes, rien à faire, c’est la deuxième fois que ça m’arrive, faudrait juste pas sortir le dimanche. Finalement, en désespoir de cause, j’ai pris une chance dans la ruelle. Vivons dangereusement.
* Je sais, ce n’est pas le vidéo officiel, mais c’est vraiment celui que je préfère.
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Je crois bien que c’est un style et un rythme de vie auquel je ne m’adapterais jamais, mais quand je regarde mon frère, sa femme (enceinte jusqu’aux dents), et ma nièce absolument adorable, ils ont l’air franchement heureux. Après le souper c’était la traditionnelle marche dans le voisinage. Les petits couples sans enfants promènent le chien et les autres poussent les carrosses quand ils ne sont pas à vélo avec la marmaille. Tout le monde se connaît et se salue au passage, en se disant les dernières nouvelles. Vraiment l’esprit de communauté banlieusarde comme on croit que ça n’existe qu’au cinéma ou dans Desperate Housewives…
Après le coucher de la petite, on a décidé de regarder un film. Une nullité sans nom qu’on a regardé jusqu’à la fin afin de mieux rire du bad acting, bitcher le scénario et la réalisation, parce que c’est évident qu’on aurait fait mieux! Lors de la quatrième ou cinquième scène de baise solide vers la fin du film, ce qui est toujours un awkward moment quand on est en famille, mon frère s’est levé pour aller couper l’eau dehors (oui, les gens en banlieue ont des belles pelouses vertes). Quelques secondes plus tard, il cogne (désespérément) à la porte patio. On ouvre, et on réalise qu’un des speakers du système de son, oublié sur le patio, diffuse (au maximum) la trame sonore (torride) à tout le voisinage, dont certains sont rassemblés autour de feux de foyers en mangeant de la guimauve. Rire comme ça, ça donne vraiment mal aux côtes…
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Pendant qu’on nous attendait dehors, mon frère et moi avons un peu nettoyé la cuisine (on est fins, hein?), puis, nos regards sont tombés en même temps sur la 3e bouteille de vin [un excellent cru, bordeaux], à peine entamée. On se tape un clin d’œil complice. Je sors les méga-tasses à café en stainless, pendant que mon frère va demander si certains veulent s’apporter du café… Nous sortons. Ma mère me regarde d’un air suspect.
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Aujourd’hui (dimanche) je suis allée chez mon frère pour l’aider à faire une job de peinture, puisque ma belle-sœur est enceinte (hehe, oui, je saurai à qui m’adresser pour m’aider à repeindre mon futur appart). Mon frère et moi, on est vraiment deux personnalités fondamentalement différentes, ce qui fait qu’on a jamais été super proche, mais le lien du sang étant plus fort que tout, on s’adore.
On a eu beaucoup de fun ensemble, surtout quand la radio s’est mise à jouer un vieux hit du début des années 1990. On a échangé un coup d’œil complice et soudainement on s’est mis à danser et à chanter comme des fous. Attirée par le bruit, ma nièce, la plus adorable des petites filles de 18 mois, Noémie, est entrée dans la pièce. Elle est venue à moi en tendant les bras. Je l’ai prise et j’ai dansé avec elle. Son rire magique de bébé éclatait dans toute la pièce, pleine d’échos. Nous avons dansé ensemble jusqu’à ce que mes bras soient morts (3 tounes). Elle a tellement aimé ça que je suis soudainement devenue le centre de son monde (et c’est tout un exploit d’enlever cette fille aux bras de son père). Elle s’est collée à moi pour le reste de la journée, j’ai même dû souper la tenant assise sur mes genoux. Pour la première fois, elle a dit mon prénom (enfin, une belle tentative presque réussie puisque que V… est très difficile à prononcer pour une petite puce comme elle). Ça a vraiment été une belle journée.
J’ai toujours pensé qu’un jour j’aurais des enfants, et aujourd’hui, je réalise que c’est peut-être pas aussi sûr. Enfin, y’a pas encore urgence, et c’est sûr que j’ai encore pas mal de temps devant moi, mais il est possible que ça n’arrive pas. J’aimerais beaucoup en avoir, mais je sais que ça ne sera pas à n’importe quel prix, pas sans avoir trouvé la bonne personne. Je peux juste espérer qu’un jour, je danserai et chanterai sur un vieux hit un peu quétaine, avec l’homme de ma vie et un enfant, qui aura son sourire et mes yeux (ou l’inverse), qui fera résonner son rire dans la maison, et dans ma vie.
