Les Plaisirs et les nuits


De la récidive

Mon facteur qui recommence son petit manège.  Il m’a d’abord apporté le courrier d’un certain Ronald qui habite 2 rues à l’est, puis d’un Olivier à nom de famille composé, du triplex d’à côté.  Là, hier, c’était le passage à l’ouest (3 rues) avec un Jonathan.  Je commence à me demander où s’en va mon courrier.

La poisse aussi est de retour.  Oui, j’avoue, j’ai tenté de prendre le métro hier soir.  Ça m’arrive de rentrer sous la pluie, le soir, mais hier j’étais chargée de sacs.  Je me suis dit que c’était une belle journée pour profiter de l’efficacité du transport en commun…  Finalement, j’ai dû marcher du centre-ville à chez-moi, sous la pluie et le vent, encombrée de mes sacs, après avoir (encore) payé un titre de transport pour rien.

En chemin, je suis entrée dans une bouquinerie.  C’était certain.  Suffit d’entrer avec l’idée de juste regarder (le temps de me reposer du vent et de la pluie), pour être certaine de tomber sur 3 livres que je veux depuis longtemps sans réussir à les trouver.  Alors j’en ai acheté quatre.  Tant qu’à devoir marcher chargée comme un mulet, autant que ce soit pour quelque chose qui en vaut la peine.     

*****   

Des événements anodins (ou pas) qui se produisent à intervalle réguliers.  Un loup qui rôde à distance, pour tester le mécanisme.  Les barrières levées, la vitre de protection qui résiste à la pression, les roues à engrenages qui semblent d’une précision sans faille.  Inutile.  Effort risible.  Il sait trouver la brèche,  le fermoir à ressort, la serrure moulée sur sa griffe.  Le système qui déraille.  La voix qui chante, I’ll be your whatever-you-want.  Le plus sûr moyen de le voir disparaître à nouveau pour un temps.  Échappée belle.



De la générosité
28 janvier 2009, 22:55
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Ce matin, je t’ai vu dans le métro.  Ok, je triche, c’était pas vraiment toi.  C’était un toi, avec quinze ans de plus.  Même silhouette, même regard de mer houleuse, même style vestimentaire (ce qui devenait un peu triste, j’avoue).

Cette même façon là de me regarder un peu par en dessous, en faisant semblant de ne pas me voir, à chaque fois que je levais les yeux.   Suffisait que je replonge dans mon roman pour sentir à nouveau ce regard sur moi, glissant le long de ma joue, sur ma nuque dégagée par mes cheveux relevés, puis,  s’infiltrant un peu plus audacieusement, furtivement, dans l’ouverture de mon manteau.

Sans te regarder, tenant mon livre d’une main, j’ai défait de l’autre quelques boutons de plus au manteau, facilitant ainsi la trajectoire sur autant de peau que les matins d’hiver peuvent le permettre.  J’ai relevé la tête, j’ai planté mes yeux sans hésiter dans les tiens, les siens (je ne sais plus) et j’ai souri.

Je savais que c’était le meilleur moyen pour que ton regard, son regard (je suis mêlée) se détourne à jamais.  Il y a des hommes comme ça (comme toi), qui  ne trouvent la satisfaction que dans le pillage et le vol (si délicat soit-il) et qui se refusent à prendre ce qu’on leur offre de bon coeur.

 



Assise au paradis
21 janvier 2009, 00:25
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Janvier a toujours été un mois difficile pour moi.  C’est la déprime totale.  J’haïs vieillir.  J’haïs l’état dans lequel ça me met.  J’haïs ne pas être rendue là où je voudrais.  J’haïs aimer penser à lui.  J’haïs les résolutions que je ne tiens pas.  J’haïs le printemps et les papillons qui n’arrivent pas.  J’haïs l’hiver.  J’haïs le froid.  J’haïs être obligée de prendre le métro le matin.  J’haïs le chaud (et les odeurs dans le métro le matin, j’ose pas imaginer ce que ça sent le soir ce monde là).  Tant qu’à faire j’haïs aussi les cyclistes-qui-roulent-sur-les-trottoirs-à-grande-vitesse-l’hiver-et-qui-poussent-le-culot-jusqu’à-faire-sonner-leur-crisse-de-clochette-pour-que-tu-dégages-de-leur-chemin-sans-qu’ils-aient-à-ralentir-tant-pis-s’ils-t’accrochent-et-t’éclaboussent-de-slush-au-passage-parce-que-le-savoir-vivre-ça-s’applique-pas-quand-on-est-à-bicyclette.

