Classé dans : Histoires de ma vie | Mots-clefs: char, famille, Guillaume Latendresse, hockey, hommes, maladresse, papa, pub
«T’es ben pareille comme ton père.» C’est ce que ma mère répète tout le temps, probablement pour s’expliquer le fait qu’on soit aussi différentes, elle et moi. Elle a raison. Bien sûr, on n’a pas les mêmes intérêts, ni les mêmes goûts, on ne pense pas de la même façon, on est même souvent en contradiction (surtout au sujet de Guillaume Latendresse), mais lui et moi, on est pareil. On porte la vie qui s’exprime par en dedans.
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Je sais pas si vous avez vu cette pub McDo du père qui dit à sa fille : «Si t’étais un gars, ça serait qui ma petite fille?» C’est vrai qu’elle peut paraître choquante. En fait, je la trouve surtout anachronique. Je pense que la plupart des pères de familles d’aujourd’hui sont à des années lumières de ça. Mais moi, je revois un peu mon père là-dedans. Un homme élevé comme on élevait les hommes il n’y a pas encore si longtemps. À coup de : Sois grand, sois fort, tais-toi, travaille, pleure pas. Un homme un peu perdu dans un monde transformé, féminisé. Un homme qui voudrait bâtir un pont entre lui et sa fille, sans trop savoir comment s’y prendre. Un homme plein d’une maladresse touchante.
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Et les ponts qui mettent des années à se construire, un jour, sont là. Il n’y a pas de passage direct entre ceux qui s’expriment par en dedans. Il n’y a pas de mots non plus. Que des gestes. Enfin, oui, je triche. Il y a quand même un peu de mots. Quand on parle de hockey, ou quand il parle de mon char.
— V, j’ai une bonne nouvelle, je t’ai trouvé des beaux mags pour ton char. — Euh… des mags pour mettre sur ma vieille focus 2001? — Ben oui, comme ça au printemps, je vais pouvoir t’installer tes pneus ici dans cour, t’auras pu jamais besoin d’aller au garage et de payer pour faire ça! Je vais pouvoir faire tout tes changements de pneus maintenant!!!Il y a quelques semaines, donc, il a posé mes pneus d’été. Montés sur des mags rutilants. Il a vérifié toute la mécanique, parce qu’il sait que j’y connais foutrement rien. Puis, il a lavé mon char (attisant ainsi au passage la jalousie du frère). C’est comme ça qu’il a aussi remarqué les nouvelles scratchs. Il a une mémoire phénoménale pour les scratchs de char. Il mélange tous les prénoms des membres de la famille, mais les scratchs de chars, on ne lui en passe pas une.
— V, celle là était pas là la dernière fois! Qu’est-ce qui est arrivé cette fois-ci? — Euh…Puis, un peu plus tard, je me suis rendue compte qu’il était parti se promener “en ville” avec mon char. Ce qui est probablement un supplice un peu honteux pour lui, étant donné que je roule en vieille Ford. Ouais, il est presque aussi orgueilleux que moi, mais apparemment pas pour les mêmes trucs. Quand il est revenu, j’ai vu qu’il avait acheté des nouveaux essuie-glaces. «Fille, tes autres étaient rendu dangereux, là avec ceux là que je viens de t’installer, ça va être beaucoup plus sécuritaire.» Quand je suis repartie pour Montréal, j’ai vu qu’il en avait aussi profité discrètement pour refaire le plein d’essence.
On s’est reparlé au téléphone le lendemain (j’imagine que Latendresse venait de rater un filet ouvert…)
— Pis, au fait, comment ça roule avec tes nouvelles roues? — C’est vrai papa que ça roule “plus doux” !!!Ok. Pour être honnête, j’en sais rien, mais je sais que ça lui a fait plaisir que je dises ça. Et j’ai ajouté : «Pis là, en te parlant, je suis à côté de la fenêtre du salon, je vois mon char stationné dans’ ruelle, pis je te jure que ça look vraiment, avec des mags, une focus 2001. Éclat de rire général. Je sentais toute sa fierté. Mais surtout, je sentais que tout ça, ça veux dire je t’aime ma petite fille.
Je t’aime moi aussi, papa.
