Les Plaisirs et les nuits


De l’insécurité
28 avril 2009, 05:12
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«My one regret in life is that I am not someone else.»  (Woody Allen)

Peut-être parce que je n’en parle jamais, souvent, j’oublie que je reviens de loin.  Mais il y a des nuits où c’est impossible de ne pas voir comment tout est lié, imbriqué, tissé serré.  L’insécurité qui ronge, qui sabote, qui blesse.  L’insécurité qui gagne du terrain à mesure que je tente de retirer le tapis sous ses pieds.  Et y’a que moi qui tombe.  Parfois de maladresse, parfois d’aveuglement, parfois quand je me laisse un peu bousculer, quand je bouge pas, mais aussi quand je courre trop vite.  Mais, j’avoue que ça m’arrive aussi de plonger un peu délibérément, des fois que l’arbitre callerait quelque chose…

I wish, I wish, I wish (be careful what you wish)…  Mais bon, voilà, y’a rien à faire, j’ai pas envie d’être personne d’autre que moi.  J’ai juste envie d’être moi, en mieux.



Elle voulait toucher le soleil [rien ne sera pareil]

L’hiver achève…  l’hiver m’achève…

Ok, peut-être que ça serait plus facile si j’arrivais à dormir plus que 3-4 heures par nuit.  Si les jours de soleil n’étaient pas tellement entrecoupés de ciels gris, de trottoirs sales et de coeurs meurtris. 

Et si, pour commencer, j’arrêtais d’écouter le Lacrimosa de Mozart en boucle…  ça serait un début.  Ensuite, pour continuer sur cette formidable lancée, j’essayerais pas de me changer les idées en allant voir Polytechnique, le film…  quoique He’s just not that into you ferait pas une meilleure job, on s’entend…

Ça doit être l’heure du grand ménage printannier qui sonne.  Une fois de plus, on ferme quelques portes.  On ouvre tout grand les fenêtres, on laisse entrer l’air frais.  On fait disparaître tout ce qui traîne, sans but, ce qui erre, ce qui nous tire vers le bas.  On respire un grand coup, on compte 1-2-3, on bloque et on supprime.  Voilà, c’est pas si compliqué. 



Sophie
31 octobre 2008, 01:28
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C’est arrivé il y a presque deux ans maintenant.  Il était passé 23h et comme à tous les soirs, c’était l’heure où je sortais pour marcher dans les rues de mon village de campagne.  Je rentrais environ une heure plus tard, je prenais une douche chaude et je pouvais ensuite espérer dormir un peu.  C’était une période chaotique de ma vie et ce rituel m’a permis de mettre un frein à mes crises d’insomnies.

C’était l’automne, mais cette nuit là sentait déjà un peu l’hiver, par-dessus l’odeur des feuilles mortes.  Je marchais d’un pas vif, poussée par le désir d’épuiser mes dernières forces, de me réchauffer et peut-être, aussi poussée par la frustration, puisque mon lecteur mp3 venait de rendre l’âme.  Et je l’ai vue.  Sur le bord du trottoir, une fillette d’environ sept ans.  Le sang m’est monté à la tête.  Quel genre de parent pouvait bien laisser traîner une enfant de cet âge là dans la rue, à une heure pareille?

Elle semblait un peu perdue.  Elle restait là sans bouger, regardant une maison à l’autre bout de la rue.  Je me suis approchée d’elle et quand elle s’est aperçue de ma présence, j’ai vu sur son visage un mélange de surprise, de malaise, comme si elle savait que je venais de la surprendre faisant une bêtise, mais surtout, une immense tristesse dans ses grands yeux presque noirs.  Ça m’a saisit droit au cœur.

J’ai eu peur qu’elle se sauve.  Je lui ai demandé d’un ton qui se voulait rassurant ce qu’elle faisait là, toute seule dehors, lui faisant remarquer qu’il était très tard pour une toute petite fille comme elle.  Elle a répondu d’une toute petite voix : “Je sais pas”.  J’ai demandé où elle habitait et elle a pointé la maison qu’elle regardait.  Je lui ai dit : Viens avec moi, je vais te reconduire chez toi.  Elle m’a enfin fait un sourire comme si un poids de 100 lbs se retirait de ses frêles épaules.

J’ai tendu la main et elle a glissé la sienne d’un mouvement lent et hésitant au creux de la mienne.  Elle était glacée.  J’ai ressenti une décharge presque électrique à son contact, l’effet d’une grande vague qui poussait vers moi le chagrin de la petite.  Un chagrin sans doute trop grand pour elle.  Je lui ai prêté la paire de mitaines que je gardais toujours au fond de mes poches.  Je lui ai demandé son prénom.  Puis, nous avons marché en silence jusque devant sa maison.  Toutes les lumières étaient fermées, les parents, sans doute, étaient couchés.  Je lui ai dit : “Bonne nuit Sophie“, puis je me suis assurée qu’elle était bien rentrée avant de poursuivre mon chemin.  J’étais contente d’avoir oublié de réclamer mes mitaines, ça me fournissait une bonne excuse pour y retourner le lendemain après-midi, et en profiter pour parler à la mère de la fillette.