J’haïs les connards, bon.

Ouf…

Ça fait du bien.

Mais quand on est rendu là, il faut faire quelque chose.

Heureusement y’a des solutions.

J’en ai trouvé une pour demain.

Ça implique un restaurant, du vin rouge, une crème brûlée lime-vanille, une partner in crime, un voyage dans le temps et des noces.  Je serai assise au paradis, mais c’est pas grave, j’vais pas me plaindre…



Poisse un jour, poisse toujours
15 septembre 2008, 10:28
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Eh oui, de retour à la normale.  Dans le dernier mois, à deux reprise j’ai dû prendre le métro le matin (vive la marche!).  Les deux fois le métro est tombé en panne.  À croire que c’est de ma faute.  Ok, je vous le promet, à moins d’un déluge ou d’un matin d’hiver à -30ºC, je ne remet plus les pieds dans ce fabuleux système de transport en commun.  Désolée pour les inconvénients de ce matin…



La Dernière fois que j’ai pris le métro
1 avril 2008, 08:52
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Ça vous arrive souvent de considérer quelques minutes complètement anodines de votre vie et de vous dire que si c’était à recommencer, vous referiez les choses différemment? Moi, ça m’arrive tout le temps. Par exemple, hier soir, je ne me serais pas fiée sur météomédia, qui affirmait qu’il allait pleuvoir ce matin. J’aurais laissé le réveil sonner plus tôt et je serais allée travailler à pied. (Edit : ok, maintenant, ouais, il pleut, mais entre 8 et 9h, j’aurais eu le temps de me rendre...)
Mais si j’avais pas pu reculer si loin dans le temps, disons qu’en entrant dans le wagon de métro, je me serais collée sur le vieux chinois qui avait l’air de sentir mauvais plutôt que sur le gars cute qui avait son verre de café à la main. Café qui a évidemment inondé mon beau manteau neuf (ouais, je vous ai pas raconté comment j’ai claqué ma paye vendredi dernier). Encore heureux que le tissus soit imperméable et que je n’ai pas craqué pour le manteau blanc. Le gars, de moins en moins cute, s’est poussé à la station suivante, s’excusant du bout des lèvres et blâmant l’autre colon qui l’avait bousculé. Pendant que je fouillais mon sac à la recherche de kleenex, le vieux chinois m’a tendu une serviette propre.


Bonding experience
24 février 2008, 14:13
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suite de ce texte là

Finalement, on a décidé de ne pas attendre les séries. C’est hier soir qu’a eu lieu mon baptême de hockey.  Ça tombait mal hein? Quand j’vous dis que j’suis pas une fille chanceuse. Sauf peut-être pour les billets.  Super bien placés, section 112 vis-à-vis la ligne bleue, du côté du but du CH en 1ere et en 3e, alors c’est dire si j’avais une belle vue à chaque fois qu’ils se sont fait scorés. Y’avait pas tellement d’ambiance dans la place, sauf quand on tournait la tête tout en haut, dans le fin fond du poulailler, au dessus du but. La gang qui avait les billets les plus poches était sur le gros party, j’pense qu’ils regardaient pas la même game que nous (et puis qu’eux autres, ils leur restait du cash pour la bière).

À défaut de vivre la bonding expérience avec la foule lors d’une victoire (ou même d’un simple but compté par la bonne équipe), j’ai pu observer celles des fanatiques entre eux. Mon père, cet homme d’un naturel timide et réservé qui sous l’influence de sa grande passion pour ce sport, se transforme en un être capable de lier des conversations avec des inconnus portant le chandail du CH dans le métro, alors qu’on se dirige vers le Centre Bell. Puis, pendant le match, jetant ici et là ses commentaires de connaisseur éclairé, alors que les autres se retournent vers lui et approuvent d’un signe de tête. Plus tard liant conversation avec son autre voisin de siège, au sujet de Smolinski, joueur le plus inutile de l’équipe. Un gars payé pas cher de la ligue américaine aurait pu faire la même job (enfin, paraît).