Classé dans : Histoires de ma vie | Mots-clefs: cougar, désir, Guy Lafleur, hockey, hommes, séduction, traumatisme
L’autre semaine, une copine de mon ancien village de campagne m’envoie un courriel avec une photo. Ça se résume un peu comme ça : “tsé, le gars dont je t’avais déjà parlé qui travaille pour la ville et qui est cute à mort? C’est lui sur la photo, rince toi l’œil comme il faut.“ Oui, on a de la classe quand même.
Bon. Y’a six personnes sur la photo. Allons-y avec la logique. La photo a été prise à l’aréna, c’est une mise au jeu protocolaire. Y’a un couple dans la cinquantaine avancée, un hockeyeur de l’équipe locale, deux autres gars et Guy Lafleur (oui oui, le vrai). Alors c’est pas le couple, c’est pas Guy et un des deux gars est franchement ordinaire.
Reste le joueur local, le genre habituel sportif, beau, brun, baraqué et un gars cute qu’on voit pas tant sur la photo, coincé qu’il est, entre le hockeyeur et le petit couple. Il porte un chapeau haut de forme. Alors ça doit être le sportif. Mais moi, j’ai jamais tant tripé sur les sportifs. Celui là a tout du genre de gars qui a l’air parfait. Trop parfait. Si la vie était un film américain, il serait quarterback. Mais ici, on joue pas tellement au football. Et ça tombe bien parce que j’ai jamais eu l’âme cheerleader. Ça me rappelle le secondaire, quand toutes les filles s’excitaient sur les joueurs du junior majeur du club local. Le Laser, que ça s’appelait, c’est dire si c’était pas le cœur des années 90, ça. Y’en a même une, une fille, qui s’est mariée avec un gardien de but… Mais je pense qu’elle l’a regretté.
Alors sans trop y penser, je réponds à la copine que ouais, le joueur de hockey au maillot orange est pas mal, mais que finalement, le mec au chapeau qui a le look poète avec une barbe de quelques jours est pas mal plus mon genre.
Ça a pris à peine quelques minutes pour que je reçoive une réponse en arial bold 36 pts : Le gars au chapeau a à peine 20 ans, c’est beaucoup trop jeune pour toi!!! Ça, ça fait mal! Mais pas autant que le lendemain, où elle précise qu’elle s’est informée et que finalement, l’élu de mon cœur a eu 18 ans en août dernier. Calvaire! (s’cusez) il est né en 1990!!! C’est tout dire. What is wrong with me??? Je suis complètement traumatisée. À mon humble défense, je dois dire que j’ai montré la photo à 3 autres filles qui sont elles aussi tombées dans le panneau avant que je révèle l’âge du jouvenceau pas tant imberbe.
Ce midi, pour la première fois depuis ce choc, j’ai osé tomber sous le charme d’un parfait inconnu… mais preuve que je ne prends désormais plus aucune chance : il avait les cheveux blancs!
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La première mise au jeu vue de mon siège, 6e rangée à partir de la bande, on se serait crus assis sur la patinoire, pour le match le plus excitant de la saison en plus, on peut dire que j’ai été gâtée. Je dois avoir une bonne vie…
J’aurais bien aimé vous faire une photo de Sergei, couché sur le dos avec le big smile étampé dans la face après ce but à 20 secondes de la fin, mais, comme le reste du monde là bas, j’étais bien trop occupée à sauter et à crier :)
Je pense aussi que mon profil est apparu à la télé au cours de la 3e période, en même temps que les deux folles passionnées à côté de moi qui se trémoussaient pour la caméra avec des mains en mousses “GO Habs GO” sur la tête…
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Dans un tout autre ordre d’idée, courrez voir ça si c’est pas déjà fait. C’est un ordre!
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Finalement, c’est vraiment simple de se débarrasser d’une attirance inconvenable. Quand l’âge ne suffit manifestement pas à me raisonner, suffit de demander s’il couche à droite.
Et c’est vraiment très drôle de relire un vieux billet dans lequel j’affirme que le hockey m’ennuie profondément…
Classé dans : Histoires de ma vie, Mauvaises pensées choisies | Mots-clefs: Chris Higgins, hockey, métro, papa, timidité
suite de ce texte là
Finalement, on a décidé de ne pas attendre les séries. C’est hier soir qu’a eu lieu mon baptême de hockey. Ça tombait mal hein? Quand j’vous dis que j’suis pas une fille chanceuse. Sauf peut-être pour les billets. Super bien placés, section 112 vis-à-vis la ligne bleue, du côté du but du CH en 1ere et en 3e, alors c’est dire si j’avais une belle vue à chaque fois qu’ils se sont fait scorés. Y’avait pas tellement d’ambiance dans la place, sauf quand on tournait la tête tout en haut, dans le fin fond du poulailler, au dessus du but. La gang qui avait les billets les plus poches était sur le gros party, j’pense qu’ils regardaient pas la même game que nous (et puis qu’eux autres, ils leur restait du cash pour la bière).