J’ai sonné à la porte.  Une femme tout à fait à l’opposé de ce que je m’imaginais est venue ouvrir la porte.  “Vous êtes la maman de Sophie?“  Elle m’a lancé un drôle de sourire embarrassé.

— Non, il n’y a pas de Sophie qui habite ici.

Je ne comprend pas, hier soir j’ai raccompagné une fillette jusqu’ici, je l’ai vu rentrer dans votre maison.  Elle avait froid, elle a gardé mes mitaines.

Et moi, elle m’a encore empêché de dormir en faisant du bruit dans sa chambre.

Mais… Je ne comprends pas.

Entrez, je vais vous expliquer.

Elle est revenue après quelques instants et m’a tendu une petite photo de Sophie, en me demandant si c’était la fillette en question.

Et elle a raconté l’histoire de Sophie, qui habitait cette maison là, il y a 9 ans.  Puis l’incendie inexpliqué qui a commencé dans la chambre.  Elle et son mari avaient acheté la maison par la suite et l’avaient rénovée.  Ma tête tournait, je ne pouvais pas y croire.  Je ne faisais que répéter c’est impossible, c’est impossible.  Elle a sorti un article du journal local de l’époque relatant les faits.

Je suis partie, complètement bouleversée.  J’ai marché, encore, traversant le village sans le voir, comme attirée par un aimant.  J’ai repris conscience en lisant son nom sur la petite pierre tombale blanche.  Puis, en regardant à mes pieds, j’ai retrouvé une mitaine.

.

HAPPY HALLOWEEN!!!



Sinistre

Vendredi, j’ai quitté Montréal vers 23h pour retourner dans cette ville que j’aime et je déteste à la fois.  Impossible de traverser la rivière par le chemin habituel, à cause d’un incendie majeur.  J’ai roulé un peu dans ces rues désertes que je connais par cœur, pour mieux les oublier.

J’avais prévu passer une nuit là bas.  Finalement, j’ai dû y rester pour deux nuits.  Et je n’ai pas dormi.  Tout le monde dort bien chez ses parents.  Moi, je n’y arrive pas.  Pourtant, le lit dans mon ancienne chambre est beaucoup plus confortable que le mien.  Il est plus grand aussi.  Je peux pas croire que c’est ça le problème.

Ou bien peut-être que c’est parce qu’il y a toujours, là-bas, dans cette ville, chaque fois que j’y pose les pieds, quelque chose qui me ramène à lui.  Même si ce n’est que des cendres.  Comme cet édifice dévoré par les flammes il y a deux nuits, qui abritait la petite chambre crasseuse où j’ai perdu ma virginité.  Il n’y a pas eu de sang.  J’ai su, seulement des années plus tard, qu’il a toujours cru que j’avais menti, quand je lui avait dit qu’il était le premier.

Moi, je n’ai jamais cru à ses je t’aime.

Et je continue de rouler dans ces rues désertes, que je connais par cœur, pour mieux les oublier.



Pourquoi dormir quand on peut passer la nuit avec Giorgio Agamben?

Parce que j’ai envie de magie

“[Walter] Benjamin dit quelque part que la première expérience que l’enfant a du monde, n’est pas que les adultes sont plus forts, mais qu’il est incapable de magie. Cette affirmation faite sous l’effet de la mescaline, n’en est pas moins exacte. Il est probable en effet que l’invincible tristesse dans laquelle sombrent parfois les enfants naisse précisément de cette prise de conscience qu’ils ne sont pas capable de magie. Ce qu’il nous est donné d’atteindre à travers nos mérites et nos efforts ne peut nous rendre véritablement heureux. Seule la magie en est capable. C’est ce qui n’avait pas échappé au génie infantile de Mozart. Dans une lettre à Bulliger, il indique avec précision la secrète solidarité qui lie la magie et le bonheur : “Vivre bien et vivre heureux sont deux choses différentes, et la seconde, sans magie, ne m’arrivera certainement pas. Pour que je sois heureux, il faudrait qu’arrive quelque chose de vraiment extérieur à l’ordre naturel.

[...]

Et ainsi lorsque Zeus s’unit à la belle Alcmène en prenant les traits d’Amphitryon, ce n’est pas en tant que Zeus qu’il jouit d’elle. Et ce n’est pas non plus en dépit des apparences, en tant qu’Amphitryon. Sa joie est tout entière dans l’enchantement et on ne peut jouir consciemment et pleinement que de ce qu’on a obtenu par les chemins de traverse de la magie. Seul celui qui est enchanté peut dire moi et le seul bonheur que nous méritions vraiment est celui que nous ne saurions rêver de mériter jamais.
*****
“[Les magiciens] ne s’expriment que par gestes”
Giorgio Agamben, Profanations


All through the night
1 mars 2008, 18:05
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All through the night, I’ll be awake, and I’ll be with you out there.