Au retour, métro Lucien L’Allier, un charmant jeune homme entame la discussion avec… mon père! Cette fois-ci c’est Price qui a perdu sa confiance du début de saison, suivi de diverses spéculations sur un possible échange d’ici mardi. “Toi, est-ce que tu serais prêt à laisser aller Higgins pour aller chercher [insérer ce joueur d’Anaheim dont j’ai oublié le nom] ?” J’y connais rien, mais ma réponse concernant Higgins, c’est non. Bon je pense que si j’avais pas fait signe à mon père qu’il fallait descendre à Rosemont, ces deux là auraient pu se ramasser à Laval. De mon côté, pas le choix, si je veux les voir gagner, faudra y retourner…



Orange is the new pink
7 février 2008, 12:14
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J’ai renoncé à la marche du matin. Trop froid. Ça m’a permis de tomber en amour, une fois de plus, dans le métro. Beau grand brun. Une petite mini cicatrice près de l’œil gauche, détail charmant. Du vécu (même du haut de ses 26-27 ans).

Il est seul. Mais il est amoureux, ça crève les yeux… presque autant que sa tuque et surtout, son foulard, tricot maison. Orange vif fluorescent (je suis sûre que ça brillerait dans le noir, ce truc). Et on imagine les heures et les heures encore que la fille a passé à tricoter un foulard pour son chum. Preuve d’amour? Pfffft. La seule preuve d’amour là dedans, c’est lui qui la donne… puisqu’il le porte.



Dans la série y’a des jours comme ça…
20 novembre 2007, 14:40
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Je me suis réveillée en sursaut, parce que j’ai rêvé à la fois où la voiture a dérapé dans la neige et j’ai eu si peur. Prémonitoire de ce qui m’attendait ce matin (sauf la partie impliquant la voiture, bien sûr). J’me suis regardé dans le miroir avant de partir pour le boulot. Mes cheveux étaient vraiment superbes, mais faut pas s’en faire, y’a jamais personne pour les voir quand ils sont comme ça.

Deux coins de rue plus loin, j’ai réalisé que les belles bottes d’hiver classy achetées en vente chez Brown’s à la fin de l’hiver dernier, sont juste classy et pas vraiment sécuritaires sur les trottoirs pleins de schnoutte. Sans trop me poser de questions (probablement un vague instinct de survie), et contrairement à mes principes, je me suis dirigée vers le métro. J’pouvais pas prendre une pire décision. Disons que prendre le métro ce matin était une expérience intime. Et finalement, ça aurait été moins long de retourner chez moi, faire une sieste de 15 minutes, changer de paire de bottes et aller travailler à pied. À pied, de Petite-Patrie au centre-ville, je fais ça en 50 minutes d’habitude.

Après avoir laissé passé deux fois les chargements plus plein que pleins, avec les gens coincés sur le bord de la porte qui te regardent l’air de dire : essaye pas d’rentrer ici, tu voies ben qu’y’a pas d’place, j’me suis faufilé dans un petit trou en essayant d’ignorer les grognements. La porte se referme. Je regarde la grosse madame qui a grogné l’air de lui dire : tu voies ben qu’y’avait encore d’la place.

À mes côtés, y’a un gars cute, tellement proche que je peux juste le voir par le reflet de la vitre. On a échangé un petit sourire par la bande. Et là, j’ai regardé mon reflet par la vitre. J’ai eu si peur. C’est quoi ces gros cernes comme si j’avais pas dormi depuis 3 mois?!? Comment ça s’fait que j’ai pas vu ça dans mon miroir ce matin? Et bien, maintenant, je sais que c’est parce que c’était pas là. Oui, oui, c’est la première chose que j’ai vérifié en arrivant au bureau. Non mais c’est quoi l’idée de faire ces portes de wagon de métro en verre déformant? Comme si on n’était pas déjà assez déprimés de devoir prendre les transports en commun! Par contre, les cheveux indomptables tous frisés par la petite pluie verglassante, y’a vraiment rien à faire, à part faire avec…



Le mec parfait
16 octobre 2007, 18:08
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Je viens de croiser LE mec parfait dans le métro (oui, je me sentais trop paresseuse pour la marche ce soir). Vraiment parfait. Sensiblement de mon âge (pour une fois!), brun, yeux verts, beau teint, lèvres charnues propices aux baisers, beau sourire (oui, il m’a souri, j’avais sans doute l’air complètement abrutie et hypnotisée par tant de beauté), grand, mais pas trop, proportions parfaites, élégant sans être étriqué… Et il sentait tellement bon, j’avais juste envie de me coller à lui et de mettre mon nez dans son cou… (Avouez, c’est rare que ça arrive, ça, dans le métro). Ah, et j’ai même pris le temps de vérifier ses mains… Fille avertie.