À défaut de vivre la bonding expérience avec la foule lors d’une victoire (ou même d’un simple but compté par la bonne équipe), j’ai pu observer celles des fanatiques entre eux. Mon père, cet homme d’un naturel timide et réservé qui sous l’influence de sa grande passion pour ce sport, se transforme en un être capable de lier des conversations avec des inconnus portant le chandail du CH dans le métro, alors qu’on se dirige vers le Centre Bell. Puis, pendant le match, jetant ici et là ses commentaires de connaisseur éclairé, alors que les autres se retournent vers lui et approuvent d’un signe de tête. Plus tard liant conversation avec son autre voisin de siège, au sujet de Smolinski, joueur le plus inutile de l’équipe. Un gars payé pas cher de la ligue américaine aurait pu faire la même job (enfin, paraît).
Au retour, métro Lucien L’Allier, un charmant jeune homme entame la discussion avec… mon père! Cette fois-ci c’est Price qui a perdu sa confiance du début de saison, suivi de diverses spéculations sur un possible échange d’ici mardi. “Toi, est-ce que tu serais prêt à laisser aller Higgins pour aller chercher [insérer ce joueur d’Anaheim dont j’ai oublié le nom] ?” J’y connais rien, mais ma réponse concernant Higgins, c’est non. Bon je pense que si j’avais pas fait signe à mon père qu’il fallait descendre à Rosemont, ces deux là auraient pu se ramasser à Laval. De mon côté, pas le choix, si je veux les voir gagner, faudra y retourner…
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Tout ça a commencé quand ma mère a acheté une paire de billet pour aller voir un chanteur quétaine. Mon père (pas fou) a trouvé le moyen de se faire offrir une paire de billet dans les rouges, pour le CH, le même soir. Évidemment, le frangin, trop heureux, s’est trouvé à profiter du billet supplémentaire.
C’est là que les choses se corsent. Ma mère voyant le père et le fils sortir ensemble s’est dit tout bonnement qu’elle inviterait sa fille à l’accompagner au spectacle… Le frère et se père se marrent à l’avance, mais la fille a réussi, contre toute attente, à éviter le piège tendu sans trop de dommage.
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Un mois passe. Un samedi après-midi où je m’emmerdais royalement, msn me sauve. Je discute avec un copain qui en direct d’un bar du quartier, était supposé travailler sur des textes. Finalement il n’a pas dû travailler très fort… J’ai besoin de compagnie, il a besoin d’une invitation à souper. J’ai deux problèmes : 1) J’ai pas fait l’épicerie (encore!) et 2) c’est un soir de hockey et je n’ai pas RDS.
Le premier problème n’est pas vraiment un problème, parce que devant mes talents de cuisinière, les hommes préfèreront toujours la pizzeria à mon rosbif. Je peux pas croire que je vais vous raconter ça, mais le deuxième problème se règle aussi très facilement, à même la télécommande, quand on a un forfait 20 chaînes à la carte avec le diable (bof, lui ou un autre…). Bon, avant de sauter aux conclusions trop vite et de vous dire, non mais quelle fille pathétique cette Mlle V, rendue à attirer les hommes chez elle à coup de pizza, bière et hockey, et bien disons pour la pizza, qu’il fallait bien qu’elle soupe elle aussi (vous suivez pas là, elle avait pas fait l’épicerie!), que la bière devait être sur le point de passer date, vu qu’elle n’en boit pas (c’est pas beau gaspiller et les petits éthiopiens aimeraient bien ça boire de la Molson Dry eux autres avec) et que RDS, ben elle avait l’intention de modifier son abonnement A) pour faire plaisir à son père qui ronge les murs quand il est en visite chez elle un soir de hockey B) pour pouvoir regarder Roger Federer bouger C) Non, y’a rien à faire, elle est vraiment pathétique D) Toutes ces réponses.