Nuit d’insomnie
13 février 2008, 02:49
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C’est tellement frustrant, de sentir la fatigue dans le corps. Les paupières lourdes, l’engourdissement, la lourdeur des membres.  Le poids du corps qui s’enfonce contre les oreillers et le matelas, puis la poussée de stress redoutée. Tellement fatiguée que le sommeil n’arrive pas.   Sensation bizarre du corps qui semblait sur le point de tomber au creux du lit et qui maintenant, donne l’impression de flotter légèrement à la surface, effleurant à peine les draps.



Effets secondaires
17 octobre 2007, 10:59
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OK. C’est bien écrit sur la petite bouteille : Peut causer de la somnolence.
Et c’est écrit une deuxième fois plus bas sur l’étiquette, en grosses lettres SOMNOLENCE.

Maintenant, quelqu’un peut m’expliquer comment j’ai réussi à faire une nuit blanche?
$#@!$%!!!



Les Connexions
25 mai 2007, 10:05
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Hier en fin de journée, on nous a gentiment demandé de quitter le bureau plus tôt. Cocktail et grande soirée mélange jet-set artistique et (surtout) politique où la présence des petits salariés n’était manifestement pas souhaitée… Well
J’ai bien essayé de provoquer quelque chose d’autre, mais vous connaissez mon sens du timing… De toute façon, puisque j’avais à peine dormi 3h la nuit précédente, j’ai décidé de rentrer, comme une fille sage. Le verre de vin du souper m’ayant complètement achevée, je me suis couchée très tôt, à peine 22h, je ne me rappelle même plus la dernière fois que je me suis couchée à cette heure là, je pense que je ne devais même pas être majeure.
Vers les 4heures du matin un bruit horrible m’a réveillé. Mes chats étaient dans un état de panique. Je suis allée voir dans la cuisine, là où le bruit avait semblé provenir et j’ai vu un ÉNORME raton-laveur, le nez dans ma porte patio. Il est resté une bonne dizaine de minute, imperturbable. Comme je n’avais pas mes verres de contact, je m’approchais de la vitre pour mieux le voir, et de l’autre côté, aussi curieux que moi, il faisait la même chose. Drôle de moment. Je ne m’endormais plus et comble de malchance, ma connexion internet à la maison était down. Le problème n’était toujours pas réglé ce matin, j’espère que je vais pouvoir arranger ça rapidement ce week-end, ou je sens que je vais m’énerver.
Et pour finir, aujourd’hui, c’est le jour que j’attendais depuis plusieurs mois. J’ai mis la jolie robe noire et j’ai un peu d’espoir. J’aurai peut-être l’opportunité de recroiser le regard d’un certain jeune homme aux yeux verts… Faudrait juste que j’arrive à faire taire la voix mesquine cette fois ci….


Migraine!
22 mai 2007, 11:13
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Quelle est la cause?

Le vin d’hier?
Les 3 heures de sommeil?
L’heure supplémentaire passée dans le traffic ce matin?
Le stress?
SPM?

Pour une fois que j’ai l’embarras du choix…

Heureusement, advil extra-fort et l’heure du lunch sous le soleil devrait pouvoir régler ça.



La Distraction
7 mars 2007, 00:49
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Je suis fatiguée, mais je ne m’endors pas.
Depuis plusieurs semaines (en fait depuis Noël je pense bien) , je dors en moyenne 5 heures par jour alors que j’en aurais besoin de 8. Mon corps s’est habitué, mes yeux portent fièrement les cernes, mais y’a deux effets secondaires qui m’agacent royalement. Premièrement je suis distraite plus facilement. J’oublie des trucs. Tout le temps. Je commence des choses que je ne fini pas, bref, ma tête est pas toujours toute là. Deuxièmement, j’ai froid. Toujours. Surtout le soir. Comme là, là.

Un bon remède à ça, c’est d’aller relaxer en prenant une douche chaude. Brûlante. À la limite du supportable. Pis là, je m’éternise, je reste sous l’eau. J’oublie la notion du temps. Quand je reprend conscience et je referme le robinet, le premier effet secondaire de ma privation de sommeil, la distraction, me saute au visage.

Merde, j’ai oublié de prendre une serviette.

Y’a au moins sept pas qui séparent l’ambiance encore chaude et confortable de la douche à l’armoire. Bon, faut ce qu’il faut, je commence déjà à avoir froid. Je pars à la course vers l’armoire, merde, plus de serviettes propres. Ah oui, c’est vrai, j’ai fait le lavage tantôt. Bon je repart à la course, je descend l’escalier vers le rez-de-chaussée, je traverse la maison, j’ouvre la porte de la sécheuse : vide. J’ouvre la porte de la laveuse Fuck! J’ai oublié de mettre les serviettes à sécher. Je suis complètement frigorifiée. Je remonte à ma chambre, trouve pas ma foutue robe de chambre. Retourne à la salle de bain, évidemment, elle était à deux pas de la douche, sur le crochet derrière la porte. Bon là j’ai trop froid, faut que je retourne sous la douche pour me réchauffer un peu…. eheheh, évidemment, plus d’eau chaude…

et là j’ai froid…



Amour – haine
16 février 2007, 10:25
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C’est vraiment ce qui décrit le mieux la relation que j’ai avec mon lit de ce temps là.
Le soir j’veux pas y aller et le matin j’veux plus le quitter…