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Quand on regarde un match de hockey en compagnie d’un fanatique, il ne faut pas s’étonner du fait qu’il prend la télécommande bien en main, et revisionne à volonté les meilleurs jeux, qu’il analyse jusque dans les plus fins détails en disant: ” Regarde! As-tu vu ça?” Même si tu l’a vu, tu t’en sauves pas, tu vas le revoir 8-10 fois en boucle. Il faut seulement sourire et simuler un peu d’intérêt. En gros, il y a juste deux erreurs à ne pas commettre 1) Il faut toujours démontrer un minimum d’enthousiasme quand la sainte équipe marque un point 2) Il ne faut jamais dire qu’un joueur de la sainte équipe est nul quand il manque un filet ouvert. Seul l’amateur éclairé peut discuter du talent d’un joueur. Le vrai amateur sait faire taire tout commentaire impertinent (lire défavorable à la sainte équipe) d’un simple regard dissuasif. Pour finir, Avouez candidement que l’on apprécierait sûrement davantage le match si on était sur place dans les gradins plutôt que dans le salon, ça paraît bien. Mais on se fera répondre que les filles qui n’aiment pas le hockey aiment toutes assister aux matchs, mais que les vrais amateurs préfèrent la télé, à cause de la télécommande et des reprises de jeu à volonté.
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Je suis issue d’une famille de fous passionnés de hockey et moi, je ne m’y suis jamais vraiment intéressée. J’imagine que c’est relié au fait d’avoir fréquenté les arénas de force pendant toute mon enfance, parce que mon frère jouait et d’avoir entendu mon père crier dans le salon tous les samedi soirs (et là je vous parle pas de l’émission de ligne ouverte Les Amateurs de Sports, religieusement syntonisée à l’heure du souper). Oui, mon enfance est pleine de traumatismes comme ça. J’ai jamais fréquenté de fans de hockey. J’ai pas fait exprès, c’est arrivé comme ça. Je ne sais pas si ça peut aussi expliquer le fait que mes chums ont toujours eu l’air louche aux yeux de mon père… Bon, peut-être pas.
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Un mois passe. Discussion familiale.
Papa : (s’esclaffant, sous le regard légèrement réprobateur de maman) Pis V, tu regrettes pas trop d’avoir manqué le show de Roch Voisine avec maman?
V : (regardant maman, avec un sourire en coin) Ben tu sais, je pense que j’aimerais encore mieux assister à un match de hockey que d’aller voir Roch Voisine…
Papa : Ah ben la prochaine fois, je t’amènerai à la place de ton frère
Frère : ben là, come on!, elle aime même pas ça!
Maman : (Qui cherche la vengeance) Pis si t’amènes ta fille, faudra que t’amène ta femme aussi!
Frère : Argh! C’est correct de gaspiller un billet de temps en temps, mais quand même, gaspilles-en pas deux!!!
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Un autre mois passe.
Le téléphone sonne.
Papa : V, je t’appelles du Centre Bell, je suis avec maman, ça te tente de venir souper au resto avec nous après?
V : Oui, d’accord… mais là, c’était pas moi que tu devais amener voir un match?
Papa : Ah! je t’ai pas oublié, je vais avoir des billets dans une loge pour un match des séries éliminatoires!
V : Ah! c’est ben cool! (eheh maudit que mon frère va manger ses bas!)
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Msn
Lui dit (12:55) :
pis? tu vas tu à game?
Mlle V dit (12:56) :
non, justement j’étais au tel avec mon père
Mlle V dit (12:56) :
cette fois-ci, il amène ma mère
Lui dit (12:57) :
ahah sucker
Mlle V dit (12:57) :
mais il m’a promis des billets dans une loge, dans les séries éliminatoires
Lui dit (12:57) :
what?!?
Mlle V dit (12:57) :
:)
Lui dit (12:58) :
t’sais qu’il serait temps que tu me présentes ton père
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à suivre
Je ne peux pas m’empêcher de le trouver tellement mignon. Quelques minutes plus tôt, il faisait une danse de la victoire vraiment trop drôle. J’ai fait un petit vidéo d’une mauvaise qualité consternante, j’ai pas les bons outils, seulement regardez bien le petit mouvement de frustration après le 2e tir (complètement raté). Le hockey, c’est pas un jeu, même à cet âge, c’est du sérieux! À voir ici. (edit)Classé dans : Histoires de ma vie | Mots-clefs: Chris Higgins, cougar, désir, frère, hockey, hommes